II Taess
Matthieu, à son tour, suit Marc et reproduit le passage dont Marc s'était inspiré, sans s'inquiéter de ce que cette répétition met d'incohérence dans le développement. Marc avait détourné l'indication de la source, touchant les fausses annonces de l'apparition messianique, vers de faux Christs et de faux prophètes en qui on ne devrait pas croire. Matthieu retient cette application et donne ensuite, probablement dans sa forme primitive, l'avertissement concernant les faux bruits de manifestation messianique, entendus par lui de la parousie du Seigneur. Le discours primitif paraît s’être référé à la conception Juive du Messie caché, tenu en réserve Jjusqu'au temps de sa révélation au monde !. Le désert était consacré par le souvenir de Moïse, d'Élie, de Jean-Baptiste. C'était aussi, en ce temps-là, l'endroit où se préparaient les révoltes contre l’autorité romaine ?. Mais qu'on dise le Messie retiré au désert, ou caché dans une maison, cette annonce ne sera pas vraie, et il n’y faudra pas croire, ni se déranger pour cela. Quand le Fils de l’homme apparaîtra, on n'aura pas besoin de s'avertir mutuellement pour se rendre à l'endroit où il se sera montré. De même qu'un éclair illumine d’un seul coup tout l'horizon, ainsi le Fils de l'homme sera visible pour tous en même temps #, et les élus n'auront aucune difficulté à le rejoindre. Ce sera comme dans le proverbe : « Où est le cadavre, là s'assemblent les vautours # », sans qu'un mot d'ordre leur soit donné. Il s'agit d'une comparaison, et le cadavre ne figure pas plus le Christ que les vautours ne figurent les élus. Les fidèles du Christ n'auront pas besoin de le chercher, ils seront immédiatement réunis à lui°. Perspective qui est bien celle de l'enseignement évangélique, mais non celle du grand discours apocalyptique. Elle ne comprend ni temps d'épreuves, ni faux Christs ; elle écarte l'hypothèse de signes on d'avertissements pré-
1. Hozrzmanx, 284. Cf. Scuürer, II, 531-532. Idée exprimée Jx. vrr, 27.