TITRES
Marc, x, 32. Et le scribe lui dit :
« Bien, maître, tu as dit avec raison qu'Il (Dieu) est unique, et qu'il n'yena pas d'autre que lui; 33. et
Luc, xx, 39. Et prenant la parole, quelques-uns des scribes dirent :
« Maître, tu as bien parlé. » 40.
Car ils n'osaient plus rien lui de-
l'aimer de tout (son) cœur, de mander.
toute (son) intelligence, de toute (sa) force, et aimer (son) prochain comme soi-même vaut mieux que tous les holocaustes et les sacrifices. » 34. Et Jésus, voyant qu'il avait répondu sagement, lui dit: « Tu n'es
pas loin du royaume de Dieu. » Et nul n'osait plus l'interroger.
Mare suppose qu'un scribe avait entendu la conversation du Sauveur avec les sadducéens !. Comme les pharisiens défendaient contre ceux-ci la croyance à la résurrection, ils ne pouvaient qu'être flattés qu'on les eût réduits au silence. L'un d'eux aurait donc été ainsi encouragé à questionner Jésus sur un point important, ou jugé tel dans les disputes de l’école, à savoir quel était le premier ou le plus grand commandement de la Loi. On sent que l'interrogateur est un casuiste; mais la suite montre que l’'évangéliste a voulu le présenter comme une âme droite et sincèrement religieuse. Jésus lui répond en citant les passages du Deutéronome? et du Lévitique *, concernant l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Marc donne le premier précepte avec le préambule solennel : « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. » La formule entière est
1. V. 28. sis sv yoauuatéwy, &zxo0sas adr@v cuvéncoëvrwv, siè@s (AB; NCDL, mss. lat. Ve. {dwy) 671 x7} 2. vi, 4-5. Hébr. : « Tu aimeras lahvé ton Dieu de tout ton cœur, de toute
ton âme, de tout ton pOUNORE » EXX : & GAns << Oravoiac oov xai € One tie
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Lai &E Ghkns ts dravolas cou rai &E OÀns ts toy 00s cou. Les LXX be de même is7%< dans II Rois, xx, 25. La citation de Marc semble donc faite d’après l'hébreu ; z. €. 0. +, dravotas sov, qui fait double emploi avec x. «. 0. +. z4oDac co, et qui manque dans D (Ss. quelques mss. lat.), au lieu d'être dû à l'influence des LXX, pourrait n'être pas primitif dans Marc. Cependant, comme Le. x, 27 a le même doublet, et que Mr. 37 lit ëv 6An 7 Ôtavo'a sov, sans rien qui corresponde au quatrième membre de Marc, la leçon commune semble devoir être maintenue. D'autre part, l'emploi de iv, au lieu de &#, dans Matthieu et dans Luc (sauf pour le premier membre de l’énumération), qu'on trouve aussi dans IL Rois, xxrrr, 25 (supr. cit.), est conforme à l'hébreu. On peut donc soupçonner derrière les trois Synoptiques une source qui contenait la citation tout entière selon l'hébreu.
D IS 40. vou et
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ET OT VOS Per RE DO TES k
sont les deux plus Be commandements, auxquels tous les autres se rapportent. Aussi le rédacteur du premier Évangile, répétant une glose du discours sur la montagne !; dit-il que toute la Loi et les Prophètes en dépendent.
La conclusion de Marc est entièrement favorable au seribe. Dans une réponse un peu lourde, et qui a chance d’avoir été remaniée et allongée par l’évangéliste, le docteur approuve et commente les paroles de Jésus, en disant que l’amour de Dieu et du prochain vaut mieux que tous les sacrifices. Il est évident, et le Sauveur proclame ouvertement que cet homme n'est pas loin du royaume de Dieu, car il est dans la disposition intérieure la plus conforme à l'esprit de l'Évangile. Marc ajoute que personne n'osoit plus interroger le Sauveur, ce qui, sans être en contradiction avec le contexte, ne laisse pas d’être un peu surprenant, puisque le dernier entretien n’était pas de nature à décourager ceux qui auraient eu d’autres questions à faire.
Il y a quelque subtilité à dire que l’on n'osait plus interroger le Christ après qu'un docteur de la Loi avait été obligé de lui donner raison ?. On peut douter plutôt que cette remarque ait été d'abord jointe à l'entretien qui la précède. Vaut-il mieux supposer qu'elle sert à préparer ce qui suit, et qu’elle annonce l'offensive que Jésus va prendre * ? Il en est ainsi dans l'économie actuelle du second Évangile, mais en soi la formule a simplement le caractère d’une conclusion. Elle a dû clore d’abord, et très naturellement, une série de questions que l’on avait faites à Jésus. Si la question discutée n’est pas à sa place, comme d’autres indices portent à le croire, la remarque touchant la fin des interrogations aurait pu venir après la la dispute sur la résurrection, où Matthieu et Luc en ont senti
l'absence. Luc se trouverait l'avoir rétablie en son lieu, et peut-être
y a-t-il été aidé par une source où elle se présentait de cette façon. Mais cette hypothèse n'est ni la seule ni peut-être la meilleure qu'on puisse proposer.