xim, 33; supr. p
avait prononcées dans le temple,
son d'être dans le cadre que le troisième Évangile donne au discours. Jésus ne pouvait apostropher Jérusalem, étant à table chez un pharisien, en un endroit quelconque de la Galilée ou de la Pérée. Ces paroles n'ont de sens que dites dans la ville sainte, et peu avant la passion. Déja même la prophétie menaçante qui précède les adieux à Jérusalem sonne très mal dans les circonstances indiquées par Luc, et nonobstant le correctif qui résulte de sa transposition
dans le corps du discours.
Cependant, si Luc a découpé la prophétie, il paraît avoir conservé la formule d'introduction qu’elle avait dans la source : « C'est pourquoi la Sagesse de Dieu a dit !. » Si singulière que la chose nous paraisse, 1l s’agit d'une citation, et la teneur du texte confirme l'idée que suggère le préambule donné par le rédacteur du troisième Éva angile. Il est possible que Luc, en transerivant la formule introductive, ait pensé que Jésus se désignait lui-même comme la Sagesse incarnée *, et que Matthieu ait mis les paroles de la Sagesse dans la bouche de Jésus, parce qu'il identifiait aussi le Christ à la Sagesse. Mais le discours n’en garde pas moins le caractère d'une citation. Supposer que Jésus se serait désigné luimême comme la sagesse de Dieu ? serait lui prêter un détour peu digne de lui, puisque ses auditeurs n'auraient pu soupçonner qu il voulait s'identifier à la Sagesse éternelle. D'autre part, c'est faire violence au texte que d'interpréter la formule de Luc comme si elle signifiait : « C'est pourquoi Dieu, dans sa sagesse, a résolu d'en-
1. V. 49. ux voùro xai n sogia vod Üeoù sirev (D omet xai ñ sooix xtA.). C'est de là que vient le 2x <o5ro de Mr. 34, dont on ne voit pas bien maintenant le rapport avec le contexte. Jésus se réfère au v. 32 par-dessus le v. 33, et annonce qu'il va faire en sorte que les Juifs soient punis comme ils le méritent. Il est bien plus naturel de supposer que le Christ, dans Mr. 34-38, rapporte un jugement de Dieu, qui se justifie par tout le discours précédent, résumé dans le v. 32, si l’on accepte la leçon ir?nsusare. Il ne semble pas que, dans la rédaction primitive, Jésus parlàät de sa mort; il annonçait le châtiment des Juifs pour les crimes anciens et l’incrédulité présente.