Le. xiv, 7-11; supr. pp
parce que votre unique docteur est le Christ. 11. Mais le plus grand d’entre vous sera votre serviteur. 12. Et qui s’élèvera lui-même sera abaissé, qui s’abaissera lui-même sera élevé. » -
Le nom du Christ au milieu de cette instruction trahit la main de l’'évangéliste. C’est celui-ci qui parle aux chrétiens ; ce n’est pas Jésus qui s'est désigné ainsi lui-même dans un discours public. Il est vrai que le verset : « Ne vous faites pas appeler docteurs », ete., sert d'explication à la parole : « il n'y a pour vous qu'un maître », et doit être secondaire par rapport au contexte !. Mais ce contexte même est déjà secondaire par rapport au discours, et il doit l'être aussi par rapport à l'enseignement de Jésus. Ce n'est pas pendant le ministère du Christ que ses disciples ont eu besoin d’être prémunis contre l’idée de s'appeler « rabbi », ou « père », comme les docteurs juifs; mais c'est dans l'Église naissante que le danger des maïtrises diverses s’est manifesté. Comme on peut soupçonner dans la glose judaïsante du discours sur la montagne une allusion à Paul, qui détruit en partie la Loi, on pourrait en trouver une autre ici, l’Apôtre n'ayant pas craint de se poser en docteur, et de se dire même le père de ceux qu'il avait amenés à la foi du Christ ?. La recommandation, sans objet daus la bouche du Sauveur, deviendrait ainsi très significative. On peut conjecturer que le rédacteur judaïsant n'a signalé chez les pharisiens l'affectation du nom de rabbi que pour amener la leçon qu'il veut donner à certains docteurs chrétiens. Dans la communauté des croyants, l’on n’a pas d'autre docteur que le Christ, ni d'autre père ? que Dieu. Celui qui y est le premier doit se considérer comme le serviteur de tous : pensée que le rédacteur emprunte à une instruction donnée réellement par Jésus aux disciples #, et quil complète par la parole, également authentique, sur l'humble qui sera élevé, et l’orgueilleux qui sera abaissé ?,
1. Darman, I, 278. Ce qui dispense de chercher pour xabnynrns, v. 10, un
autre équivalent que pour àtü454410<, v.8; les deux correspondent à rabbi. Sur ce titre, cf. Scuürer, Il, 315-317. Étymologiquement : 29, « grand », avec le pronom personnel, formation analogue à « monsieur » (Hozrzmann, 279).
2 (CFA CoR. 1, 15:
3. Abba, titre qui précède les noms de nombreux rabbins dans la Mishna. Noter la lecture de Ss. Sc. dans Mr. 8 : « Quant à vous, ne dites pas : Rabbi. » 4. Reprise de Mr. xx, 26-27, en forme qui se rapproche de Lc. xx1r, 27.
5. Le, xiv, 11; xvur, 14. Matthieu a pu trouver cette parole annexée à la parabole du Pharisien, ce qui l'aurait aidé à en faire ici l'application.
que celui qui s'arroge les titres de « ait » et de « père » «le plus petit dans à royaume des cieux », comme celui qui instruit les fidèles à n'observer pas la Loi !.
Marru. xxin, 13. « Mais malheur Luc, x1, 52. « Malheur à vous, docà vous, scribes et pharisiens hypo- leurs, parce que vous avez pris la crites, parce que vous fermez le clef de la science! Vous-mêmes royaume des cieux devant les n'êtes pas entrés, et vous avez emhommes! Car vous n'y entrez pas, pêché les autres d’entrer. » et vous ne laissez pas entrer ceux qui le voudraient. »
Sans autre transition ?, vient en Matthieu la série des menaces, qui sont, dans la forme, imitées des anciens prophètes %. Mais Jésus lui-même a pu vouloir cette imitation. Le nombre des menaces, au contraire, doit avoir été cherché par le rédacteur. Luc a dû en trouver sept dans la source, en disposer une en exorde #, et partager les six autres entre les pharisiens et les scribes. Comme deux menaces de Luc sont tournées en simple avertissement dans Matthieu, on est fondé à se demander si la rédaction de celui-ci ne contiendrait pas deux menaces ajoutées pour maintenir le nombre septenaire. On verra que les deux * qui ne sont pas représentées dans le troisième Évangile pourraient bien n'être pas primitives.
La première apostrophe de Matthieu ne s'attache pas naturellement à ce qui précède, attendu que le discours ne s'adresse plus aux mêmes personnes, et que le reproche d'empêcher les autres d'entrer dans le royaume suppose un faux enseignement, ce qui contredit le . conseil de faire ce que disent les pharisiens. C'est le reproche seul qui est naturel dans la bouche de Jésus. Il pouvait venir après ceux qui ont pour objet les exigences hypocrites et l'orgueil des seribes P. Au lieu d'être vraiment les guides religieux du peuple, comme ils voudraient en prendre le rèle, les pharisiens lui ferment l'entrée du royaume des cieux; non seulement ils ne l'engagent pas à se
4. Mr. v, 19, supr. cit. p. 369, n 2. oùai D Ouiv 3. Is. v5tx, 4, 9, Has: (cf. AP vu, 49 0e 12 Er dE)