‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 250 sur 672 · Jüzicer, Il · texte numérisé non relu

Jüzicer, Il

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envers Dieu et son Christ n'aurait aucune significat | géliste n'aura vu dans les invités que les types des hor 1m or bés par les intérêts et les joies de ce monde. Les raisons des invit

devaient être au moins indiquées dans la source, puisque Matth. dit que l'un s'en alla « à la campagne », et l’autre « à son négoce »s s'il ne fait pas mention du marié, c'est que ce personnage n'était

se.

royal. Les excuses ne sont ni invraisemblables ni mensongères : ce … sont des prétextes qui auraient pu être prévus quand la première invitation a été proposée, et qu'on découvre maintenant, parce que, au moment décisif, on ne se soucie pas d'aller au festin ; le premier 4 invilé pouvait remettre au lendemain la visite de sa propriété rurale, et le second l'essai de ses bœufs; le troisième pouvait quitter sa femme pour quelques heures, les fêtes de son mariage étant passées. Il n'est même pas nécessaire de supposer que Luc aurait donné en forme de dialogue ce que la source énonçait en forme de récit; car Matthieu a pu aussi bien énoncer en forme de récit ce 7e que la source donnait en forme de dialogue. Sauf le détail du É serviteur unique, la mise en scène de Luc est donc satisfaisante !. On n'en peut dire autant de Matthieu, qui envoie deux fois coup. sur coup les serviteurs aux mêmes invités, condescendance exagérée de la part d'un roi. La formule d'invitation que le roi fait adresser aux conviés ?, après leur premier refus, est développée d'après

1. Le sens de la locution &x0 puäs, dans v. 18, zai fpEavro G70 pic mavre rapaiteishar, n'est pas très clair. Un mot est sous-entendu; on a proposé yrouns, duys, 0005, ewvis ; plusieurs aujourd'hui préfèrent dx, soit à cause de ñosavro (Jücrcmer, Il, #11), soit aussi parce que sa est suggéré par le v. 17 | (B. Weiss, 521). Ces raisons ne sont peut-être pas décisives. Le sens serait : « simultanément » ; et l'on ne peut supposer réunis ensemble tous les invités. Il s'agit d'un accord, non concerté, dans le refus qui se produit aussitôt que l'avis est donné, sans que l’évangéliste ait égard à la nécessité d’une proposi= tion successive. Au v. 17, il a présenté les invités en bloc ; mais le détail des | excuses laisse plutôt entendre que chacun est chez soi quand on l’appelle. Cette dernière tournée d'invitation devait se faire très promptement; l'emploi d'un seul serviteur visitant un très grand nombre de maisons se trouve ainsi en contradiclion avec la circonstance, et avec l'indication àx0 pus.

2, V. 4: idoù ro äouotôv nou frotuaxa xt. Ss. lit seulement: :5o révra Etotua. Il s’agit du repas de midi, comme dans Lc. 16; et cette heure s'accorde bien avec ce qui est dit des invités qui vont à la campagne ou à leurs affaires; mais le soir conviendrait mieux à un repas nuptial (cf. Mr. xxv, 1-13).

celle qu'on trouve au livre des Proverbes !, pour le festin de la Sagesse. Si le double envoi des serviteurs a de quoi surprendre, le trait que l’évangéliste ajoute après les excuses est plus étonnant encore : « et les autres, s'emparant des serviteurs, les outragèrent et les tuèrent ?. » Ce n’est pas ainsi que sont accueillies ordinairement les invitations royales. Mais on a voulu signifier par là les meurtres de Jean-Baptiste, du Christ, d'Étienne, de Jacques. L'attention n'est pas dirigée expressément vers Jésus, parce qu'il est déjà le fils dont on célèbre les noces, et qu'il ne peut être désigné en même temps comme serviteur massacré. Des deux envois de serviteurs, le second seul, avec le message, qui ne suppose pas une première ambassade infructueuse, et les excuses qui se rapportent à ce message, appartient à la parabole primitive ; le premier a été imité de la parabole des Vignerons, pour figurer la prédication inutilement adressée par les prophètes au peuple juif. Ce développement allégorique, étranger à Luc et à la source commune, se continue dans Matthieu, sans aucun égard à la vraisemblance. En apprenant ce qu'ont fait les invités, le roi se fâche et il envoie ses armées, qui font périr les meurtriers et qui brülent leur ville. Le roi lui-même n’habitait-il donc pas dans cette cité, où devait avoir lieu le festin ? Et que devient le repas, durant cette exécution qui n'a puse faire en un clin d'œil? Comme si de rien n'était #, le roi dit placidement à ses serviteurs que le festin est prêt, et que les invités n'en étaient pas dignes : qu'on aille dans les carrefours chercher les premiers venus. Mais dans quels carrefours, puisque la ville n'existe plus? Et le roi a-t-il toujours autant de serviteurs, bien qu’on les lui ait tués? Ces contradictions et ces impossibilités qui rendent la parabole inintelligible, qui l’auraient faite ridicule, si elle avait pu être contée de la sorte, n'existent pas pour l’évangéliste, qui allégorise la donnée primitive, et ne voit que son allégorie; grâce aux interpolations quil y a pratiquées, la parabole

1. 1x, 2-3, 5. Il est difficile de croire (avec JüLrcner, Il, 420) que cette invitation et cette allusion à la Sagesse viennent de la source primitive, que Le. 17 aurait abrégée.

2. oi dè howrot xrÀ. (6-7) n'est pas prévu dans le v. 5, oi dè auekfoavres ar Àfov comprenant tous les invités dont il a été question auparavant.

3. A la place des vv. 6-7, la source ne devait mentionner que le rapport fait au maître, et la colère de celui-ci. Cf. Lc. 21. z67e Opytobeis 4TÀ., et Mr. 7. 6 Ôè Basrksds Woyiofn.

du Festin devient une vision apocalyptique où la destruction Jérusalem par les Romains apparaît comme le juste châtiment du peuple juif, qui a fait mourir Jésus, son précurseur et ses disciples ; si la Jérusalem de la terre est ruinée, celle du ciel prendra bientôt

sa place, et c'est à ce festin de la Jérusalem céleste qu'Israël était convié, que les croyants de toute nation sont maintenant invités. Ces suppléments allégoriques viennent de l’évangéliste; leur auteur vivait après la prise de Jérusalem par Titus; ce n'était pas un auditeur de Jésus, rédigeant la parabole d’après ses souvenirs personnels, mais un écrivain secondaire qui interprétait, tout en le copiant, un texte déjà fixé.

Luc ignore toutes ces gloses : dans le troisième Évangile, le maitre, instruit du refus des invités, se contente d'envoyer son serviteur par les rues, chercher. « les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux ». L'énumération est dans le style de l'évangéliste !, et le trait plus sobre de Matthieu : « Appelez au festin tous ceux que vous trouverez », représente sans doute la rédaction originale.

Les divergences s’accentuent encore, s'il est possible, dans le dénouement de l’histoire. Un seul trait est commun aux deux relations, et doit venir de la source : la maison où se donnait le festin a été pleine ?, pour finir, avec les gens que les serviteurs ont ramassés au hasard. Dans Luc, la maison ne se remplit pas du premier coup, et le serviteur fait deux voyages : le maître a commandé d'aller quérir tous les misérables de la ville; on ne raconte pas l'exécution de cet ordre, mais, par une liberté singulière de la narration, le ser- e viteur y répond, comme s'il était accompli, en disant qu'il reste de la place; le maître prescrit une tournée supplémentaire, hors des - murs, et il commande que l’on presse les gens. Ainsi l'aristocratie de la ville a été d'abord invitée; puis, sur son refus, les pauvres ont été amenés: enfin ceux du dehors vont être poussés vivement à entrer au festin *; c'est alors seulement que le maître manifeste

1. Elle est reprise textuellement de x1v, 13, supr. p. 133. 2. Mr. 10. zai iron 6 vouzwv avaxemuivov. La plupart des témoins ont yéu0s, au lieu de vugwsv (NBL), qui signifie proprement « chambre nuptiale » (ef. 1x,

45), et non « salle de festin nuptial »; mais l’allégorie permettait à Matthieu d'associer les deux idées. Le. 23. îva yeutoÿÿ mov 6 0ïx06. 3. V. 16. Exdhsoev ; v. 2. ai tobc rrwyobs..……. cisdyaye de; v. 23. àavéyxasov

sis: Aeïy (compelle intrare).

l'intention de voir la maison pleine, et prononce un arrêt de condamnation contre les premiers invités, comme s’ils ne s'étaient pas eux-mêmes exclus de la fête. L'exécution du dernier ordre est sousentendue, comme celle du premier, et l'histoire est terminée.

Dans cette finale, Luce est dominé par la préoccupation allégorique ; il pense au règne du Messie, où les invités du Maïtre éternel, c’est-à-dire les tenants du judaïsme officiel et pharisaïque, n'auront point de part; il y pense même tellement qu'il a oublié que le maître parlait à son unique serviteur, et 1l lui met dans la bouche les mots : « Je vous dis! », qui conviendraient seulement à Jésus faisant l'application de la parabole. Cependant c’est le maître, c'est-à-dire Dieu, qui est en scène, puisqu'il dit : « mon festin ». La seconde mission du serviteur est substituée dans le récit à l'accomplissement de la première, qui était la seule, celle que Matthieu connaît. Cette seconde mission introduit dans la parabole une complication invraisemblable, les pauvres qui ont été recrutés dans la ville attendant, pour goûter au festin, qu'on ait ramené les vagabonds de la banlieue. C’est que l’évangéliste a vu dans les premiers invités les Juifs incrédules, dans les pauvres de la ville les convertis du judaïsme, dans les pauvres du dehors les convertis de la gentilité. Il conçoit les incrédules comme riches, et les fidèles comme pauvres, ce qui donne à son allégorie une couleur de révolution sociale que n’a pas celle de Matthieu. Le judaïsme officiel est comme un groupe de gens opulents auxquels se substituent, pour la possession du royaume, deux groupes de pauvres, d’origine différente, qui se fondent en un dans la salle du festin?. Le caractère adventice de l’allégorie résulte de l’incohérence qu’elle apporte dans le récit, et du contrôle que le premier Évangile, qui allégorise dans un autre sens, permet d'exercer sur le troisième.

Dans Matthieu, les serviteurs ont ordre de recueillir sur la voie publique les premiers venus, et non pas précisément les pauvres et les infirmes. L'idée, qui sans doute est primitive, paraîtrait tout à fait naturelle, si l’'évangéliste n'avait parlé d’un festin de noces, où la substitution de personnes est moins aisée à concevoir. Tou-

1. V. 24. éyw yàp üuiv. Dans la suite du v., N D (deux mss. lat.) ont afowru, au lieu de avÿç@v, peut-être pour ne point sembler exclure les femmes du salut.

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