Cf. Hozrzmann
Matthieu, selon son‘habitude !, dramatise les données primitives en faisant dire à Judas ce que la source raconte. Le traître aurait posé brutalement la question ? : « Que voulez-vous me donner pour que je vous le livre? » Mais, comme l'évangéliste a commencé ? par montrer le sanhédrin en séance chez Caïphe, on dirait que l'assemblée s'est prolongée pendant le repas de l’onction, et que Judas arrive de Béthanie pour lui faire ses propositions #. Cette perspective n’a rien de réel. La démarche de Judas signifiait ce que l’évangéliste lui fait dire. L'argent donné au traître ? intéressait d'autant plus le narrateur, qu'il a vu dans cette circonstance l’accomplissement d'une prophétie dont 1l parlera plus loin. Le chiffre précis qu'il donne est en rapport avec le texte qu'il a en vue. Aussi bien convient-il de n y attacher pas trop d'importance. Ni les prêtres ni Judas ne se sont vantés de l’arrangement qui avait été pris. Le récit primitif ne mentionnait certainement pas le montant de la somme stipulée pour la trahison, si tant est qu'il y ait eu un prix fait d'avance et débattu entre les parties. Comme il est invraisemblable que le rédacteur du premier Évangile ait eu sur ce point des renseignements particuliers, et que ses indications veulent plutôt interpréter le texte de Zacharie qu'énoncer des faits connus par tradition, il n'y a pas lieu d'examiner si la somme, une centaine de francs, était considérable pour Judas, et jusqu'à quel point il est admissible qu'elle lui ait été versée avant l'exécution du complot. Marc ne parle que d’une promesse. Les évangélistes ignoraient si Judas avait reçu l'argent quand il s’entendit avec les prêtres, ou bien quand il vint les prévenir que l’occasion de saisir Jésus se présentait, ou bien quand il revint avec sa victime.
Luc ne se borne pas à dire, comme les deux autres évangélistes, que Judas était « l’un des Douze »5, trait qui, dans sa simplicité,
- Cf. xxvr, 1-2 (Mc. xiv, 1); supr. p. 492.
V. 15. si Géhste por (Ss. omet nor) dodvar, yo buiy rapaduow aitéy ; T Pr , D Vv. 3-5 ; supr. p. 492.
B. Weuss, £. 151.
où dè Ecrnoav aur® touaxovra «pyüpua. Littéralement : « Ils lui pesèrent trente pièces d’argent. » L'expression vient de Zacm. x1, 12 (LXX) : xai éctnoav toy ; ; ; =. ce : ge ; u:000v ou touéxoyra àpyvoods. Nonobstant sa signification littérale, éctnsav peut ne pas s'entendre d'un paiement immédiat, mais d’un marché ferme. WELr- HAUSEN, Mt. 136.
6. Mo. 10. xai ’Tobdas ’Ioxapiw0, 6 sic tv Owdexx. Mr. 14. tôt: ropeubeic se, à:
0 Aeyouevos ’Toidas ’Ioxxouuitns.
“Se. remplacent les « stratèges » par les « scribes ») +0 zü@çs aÿroïs rap
vote la condamnation de L'apéee ià infidèle ; il fait a u expliquer la trahison par une influence Rae 4e n entra dans Judas !. » L'évangéliste entend parler de possession morale, à ilest bien vrai que l'esprit du mal conduis l'infortuné, sans que lui-mème s'en aperçüt, lorsqu'il vint s'en tendre avec les chefs des prêtres pour leur livrer Jésus. Luc a pensé que Satan s'était servi de cet instrument pour recommencer contre € le Sauveur la lutte qu'il avait interrompue après la grande scène de. la tentation?, et pour essayer d'anéantir celui qui détruisait son empire sur les âmes et sur les corps. L'expression : « il alla con- | férer avec les chefs des prêtres ? », est parfaitement Juste, et marque 5 la limite de ce que l'on peut savoir sur cette affaire. Les « chefs des gardes » sont joints aux prêtres, parce que, dans la pensée de l'évangéliste, la garde du temple a dû concourir à l'arrestation du Christ. Luc désigne ces chefs sous le nom de « stratèges # », qui était celui du chef principal; il aura pensé à celui-là et aux chefs subalternes, Les autorités religieuses promettent de l'argent; Judas } donne sa parole, et dès lors il cherche une occasion de leur livrer Jésus « sans foule 6 », c’est-à-dire dans un moment où il serait isolé, et où le peuple ne saurait rien de son arrestation. Cette circonstance est sous-entendue dans les autres récits. Luc l’a empruntée au début de la narration dans Marc 7.
1. V. 3. cioml0ev 0 oataväc els ’[oudav tov xahobuevoy ’Ioxaplwrny ôvræ Ex xoÿ &p1fuo3 t. à.
2. Cf. Le. rv, 13 (I, 426), et Jn. xur, 2, 27 (QE. 107, 729-730):
> 3. V. %. xat ans A0Gv suvekdAnoev vois àpytepedoty ai Tpæenyos (D omet x. s.; Ss.
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