Cf. Jücrcner, Il
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attendre, la salle du festin est pleine aussitôt. Mais Matt
qu’on a pris tout le monde, « bons et mauvais! », ce qui, ens
n'a pas de signification, vu les conditions du recrutement. C'est qui ce détail, qui correspond à la distinction des bons et des mauvais
‘poissons dans la parabole du Filet?, sert à préparer un acte supplé- 3 mentaire du petit drame apocalyptique, l'incident de l’homme qui. est entré sans vêtement de noces dans la salle du festin. Ce trait, ignoré de Luc, vient ici en surcharge, comme la seconde mission du serviteur dans le troisième Évangile. La salle du festin devient la communauté chrétienne, l’Église, dont tous les membres ne sont pas également saints: il ne suffit pas d'y entrer pour être admis définitivement au bonheur éternel; le roi viendra voir ses convives*, le jugement de Dieu s'exercera sur ceux qui font profession de christianisme, et malheur à qui n’aura pas la robe nuptiale, la vraie justice qui convient à son état! Il sera jeté en enfer par les servants #, les anges qui assisteront le grand Juge.
Si la parabole était bien suivie, un homme pris au hasard dans la rue pourrait être excusable de n'avoir pas de robe nuptiale. ie serait inutile d'alléguer la coutume qu'ont certains souverains orientaux de donner un costume spécial aux personnes qui sont admises en leur présence : supposé que cette coutume ait existé dans l'antiquité israélite, le récit n’y fait pas la moindre allusion ; le roi ne reproche pas à l’homme d’avoir refusé la robe qui lui était offerte, mais d'être entré au palais sans avoir un habit décent”. L'évangéliste n’a pensé qu à son allégorie, non à l'invraisemblance de la narration interprétée comme réalité. Les ténèbres extérieures, les pleurs et le grincement de dents signifient expressément la peine de l'enfer 5, et l’on peut dire qu'à la fin du récit il n'y a plus d’allé-
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(a ’ Qi 2 ’ ge u È 41. V. 10. uvnyayoy ravtas oÙs edpov, rovnpous te xai ayaÜouc. 4 Ç 2. xur, 48 (24-25); I, 786. e 4 3. Matthieu pense au jugement plus qu'au festin messianique ; il aurait 14 hésité à dire que le roi (Dieu) venait s'asseoir avec les convives ; car c'est avec € le fils du roi (le Christ) que les élus seront assis dans le festin messianique.
4. Les Gtazovor du v. 13 se distinguent des oÿAot qui ont fait les invitations. Cf. la distinction des serviteurs et des moissonneurs x, 27, 30; I, 784. d 5. V. 12. étaïpe (ef. supr. p. 227, n. 1), rûs elofAec Ode un Eye Evovua yéuvu; Question oratoire; on ne demande pas à l’homme comment il a fait pour entrer, mais comment il a osé entrer. ; \ 6. Cf. vur, 12; x, 50: 1, 647; 786. <
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gorie. C'est Dieu qui condamne le pécheur au supplice éternel. On ne lierait pas les mains et les pieds de l’homme ! s'il s'agissait seulement de le mettre à la porte, et il serait enfantin d'entendre par les ténèbres extérieures l'obscurité de la rue, par les pleurs et le grincement de dents le dépit du malheureux qui se voit privé d’un bon diner.
On ne saurait dire si la sentence : « beaucoup d’appelés, peu d'élus » ?, qui sert de conclusion à la parabole, est à mettre dans la bouche du roi ou dans celle de Jésus. Il va de soi que cette sentence ne concerne pas la question théologique de la prédestination, ni le rapport absolu de la vocation à l'élection . Elle ne se relie pas bien à la parabole; car, si les appelés sont les premiers invités, il n'y a pas d'élus parmi eux; et si ce sont les convives pris dans la rue, tous sont élus, sauf un seul. La parole sans doute est authentique, mais, comme Luc ne l’a pas en cet endroit, on peut croire que c’est le rédacteur du premier Évangile qui l'aura associée à l'histoire du Festin. Matthieu a voulu surtout faire entendre à ses lecteurs chrétiens qu'il ne suffit pas d’être appelé pour être élu. La physionomie générale du récit devient ainsi tout autre que dans Luc : c'est toujours le judaïsme incrédule qui est d'abord exclu du festin, mais l'élite qui y est admise ne s'oppose pas à la masse réprouvée comme un groupe de pauvres à un groupe de riches; les vrais Justes, ceux qui sont conformes au type décrit dans le discours sur la montagne, s'opposent aux faux justes, aux pharisiens et à ceux qui leur ressemblent: et si, parmi les chrétiens, adeptes présumés de la vraie justice, il s’en trouve qui ne l’aient pas réellement, ils seront aussi jetés dehors, en enfer. La réprobation des Juifs a été figurée par la destruction de la ville royale; mais l'élection des Gentils n'est pas autrement signifiée par la suite de l'histoire. Matthieu à l’idée d’une révolution morale, la substitution des justes d'action aux justes de nom “.
1. Cf. xur, 30; I, 765. Au lieu de Onoavres aûtod rodac ai yeïoas éxBdhere adtov xtÀ., D, Ss. Sc, plusieurs mss. lat. lisent, dans Mr. 13. äouze adroy rod@v zat yetp@v za éxBdkere xtA., peut-être parce qu'on a trouvé l’action de lier peu convenable à la circonstance ; mais quel besoin le roi avait-il de dire qu'on prit l’homme par les pieds et les mains pour le jeter dehors ? Cf. Jüricner, Il, 425.