‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 278 sur 672 · NVERNLE · texte numérisé non relu

NVERNLE

pourquoi ! Jésus lui apprend quiest « le prochain », et comment les Samaritains ont cette qualité, comment même ils exercent la parfaite charité que le docteur ignore. La présence du samaritain dans le récit a déterminé cette adaptation de la parabole et son adjonction au récit de la prédication évangélique dans le pays de Samarie. La combinaison est de l'écrivain qui a déplacé et transformé l'histoire de Jésus prêchant à Nazareth: qui a aussi figuré l'évangélisation des Gentils dans la mission des Soixante-douze, et entendu de la réprobation d'Israël les malédictions prononcées contre les villes galiléennes ? ; pour lui, le docteur juif représente le judaïsme, avec lequel se confond plus ou moins le Judéochristianisme, et le samaritain représente le christianisme véritable, c'est-à-dire universel. Resterait à savoir si cet écrivain n'est pas autre que le rédacteur même du troisième Évangile. Ici, comme dans les cas précédents, il a respecté suffisamment ses sources, et introduit assez maladroitement sa propre façon d'entendre les choses, pour que l'on discerne encore sans trop de peine le sens primitif des deux morceaux qu'il a réunis. La conclusion de la parabole, qui ne correspond pas à la question posée par le docteur juif, n'a dù être que très légèrement retouchée. Peut-être était-elle déjà formulée en interrogation : « Qui des trois vous semble le plus près du royaume de Dieu » ou « le plus digne de la vie éternelle ? »?

La parabole du Samaritain s'offre ainsi comme un témoignage authentique entre tous de l’enseignement de Jésus. Il est clair que l'évangéliste ne l’a pas inventée, mais qu'il l’a trouvée toute faite, et qu'il lui a donné seulement un cadre de sa façon. Bien entendue, elle défie toute interprétation allégorique. Le contraste du samaritain avec le prêtre et le lévite ne trahit pas plus une origine judéochrétienne, que la présence du samaritain n'accuse une origine paulinienne. Dans la conception primitive de l’histoire, le samaritain, le prêtre et le lévite ne représentent personne qu'eux-mêmes : le récit n'est pas destiné à relever les Samaritains ni à rabaisser le sacerdoce ; 1l ne tend qu'à faire valoir un principe purement évangélique, la valeur absolue de la charité. Pour montrer que la qualité des personnes n'y fait rien, Jésus prend un homme apparte-

. JüÜLICHER, loc. cit.

. Cf. I, 879, 903, 906.

- JüLicer, Il, 597. Cf. supr. p. 347.

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Le

nant à une race » odieuse | aux “Juifs et ) à des personnes respectables par leur ministère VI au culte divin. a mise en rot est donc parfaite

que le commun des Juifs. Il eût été moins conforme au

parabole, et beaucoup moins habile, d'opposer les pharis samaritain.

LE FILS DE DAVID

Marc, xu, 35-37. Marre. xx, 41-46. Luc, xx, 41-44.

Le Sauveur, ayant réduit au silence tous ceux qui ont voulu l'interroger, est censé prendre lui-même l'offensive en traitant un point de la doctrine des scribes, afin d'en montrer l'incohérence.

Marc, 35. Et prenant la parole, Jésus dit, en enseignant dans le temple : « Comment les scribes disent-ils que le Christ est fils de David ? 36. David lu:imême a dit par l'Esprit saint : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur :

Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds. » 37. David luimême l'appelle Seigneur ; d'où vient alors qu'il est son fils ? »

Et la masse du peuple l'écoutait avec plaisir.

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