‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 264 sur 672 · Cf: I Cor. xv · texte numérisé non relu

Cf: I Cor. xv

prouve par un argument exégétique fondé sur la parole que Dieu lui-même dit à Moïse, lorsqu'il lui apparut dans le buisson ardent !: « Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. » Le Seigneur na pu se dire le Dieu de gens qui n'auraient pas existé au moment où il parlait *. Peut-il être Dieu de ce qui ne subsiste pas? Peut-on avoir un Dieu si l’on n’est vivant? Donc les patriarches ne sont pas réellement morts; ils vivent; et puisqu'ils sont vivants, ils sont immortels; puisqu'ils sont immortels, ils ressusciteront ; car la résurrection est comme le corollaire de l’immortalité.

Il ne suffit sans doute pas de dire que la vie de l'homme, dans la conception biblique, n'étant pas réelle sans le corps, la résurrection est cette vie même qui est assurée aux patriarches par

le seul fait que le Seigneur se déclare leur Dieu ?. L’argument de Jésus suppose que les justes sont réellement vivants dans l’autre monde. On ne doit pas prêter au Christ l’ancienne idée du Scheol hébreu, mais une conception analogue à celle du livre d'Hénoch, où bons et méchants subsistent, dans le séjour des morts, avec la conscience de leur personnalité, les premiers jouissant, et les seconds souffrant, selon leurs mérites. La résurrection complètera le bonheur des justes, mais Jésus n'entend nullement signifier qu'ils restent morts en attendant.

Si l'on s'en tient au sens littéral du passage, et à la forme de l'argument, le raisonnement paraît peu concluant. Il est certain que Dieu se désigne à Moïse, dans le passage cité, comme le Dieu qu'ont adoré autrefois les patriarches, celui qui les a protégés, et qui maintenant veut bien s'occuper encore de leur postérité. Le sort actuel d'Abraham, d’Isaac et de Jacob n'entre pas en considération. Seulement la forme de la phrase permettait d'y rattacher, par un syllogisme subtil, tout à fait conforme aux habitudes de l’époque, a doctrine de la résurrection. Dieu, parlant à Moïse, s'est dit le Dieu d'Abraham; donc il était à ce moment le Dieu d'Abraham.

Si l’argument est resté sans réplique, c'est que l'exégèse du emps en employait ordinairement de semblables, en sorte que

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