‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 293 sur 672 · ISO PONT LES VE · texte numérisé non relu

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profession de monothéisme et se conformaient aux prescriptions dites de Noé, que le même livre dit avoir été sanctionnées par les apôtres dans l'assemblée de Jérusalem !, n'étaient pas proprement des prosélytes ?. Ces convertis seraient des tisons d'enfer, enfants du diable, deux fois pires que leurs maîtres. On ne voit pas bien en quoi consiste ce redoublement de perversité. Il est peu probable que ce soit leur fanatisme de néophytes *. Peut-être est-ce que leur conversion au judaïsme pharisaïque les rendrait moins aptes à recevoir l'Évangile, ou qu'ils ne font que joindre aux défauts du païen ceux du mauvais juif #.

L'invective est inattendue. Jésus a-t-1l accoutumé de faire tant d'attention à ce qui se passe hors de la Palestine ? Les pharisiens avaient-ils réellement des missions organisées, des apôtres qui allaient de Jérusalem aux extrémités de l'univers ? Pourquoi ces convertis auraient-ils dû être pires que les pharisiens eux-mêmes, si ce n'est par l'écart entre leur conduite et la profession de fidélité à la Loi? Était-ce la un grief si appréciable au point de vue de l'Évangile? Sans doute l’omission de cette menace dans Luc peut venir de ce que les menées de Îa propagande juive n'intéressaient pas l'évangéliste. Mais pourquoi n'y aurait-il pas fait attention, si elles avaient été si ardentes? Bien que l'hypothèse soit risquée, il y a peut-être lieu de soupçonner que le rédacteur de ce passage, en ayant l'air de frapper les Juifs, viserait le pharisien Paul, qui a parcouru la terre et la mer pour gagner des prosélytes, lesquels avaient encore moins d'égards que lui pour la Loi.

Marre. xx, 16. « Malheur à vous, conducteurs aveugles, qui dites : « Si quelqu'un jure par le temple, ce n'est rien; mais si quelqu'un jure par l'or du temple, il est lié. 17. Insensés et aveugles, qu'est-ce qui vaut le mieux, de l’or oudu temple qui consacre l'or? 18. (Ou) encore : « Si quelqu'un jure par l'autel, ce n'est rien; mais si quelqu'un jure par l'offrande qui est dessus, il est lié.» 19. Aveugles, qu'est-ce donc qui vaut le mieux, de l’offrande ou de l'autel qui consacre l'offrande ? 20. Ainsi qui jure par l'autel jure par l'autel et par tout ce qui est dessus; 21. qui jure par le temple, jure par lui et par celui qui l'habite; 22. qui jure par le ciel jure par le trône de Dieu et par celui qui y est assis. »

ACTA xv, 202297 :

. Sur cette question des prosélytes, cf. Scaürer, III, 124-129. . B. Weiss, E. 132.

. Cf. Scxanz, Mi. 468.

QG 19

res

Cette malédiction n'a pas la formule ordinaire : « Scribes el risiens by pocrites », et elle se ORPDPENES en instruction FE Je:

ÉEtdue juive, elle a pu aussi être Abe par un rédacteur. Ainsi s'expliquerait la différence qu'elle présente à l'égard des

autres, tant pour l'ordonnance extérieure que pour le contenu. Le

sujet a déjà été traité dans le discours sur la montagne !, non sans quelque mélange de glose rédactionnelle. On peut admettre aussi bien ici une donnée de tradition, peut-être la même, accommodée au discours et diluée par l'évangéliste. Mais celui-ci oublie-t-il qu'il a recommandé de faire ce que disent les pharisiens, ou bien le passage doit-il être attribué à une main plus récente, qui aura emprunté les « conducteurs aveugles » à un autre discours ? ?

Les scribes discutaient si le serment par l'or du temple était plus sacré que le serment par le temple lui-même; si le serment par la victime était plus sacré que le serment par l'autel. Ils répondaient affirmativement pour les deux cas. Il est évident par le second que l'avarice ne motivait pas la solution du premier. Les docteurs faisaient peut-être réflexion que l'or et les victimes étaient consacrés à Dieu plus immédiatement que le temple et l'autel. L'or, en effet, ne doit probablement pas s'entendre de la monnaie déposée au trésor, qui était plutôt d'argent ou de cuivre *, mais d’ornements et de vases, peut-être d’ex-voto. Jésus combat la conclusion par le principe même sur lequel on essayait de l’appuyer “. Dieu n’a que faire de l'or ni des victimes. L'or est consacré par sa présence dans. le temple, qui est le séjour de Dieu; la victime est consacrée par. -l’oblation, qui ne peut se faire ailleurs que sur l'autel du temple. Si donc il y avait une distinction à établir, on devrait conclure dans le sens opposé aux pharisiens. Mais Jésus n’admet pas ces distinctions, qui rabaissent la majesté divine invoquée dans tout serment. Celui qui jure par l'autel jure aussi bien par la victime; il jure

. Mr. xv, 14. [1,96-9621. Cf. BLass, M£. 84; \WVERNLE, 72.

. Hocrzmanw, 2791 Cf. Mc. xur, #1.

. NDL (Ss. Sc. Vo.) ont seulement rupko! au commencement du v. 16. BC, etc. ont pwpot xat ruphot, d’après le v. 17.

CS

par Dieu à qui autel et victime sont voués. Au lieu de reprendre l'exemple du temple et de l'or, le Sauveur, à moins que ce ne soit l'évangéliste, ramène l'exemple du ciel et du trône de Dieu, cité dans le discours sur la montagne : temple et ciel sont consacrés l'un et l’autre par la présence du Très-Haut. Il n'est pas question ici d'interdire le serment. Jésus critique ce qui se passe chez les pharisiens, 1l ne règle pas ce qui devra se faire chez les disciples de l'Évangile. L'enseignement reste incomplet, et, pour en saisir la portée, il faut sous-entendre ce qu'on lit dans le discours sur la montagne. Indice non équivoque de rédaction secondaire.

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