Et 1l dit de même à celui-là
« Toi aussi, tu seras préposé à cinq
je ’'en confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. » 24. Et se présentant aussi, celui qui avait reçu un talent dit : « Seigneur, je te connaissais pour un homme dir, moissonnant où tu n'as pas semé, et ramassant où lu n'as pas dispersé ; 25. et par crainte, je suis allé cacher ton talent dans la terre: vois, tu as ce qui est à toi. » 26. Et prenant la parole, son maître lui dit : « Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que je ramasse où Je n'ai pas dispersé : 27. il te fallait donc verser mon argent aux banquiers, et, arrivant, j'aurais retiré mon (capital avec intérêts. 28. Otez-lui donc le talent et donnez-le à celui qui a les dix talents. 29. Car à quiconque possède l'on donnera, et on fle) comblera ; et à celui qui n'a pas l’on ôtera même ce qu'il a. 30. Et jetez le serviteur inutile dans les ténèbres extérieures. Là, il y aura les pleurs et le grincement des dents. »
tenue enveloppée dans un linge: 21.
carj'avais peur de toi, parcequetues un homme sévère, tu enlèves ce que ” tu n'as pas déposé, el Lu moissonnes ce que tu n'as pas semé. » 22. Il lui dit : « C'esl par ta bouche que je te jugerai, méchant serviteur. Tu savais que Je suis un homme sévère, enlevant ce que je n'ai pas déposé, et moissonnant ce que je n'ai pas se-. mé : 23. el pourquoi n'as-fu pas mis mon argent à une banque ? et moi, arrivant, je l’eusse retiré avec intérêts. » 24, Et il dit aux assistants :
« Otez-lui la mine, et donnez-la à celui qui a les dix mines. » 25. Et ils lui dirent : « Seigneur, il a dix mines. — 26. Je vous dis qu'à quiconque possède l'on donnera, et qu'à celui qui n'a pas l’on ôtera même ce qu'il a. 27. Quant à mes ennemis, ces (gens) qui ne voulaient pas que je régnasse sur eux, amenez-les ici et massacrez-les en ma présence. »
Cette parabole n'était pas primitivement en rapport avec les cir-
constances de la parousie et du jugement dernier; elle était destinée “à montrer que la récompense des justes, dans le royaume des cieux, sera proportionnée ou plutôt accordée à leurs mérites, et que ceux dont les mérites seront nuls n'auront point de part au bonheur éternel. Interprétée allégoriquement, elle devient une prophétie du retour glorieux de Jésus, et c'est pour cette raison que Matthieu l’a placée entre la parabole des Vierges et la représentation directe du grand jugement. Pour lui, le départ et le retour du maître sont l'absence et l'avènement du Christ ressuscité, et il a cru pouvoir rattacher la parabole entière à la conclusion de la précédente : « Veillez done, parce que vous ne savez ni le jour ni l'heure », la conjonction « car », particule de
avec la comparaison
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« comme »!, remplaçant la formule ordinaire : « le royaume des cieux est comparable à » telle histoire.
La parabole des Mines, dans Luc, est la même que la parabole des Talents dans Matthieu. La tradition n'avait retenu que la fable, sansles circonstances où elle avait été prononcée; Matthieu ne lui a pas donné de cadre spécial, mais Luc a voulu tirer du récit une introduction historique?. Il est probable que les deux évangélistes n'ont pas travaillé sur une rédaction identique, et que Luc a trouvé dans sa source les variantes principales de sa relation. Dans sa pensée, la parabole devait expliquer le retardement de la parousie, et ce délai, qui peut être insinué dans le premier Evangile, n'est pas du tout indiqué dans le troisième, où la narration tend à faire valoir le triomphe du Christ sur les Juifs par la destruction de Jérusalem. C’est Luc lui-même qui est préoccupé du retard, et qui en cherche l'explication dans le dessein providentiel que manifeste la parabole; il a supposé que Jésus avait dit celle-ci pour calmer l'attente des disciples qui croyaient à la révélation immédiate de sa gloire. Mais ilest permis de penser que cette indication est en rapport avec l'impression que donnait le plus ancien récit de l’arrivée à Jérusalem : Jésus et sa suite venaient à la ville sainte pour la manifestation du royaume céleste ?. La donnée de l'histoire, déjà corrigée dans Marc, est contredite et effacée dans Luc, pour satisfaire aux exigences de la foi.
Pour le rédacteur de la parabole, la parousie est imminente; elle parait coincider avec l’extermination des Juifs, c'est-à-dire avec la destruction de Jérusalem, qui est un fait acquis ou déjà en voie de s’accomplir; mais l’évangéliste sait fort bien qu'il faut mettre un intervalle entre la punition des Juifs et le jugement dernier, il pense à cet intervalle et prête au Christ l'intention de préparer ses dis-
1. V. 14. ozes yao &vÜowros, « car » il en est du royaume des cieux « comme d'un homme ».
2. « Quod ergo Lucas alio loco ac tempore quam Matthaeus propositam (parabolam) fuisse indical, novum non est ut evangelistae in loci ac temporis circumstantiis discrepare videantur, dum summam rei gestae, non ordinis ac temporis rationem habent..….. [In caeteris vero rebus quibus videntur dissidere, non Christi verba sed totius parabolae sensum explicare voluerunt. » Marpo- NAT, |, 493.