‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 412 sur 672 · Del · texte numérisé non relu

Del

ai Entrer RG adrov cûxatows rapadot.

xur, 4-6. Cf. QÉ. 673-674.

. CE. B. Weiss, Mk. 208.

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S'il n'avait cru d'abord, et s’il n'avait témoigné de son zèle pour l'Evangile, il n’eût point été admis au nombre des Douze. Il avait, au moment de sa vocation, les mêmes dispositions que les autres apôtres; sinon il ne se serait pas attaché à la suite de Jésus, et il n'aurait pas été choisi par lui. Mais Judas fut réfractaire à l'éducation que le Sauveur donnait à ses disciples; il ne comprit pas pourquoi Jésus courait le risque de la mort, et quand il vit, sans doute avant les autres disciples, absorbés dans leur foi, le péril qui grandissait autour de celui qui voulait être le Christ, il sentit s'effondrer toutes ses espérances : Jésus n'était pas le Messie qu'il avait rêvé, le roi triomphant qui abat ses ennemis, qui distribue des honneurs et des richesses à ‘ses amis. Sa trahison le tirait, pensait-il, d’une situation fausse.

Il ne semble pas que Judas ait eu, plus que les juges et les bourreaux de Jésus, pleine conscience de son crime. Son aveuglement, l'endurcissement de son âme peuvent sembler inconcevables; ils ne sont pourtant pas plus grands que ceux de milliers d'hommes rendus incapables par leurs passions de comprendre en quoi consiste la vraie grandeur, qui est la grandeur morale, et d'apprécier la vertu du sacrifice. À ce terme de la prédication évangélique, les apôtres ne soupçonnaient pas ce que signifiait, pour la réalisation de leurs espérances, la mort que le Christ s’exposait à subir. Judas, prévoyant cette mort, subit le scandale de la peur, que les autres disciples éprouvèrent seulement devant les faits, et sa couardise se trouva prête pour la trahison !.

Il ne vendit pas son Maïtre pour avoir de l’argent. Ce fut sa manière de le quitter. L'indignité de sa conduite, comme il arrive souvent en pareil cas, n’a dû lui apparaitre, si toutefois il l'a sentie, qu'après son forfait. Bien qu'il pût prévoir les conséquences de son acte, il ne s'arrêta pas à considérer que, livrant Jésus à ses ennemis, il livrait lui-même à la mort le Maître qu'il avait aimé, que peut-être ilaimait encore. Il voulait en finir. Que ne se retirait-il sans bruit? dira-t-on. Ce parti philosophique est de ceux qu'un Judas ne suit presque jamais. L’être moralement inférieur qui se trouve en face d’une situation trop difficile pour lui ne se contente pas ordinairement de s'y dérober; il essaie d'en sortir par un acte bas et violent.

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