‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 443 sur 672 · ddouevov. Supr. p. 527, n · texte numérisé non relu

ddouevov. Supr. p. 527, n

Les paroles dites sur la coupe sont beaucoup moins nettes que celles qui concernent le pain : « Cette coupe est la nouvelle alliance dans mon sang. » On peut se demander si l'Apôtre aurait parlé ainsi dans le cas où la tradition lui eùt fourni la formule plus claire et plus expressive : « Ceci est mon sang, (le sang) de l'alliance, qui est répandu pour plusieurs. » Quoi qu'il en soit, c'est la formule de Paul qui a été répétée dans Luc, mais avec un complément tiré de celle qu'on trouve dans Marc et dans Matthieu. Seulement l'addition se fait au prix d’une incorrection grammaticale, les mots : « qui est répandu pour vous », se rapportant réellement au sang, comme dans Marc, tandis que, si l’on suit la logique extérieure du texte, ils ont l’air de se rapporter à la coupe; les mots « pour vous » sont venus naturellement, au lieu de « pour plusieurs », parce qu'ils terminaient déjà la formule prononcée sur le pain!. Le sens reste le même. Jésus est mort pour tous les hommes; néanmoins sa mort ne produit pas le salut de tous, mais de « plusieurs », de ceux qui sont véritablement ses disciples.

La formule de Paul : « Cette coupe est la nouvelle alliance dans mon sang », est en rapport avec la conception des deux alliances, si familière à l'Apôtre, et l’on peut ajouter si étrangère à l’enseignement ordinaire de Jésus ?. Elle est en étroit rapport avec le passage de l'Exode? où Moïse, aspergeant le peuple avec le sang de la victime, dit : « Ceci est le sang de l'alliance que lahvé conclut avec vous. » La définition du nouveau pacte est calquée sur celle du premier. Plus ancienne que la rédaction de Marc, la formule de Paul, bien qu'elle soit plus correcte grammaticalement, n'est pas à considérer comme dérivée de l'Évangile. On dirait que le paralléhisme : « Ceci est mon corps », « Ceci est mon sang », n'a pas été trouvé du premier coup, et que Paul a hésité à dire de la coupe : « C'est le sang ». Il dit seulement que la coupe est, c’est-à-dire représente la nouvelle alliance conclue dans le sang du Christ. 1l en resulte que le vin figure, et qu'il est en quelque manière le sang : c'est ce que Marc dit expressément, inclinant, peut-être avec inten-

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