‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 394 sur 672 · NE · texte numérisé non relu

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possède », qui avait sa vraie place dans cette conclusion, où Marc ! est venu le chercher pour en faire une application conforme au sens que Matthieu et Luc lui attribuent ici.

On a supposé fort gratuitement que Jésus aurait recommandé par

cet apologue le bon usage des biens terrestres en vue du royaume des cieux ?, et l'on croyait éviter ainsi une application qui ne s’accorde pas avec la théorie protestante du salut par la foi seule. Rien n'indique une pareille limitation dans l’objet de la parabole ; et quand même elle existerait, les aumônes seraient toujours présentées comme un mérite dont le royaume serait la récompense. Il y aurait plutôt à considérer l'idée que Jésus se fait de la vie : activité féconde dans l'ordre de la nature, et qui doit l'être également dans l'ordre religieux et moral ?. Cette conception doit être plus vraie et posséder une valeur plus durable que toutes les théories abstraites. Elle garantit à la parabole de Jésus une profondeur et une originalité qui la mettent bien au-dessus de tous les récits qui, dans l'Évangile des Hébreux, la littérature rabbinique, ou la littérature bouddhique, roulent sur un thème analogue, et qu'on a essayé de lui comparer #.

Marra, xxv,3k. « Et quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s’assiéra sur son trône de gloire, 32. et toutes les

AMc-uv, 25; 1, 762,

2. B. Weuss, LJ. II, 64-65. Le récit, observe Jücrcemer, Il, 481, aurait plutôt engagé les auditeurs à chercher des profits qu’à faire des aumônes. Quand même la parabole des Mines aurait suivi d’abord, dans la source de Matthieu et de Luc, la parabole de l'Économe infidèle (Le. xvr, 1-9), comme le suppose B. We:ss, on ne pourrait rien conclure de ce bone pour l’application originelle du récit. Il est incroyable que Jésus ait voulu enseigner que les biens terrestres viendraient en abondance à ceux qui en useraient selon Dieu, et que l’on s’enrichirait à proportion des aumônes que l’on ferait. Si Luc a vu dans l'emploi des mines la distribution des aumônes, il a mis la récompense dans l'éternité, et cette conception, bien qu'étrangère à la parabole, est seule conforme à l'esprit de l'Évangile. On ne voit pas non plus que la présence du mot « banquiers » (eareeira:) dans le récit crée un lien réel entre la parabole des Talents et l’agraphon cité par Clément d'Alexandrie, Origène, les Constitutions apostoliques : yivesfs zoaxeKirar Ôdztuor, « soyez de bons banquiers ». La parole citée par Jusnix (Tryph. 41) : iv ofs àv duäs razahdBu, 2 robrors ai 2orvd a plus d’analogie avec Le. xix, 22, sans que l'idée soit identique.

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