B. Werss, E
4, N. 9. rat ar=dnunsey ypovous izavous.
prolonge indéfiniment. Cette perspective ne convient gorie.
al ment plusieurs messagers, et, en dernier lieu, le fils du propriétaire. £ Mais ils ne conçoivent pas de la même façon l'envoi des serviteurs. % Dans Mare, il y a un triple envoi de serviteurs isolés !, qui viennent 4 l'un après l’autre, puis une mention collective de missions dont on “ ne donne pas le détail : à mesure que les envois se succèdent, se % déroule aussi une progression croissante dans les mauvais traite- 4 ments ? que les locataires infligent aux messagers du maître. L'en- 3 semble figure le rôle des prophètes, et le mauvais accueil qu'ils 3 ont reçu de la part des Juifs. Luc suit Marc, mais il s'en tient à è l'envoi de trois serviteurs, et gradue les mauvais traitements, de R façon à réserver la mort pour le fils du propriétaire. Cette combinai- À son est-elle primitive relativement à celle de Marc ? Rien n'oblige à
l’'admettre. Luc a pensé que les trois serviteurs représentaient
suffisamment les prophètes, et il a eu souci d'équilibrer la mise en £ scène. Marc, de son côté, a pu mentionner d’abord trois messages “3 distincts pour donner corps au récit, peut-être pour correspondre
1. Ss., qui omet le v. #, n’en a que deux ; à la fin du v. 3, suppose addition de xp; avtov (D, quelques mss. lat.), surcharge de mauvais goût, et qui est
exclue par le sens allégorique du passage.
| 2. Le sens de ëxepaliwoav (KBL; ACD, etc. : éxcpahaiwsav),
Les trois évangélistes s'accordent pour faire envoyer successive-
à la triple visite du propriétaire dans la parabole du Figuier, et ajouter ensuite une série indéfinie pour signifier la succession des 3 prophètes. Luc a certainement dans l'esprit la même idée que Mare, F et il l’'exprime de façon beaucoup moins exacte. On peut croire qu'il a consciemment abrégé Marc en le corrigeant. Matthieu aussi abrège Marc à sa manière, mais en rendant plus claire l'application du récit aux prophètes : il fait envoyer deux troupes, en réalité deux séries de serviteurs qui se succèdent, la seconde étant plus nombreuse que la première, et qui subissent toutes les deux le même sort, ceux qui en font partie étant battus ou tués. Ces deux groupes de serviteurs doivent correspondre aux anciens prophètes du canon hébreu, Josué, Samuel, Nathan, Élie, Élisée, et aux prophètes plus récents, Amos, Osée, Isaïe et leurs successeurs. Ce que Marc et Matthieu disent des mauvais traitements qui ont été
v. 4, n'est pas autrement certain. On a proposé de lire £xskdetcav (cf. Jüricmer, II, 389). Wer- LHAUSEN, Mc. 100, maintient le premier verbe et l’entend au sens du dernier.
infligés aux serviteurs provient en partie de l'Ancien Testament, et en partie de la tradition légendaire qui s'était formée au sujet des prophètes f.
Voyant la façon dont les vignerons ont traité ses serviteurs, le propriétaire se décide à envoyer son fils unique. L’avait-il donc emmené avec lui à l'étranger, ce fils dont on ne soupçonnait pas l'existence, et qui est évidemment, après le propriétaire, le personnage le plus important de la parabole? Son père l'envoie du lieu où lui-même se trouve, c’est-à-dire du ciel ?, puisque le père est Dieu, et que le Fils ne peut être que Jésus. Toutefois on ne peut dire que les évangélistes enseignent formellement la préexistence du Christ ; car les serviteurs ont été envoyés de la même manière, et l’on a voulu dire par là qu'ils avaient mission d'en haut. L'invraisemblance de ce trait, si l’on prend le récit comme une parabole ordinaire, n’est qu atténuée dans Luc. Au lieu d'exposer son fils, un propriétaire qui aurait les moyens de punir les vignerons, comme celui-là est censé le pouvoir, commencerait par châtier les réfractaires. L'envoi du fils n’a de sens qu'au point de vue allégorique, par rapport à la mission du Christ et à l’économie des desseins providentiels. Marc et Luc qualifient le fils de bien-aimé, comme le Père céleste a qualifié Jésus dans l’histoire du baptême et dans celle de la transfiguration. Matthieu omet cette épithète, parce qu'il abrège Marc et réunit en un seul énoncé : « Et enfin il envoya vers eux son fils », les deux propositions de Marc ? : « il avait encore un fils, qu'il aimait ; il l’envoya le dernier vers eux ». Luc dramatise ce détail en introduisant la résolution du père dans le monologue préliminaire à l'envoi du fils. L'interrogation : « Que ferai-je ? » est peu digne du Père éternel, mais c'est une forme de discours assez fréquente dans les monologues de Luc “. Une sorte de compensation résulte du « peut être, qui est introduit dans l’assertion : « Ils auront des égards pour mon fils ? ». Il ne faut pas que le père-Dieu