L'AIR
comment les disciples ont pu ne pas comprendre une prédiction aussi claire. Dans la réalité de l’histoire, et sans doute aussi dans la source de Marc, c'était en vue du voyage à Jérusalem, ou plutôt dans la poursuite de ce voyage déja commencé !, que Jésus se hâtait ; s’il traversait incognito la Galilée, c'était pour ne pas attirer l'attention d'Hérode; il n’était pas autrement préoccupé de sa mort prochaine ni de l'instruction des disciples.
Marc observe que les apôtres ne comprenaient pas ce que signifait le discours de Jésus, mais qu'ils n’osaient pas en demander l'explication ?. Il n’est peut-être pas nécessaire de chercher d’autres motifs à cette réserve qu'une timidité ou un respect inintelligents *. L'évangéliste sait que les apôtres ne s’attendaient pas à la mort de Jésus, et comme il suppose que cette mort a été annoncée très nettement, il est amené à dire que Jésus n'avait pas été compris, et qu'on ne lui avait pas demandé d’'éclaircissement. Matthieu dit que les disciples furent affligés , ce qui donnerait à penser qu'ils avaient compris, et qu'ils avaient été plus frappés de la mort que de la résurrection. D'après Mare, les disciples ne comprennent pas mieux les prévisions de Jésus que les paraboles ; mais le Sauveur ne leur explique pas les prédictions. Dans le cas présent, l'évangéliste enchérit sur ce quil a dit après la confession de Pierre. Simon avait compris que Jésus parlait de sa mort, et il ne voulait pas que le Christ mourût. Maintenant ni lui ni ses compagnons ne verraient où tend la prophétie de la passion et de la résurrection. Cette divergence ne doit pas faire attribuer la seconde prédiction à une autre source que la première ; mais l'évangéliste, varie ses formules selon les conditions de la mise en scène; l’inintelligence de tous les disciples signifie, au fond, la même chose que la répugnance de Simon ; mais celle-ci est en rapport avec les circonstances de la confession, et celle-là avec l’insuccès collectif des disciples dans l'affaire de l’épileptique.
Luc introduit la prédiction par une sorte d’exorde : « Prètez