‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 359 sur 672 · NBD, mss. lat · texte numérisé non relu

NBD, mss. lat

même divergence, c’est que le second Évangile a été moins lu et copié que le premier. La tournure même de la phrase et l'addition du mot « seul ! » montrent que le rédacteur du premier Évangile ne se proposait pas d’atténuer la leçon de Marc, et qu'il n'attribuait pas non plus au Christ, dans l'exercice de son ministère, la connaissance du jour où aurait lieu le dernier avènement.

La plupart des commentateurs chrétiens, tant anciens que modernes, n'ont pas pris à la lettre cette déclaration du Christ. Ils disent que Jésus a professé l'ignorance sur ce point, ou parce qu'il n'avait pas à le révéler, et se disait ignorant de ce qu'il ne devait pas faire connaître ; ou parce qu'il l'ignorait dans son corps mystique, l'Église; ou parce qu'il ne le connaissait pas encore par expérience; ou parce que, tout en le connaissant dans son humanité, il ne le connaissait pas à titre d'homme; ou parce qu'il n'appartient pas au Fils et à l'Esprit, en vertu de leur caractère personnel, de connaitre ce qu'il savent d’ailleurs par communication du Père ?. Toutes ces subtilités se ramènent, bon gré mal gré, à l'hypothèse d'une restriction mentale. Il semble que, dans les premiers siècles, certains auteurs n'aient pas répugné à l'idée d’une ignorance réelle. Saint Irénée ? paraît admettre que le Christ, comme homme, ignorait le jour du jugement. Origène { ne trouve rien à dire à cette opinion, bien qu'il en préfère une autre, d'ailleurs insoutenable ?. Les Pères grecs qui eurent les premiers à combattre les ariens, et d'abord saint Athanase ô, répondirent à ceux qui alléguaient ce passage contre la consubstantialité du Verbe et la divinité du

4. V. 36. x. à. ÿ. à. at &. 0. o., oùdè où &yyshor r@v odoav@v, [oÿds 6 uids,] st un Ô RATE LOVOS.

2. « Major pars antiquorum auctorum existimavit Christum ignorasse diem judicïi, non quod re vera ignoraverit, sed quod fecerit ut nos ignoraremus, quod nobis revelare noluerit, quod ejus corpus, id est Ecclesia, ignoraverit.. Alii interpretati sunt ignorasse diem judicii, id est nondum expertum fuisse… Non... negat Christus se etiam hominem diem judicü scire, sed negat scire eo titulo quod homo sit... Indicat, quod magis est, se non solum ut hominem, sed etiam ut Deum, modo quodam diem judicii ignorare ;: non quod ignoret, sed quod non ipsius sit officium scire. » MaLDonar, I, 483-484.

Page 1