‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 368 sur 672 · QUES · texte numérisé non relu

QUES

LES ÉVANGILES SYNOPTI

donne au discours apocalyptique, comme s'il avait tro boles après le discours. Il est vrai pourtant qu’elles n’en point partie, car toutes supposent, conformément au discours sur. parousie, que celle-ci arrivera bientôt, sans signes précurseurs, eti paraît évident que le discours apocalyptique se terminait sur 120 déclaration : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » Dans leur application première, les paraboles ne concernaient pas la parousie en tant que retour de Jésus, mais % l’avènement du royaume des cieux, l'avènement du Christ et le | jugement de Dieu.

La parabole des Serviteurs: qui attendent paraît n'avoir été, à l’origine, qu'une comparaison développée, que l’on a compliquée et interprétée en description allégorique. En recommandant aux disciples d'avoir les reins ceints et des lampes allumées, le Sauveur leur adapte, en quelque façon, par avance la parabole, qui devient allégorie. Le conseil ne peut s'appliquer littéralement aux disciples : 3 ce sont les serviteurs qui, au lieu de se coucher pendant que leur k | maitre est allé à un festin de noces, demeurent en l'attendant, le | vêtement de dessus retroussé et attaché à la ceinture, comme pour la marche et le travail, avec des lampes allumées et toutes prêtes pour éclairer son entrée. Dès que le maitre arrive et frappe à la porte, on lui ouvre, parce que tout le monde est sur pied, disposé : à le servir. Grande sera la satisfaction de ce maître : il fera pour À ses serviteurs ce que ceux-ci font pour lui; il les fera mettre à sa place et les servira. Ce trait n’est pas pris de l'usage ordinaire, et il semble purement allégorique ! : il s'agit du festin messianique dans le royaume des cieux, et peut-être la rédaction a-t-elle été influencée par le discours où Jésus se dit serviteur de ses disciples ?. Rien ne réclame l'hypothèse d'une idée empruntée à la coutume romaine des saturnales. Si le maitre arrive tard, heureux les serviteurs qui auront su l'attendre ! Cette exclamation s'entend bien dans l’allégorie, mais elle serait déplacée dans une parabole.

La mention des veilles, qui se trouve dans Mare, est le seul détail original qui atteste l'existence de cette parabole dans la source des trois Synoptiques; il suffit pour qu'on ne confonde pas cette his-

L 4. Jüurcuer, Il, 165. ; 2. Le. xxir, 27; supr. p. 243. Quant à Jx. x, 4-14, voir QE. 707.

ETS

toire de serviteurs avec aucune autre !. Certains commentateurs ont pensé que Luce ne disait rien de la quatrième veille, parce que ç'aurait été une heure indue pour un retour de noces?, Il suit plutôt l'indication de la source, qui partageait la nuit en trois veilles, selon la computation juive. A-t-on voulu faire entendre que, la première veille étant consacrée au festin, le maître pouvait revenir dans la seconde ou la troisième veille, selon que le repas se serait prolongé plus ou moins longtemps *? L'idée du festin est adventice à la parabole primitive, d'où vient la mention des veilles. Il semble plutôt que, dans l’économie de cette parabole, et même dans l'intention de l’évangéliste, la première veille n'est pas exclue comme temps possible du retour, mais que la seconde et ja troisième sont mentionnées pour faire valoir le zèle des serviteurs ; sile maître n'est pas rentré de six à dix heures du soir, ce qui serait l'heure convenable, ceux-là seront récompensés qui se seront gardés prêts à le recevoir au moment où il arrivera *. L'idée serait assez insignifiante, si l'on avait voulu dire qu'il importe peu que le maître arrive à la deuxième ou bien à la troisième veille.

La parabole du Maitre et du voleur, celle des Deux serviteurs ont à peu près la même forme dans Matthieu et dans Luc. Celle du Maître et du voleur a pour objet de faire ressortir l'incertitude de de l'heure où se produira le grand avènement. I] arrivera à l'improviste, sans que l'on ait été autrement averti, comme le voleur, qui se garde bien de prévenir le maître de la maison qu'il veut piller, et qui choisit de préférence l'heure où tout le monde est endormi. De même que la vigilance du maître de maison ne devrait jamais être en défaut, pour que son bien fût toujours garanti, de même celle des fidèles ne devrait jamais cesser, s'ils ne veulent pas être surpris par l'avènement du Fils de l’homme. La comparaison n'est pas tout à fait en équilibre, car on ne voit pas bien le rapport qu'il y a entre la possibilité imaginaire de se tenir en garde si lé voleur prévenait, et ‘ la vigilance recommandée aux disciples qui ne sont pas prévenus.

Cf. Jürrcner, Il, 169.

Meyer, ap. B. Weiss, Lk. 495.

. B. Weurss, loc. cit.

4. Jüricuer, Il, 164. Les trois veilles sont mentionnées dans D, v. 38 (1,

118, 209, mss. lat.) : xat ëav EÂn z9 ésrepuvf quhaz zat ebonset, oÙtwc rotiost, xai

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