‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 52 sur 672 · Quiconque reçoit · texte numérisé non relu

Quiconque reçoit

XVI, d. À les disciples s’approchèrent de Jésus en disant : « Qui est le plus grand dans le royaume des cieux ? »

2, Et appelant un enfant, il lemitau milieu d'eux 3. et dit : « Je vous (le) dis en vérité, si vous ne changez et

MarTru.

cette heure

ne devenez comme des enfants, vous n'’entrerez pas dans le royaume des cieux. 4. Celui donc qui se fera petit comme cet enfant, ce- Jui-là sera le plus grand dans le royaume des cieux. 5. Et celui qui reçoit un enfant (comme) celui-ci, en mon nom, me reçoit. »

Luc, 1x. 46. Et il leur vint en pensée (de se demander) qui était le plus grand d’entre eux. 47. Et Jésus, (qui) connaissait la deleurs cœurs, prenant un enfant, le mit auprès de lui 48. et leur dit : « Quiconque reçoit cet enfant en mon nom, me reçoil, et qui-

pensée

conque me reçoit reçoit Celui qui m'a envoyé. Car celui qui se être le plus petit parmi vous tous, celui-là sera grand. »

trouve

un de ces enfants en mon nom, me reçoit ; et quiconque me reçoit, ce n'est pas moi qu'il reçoit, mais Celui qui m'a envoyé. »

gardent bien de répondre : ils avaient discuté entre eux q

re LES * ÉVANGILES SYNOPTIQUES |

Selon Mare, Jésus arrive à Capharnaüm, ayant travers lée ; entré « dans la maison ! », c'est-à-dire la maison de il logeait ordinairement, il fait aux disciples une ques embarrasse : « De quoi parliez-vous en route ? » Les dise

plus grand ?. L'expression est un peu vague. Plus loin ? les ( li chercheront querelle aux fils de Zébédée, qui ont demandé Les premières places dans le royaume des cieux. Il s'agit ici d’une cussion rentes si toutefois ce n’est pas la même qui s’est dés

second Évabile La Teoss que Jésus donne est identique ds re deux cas, et cette circonstance a déterminé sans doute les modilications que la donnée de Marc a subies dans Matthieu et dans Luc. Comme l’anecdote de l'enfant embrassé par Jésus revient également à He

deux fois, on pourrait se demander si le rédacteur ne lavait pas SE trouvée d’abord en cet endroit, et si, après l'avoir adaptée plus ou moins heureusement à la lecon du service apostolique, il ne l'a pas reproduite plus loin dans sa forme primitive. Rien ici ne la pré- d ESS pare,et on ne voit pas d'où vient l'enfant que Jésus prend ainsi, étant dans la maison de Pierre. Marc est préoccupé de montrer D comment les apôtres, si désemparés devant le mystère de la croix, ne comprenaient pas mieux la loi de leur propre mission. L'intention sera plus significative encore si l'on suppose que l'incident ADS pris la place de l’anecdote relative au tribut #, qui aurait précédé

dans la source celle des enfants que l'on amenait à Jésus pour les.

bénir. Et si l'évangéliste ne parle pas des places du royaume, c'est peut-être qu'il a pensé au rôle des apôtres dans les premières communautés et à leur attitude envers Paul. Bien que la leçon

donnée aux Douze soit parfaitement authentique en elle-même, Mare en ferait la justification implicite de l'Apôtre des Gentils, … É et penserait des apôtres-colonnes ce qu'on lit dans l'Épiître aux |

1. V.33. zai iv =ÿ oùxtx yevouevos. Ss. « Et il vint à C., et quand il fut rentré dans sa maison. » Cf. supr. p. 65, n. 5.

2. V. 34. roûs aXkñhovs yao diehtynaav ti ueGmv. D (mss. lat. Ve.) ajoute yévrrat adt@y ;-Ss. « qui serait (le plus) grand ».

3. x, #1. Dans Mc. 37, Ss. lit : « Et il le regarda (cf. infr. p. 70, n. #)‘etul dit : « Quiconque reçoit » etc.

+. Cf. supr. p. 63.

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Galates‘. La même intention peu être soupçconnée derrière l’anecdote de Jean, le plus connu des fils de Zébédée, blâmé par Jésus pour avoir voulu, de concert avec les autres apôtres, obliger un homme qui n'avait pas suivi le Sauveur à cesser les exorcismes qu'il pratiquait en son nom. La distinction que l’on pourrait soupçonner entre les Douze et le reste des disciples ? serait beaucoup moins en rapport avec la situation historique de l'Evangile, dans les derniers temps du ministère galiléen, qu'avec l'application visée par le narrateur : aucun privilège de domination n'appartient aux apôtres galiléens : ils ont été appelés à un ministère de dévouement auquel d'autres peuvent être associés, qui y prennent rang selon la grandeur de leur abnégation et de leur zèle dans le service évangélique.

Le trait de l'enfant que Jésus embrasse * et montre aux disciples, en le recommandant à leur bienveillance, n’a de sens en lui-même et de rapport avec le contexte que si l’on restitue par conjecture l'enchaînement des idées dans l'esprit du rédacteur. Il est singulier qu'un enfant représente Jésus à tel point qu'on reçoive Jésus en recevant l'enfant, comme on recoit Dieu en recevant Jésus*. Ce n’est pas le premier enfant venu qui peut se prévaloir du nom du Christ : car, pour être reçu « au nom » du Christ, il faut porter ce nom avec soi. L'enfant à recevoir est donc envoyé de Jésus, comme Jésus est envoyé de Dieu. C'est l’apôtre, comme on le voit en Matthieu, où cette sentence a place dans le discours de mission ?. Mare fait recommander aux Douze d’avoir égard aux « petits » apôtres : on peut croire qu'il a surtout en vue le « petit » Paul, « le moindre des apôtres », qui n'était « pas digne d’être appelé apôtre », nrais

A. xx, 2, 6-9.

2. En supposant que les Douze, au v. 35, ne se confondent pas tout-à-fait avec les disciples mentionnés précédemment; mais les Douze s’identifient

plutôt aux disciples, et si l’'évangéliste parle des Douze, ce doit être par l’in-

fluence du récit (x, 41) où l’on oppose les « dix » aux fils de Zébédée. Noter que, dans Mc. 35, D omet zxi Àfyst aÿroïs, avec la sentence qui suit, rattachant le v. 36 à xai raliouc iouvnssy ob: Dudeza.

D Cox, 46.

4. Que l'enfant doive être prisé autant que Jésus, et conséquemment que Dieu (Were, 31), le texte de Marc ne le dit nullement.

5. Cf. Mc. 37. 05 àv £y z@v rouoëtwv ratdtwy (noter qu'un seul enfant est présent. mais c’est influence de x, 13) d££nrat ir +6 ovéuart uou (le nom de Christ; cf. v. #1, énfr. p.13, n. 4) us éyera, et Mr. x, 40. 6 Gsyduevos duxs eu Oéyera ; I, 896.

être inférieur en rien !. Si telle est la pensée du me l'inci- Er dent de l'enfant se rattache étroitement à la leçon donnée aux #6 Douze, et à l'affaire de l’exorciste qui n’était pas disciple, Papin er que cet exorciste soit encore le « petit » Paul. : Matthieu, ayant mentionné l'arrivée à Capharnaüm avant

l'anecdote du didrachme, rejoint Mare au moyen de la formule : tr

« À cette heure », Rain à : «en ce temps-là », ou «ence Jour

là », qu'il emploie ee en pareille occasion ?. Pros ne pas faire double emploi, il supprime la question de Jésus et ce qui regarde la querelle des disciples. Ce sont ceux-ci qui interrogent eux-mêmes le Sauveur et lui demandent « qui est le premier dans le royaume des.cieux », façon de parler qui ne préjuge rien sur le rapport des personnes dans les communautés chrétiennes, bien que l’évangéliste semble avoir en vue le royaume présent ?; car la réponse montrera que l’évangéliste n'envisage qu’une grandeur morale, et qu'il songe plus à définir le caractère de ceux qui appartiennent au royaume qu à marquer entre eux des degrés de dignité. Il se réserve de dire bientôt que tout ce que les disciples lieront ou délieront sur la terre sera lié ou délié dans le ciel, et l'idée qu'il se fait de la fonction apostolique est plus ecclésiastique et moins paulinienne que celle de Marc. Ayant réduit la dispute des disciples à une question générale, Matthieu exploite, en guise de réponse, l’anecdote de l'enfant. Jésus appelle celui-ci #, ce qui corrige une lacune résultant de la transposition opérée par Marc, et dit qu'il faut devenir comme un petit enfant pour entrer dans le royaume des cieux, parce que plus on se fait petit, plus on y sera grand ; il ajoute que, si lon reçoit en son nom un petit enfant, c'est lui-même qu'on reçoit. Pour entrer dans le royaume des cieux, il faut ressembler à un enfant : c'est ce quiest dit dans le récit qu’on trouvera plus loin, et dont Matthieu tire maintenant un autre parti que Marc. Au fond,

I Cor. xv, 9-10. II Cor. xr, 5; ur, 44" Cf. xur, À ; x1v, 1. Ss. Sc. mss. lat. lisent ici : « en ce jour-là ». . V. 1. sis Gpx elfiuy éstiv èv ti Basuheix TGV o0oavv ;

4. V.2. xai rposxakcoduevos radtoy. Cette indication se trouve remplacer le baiser de Mc. 36 : xai Evayxxhuoéuevos xd. Noter l'assonance des deux participes. Dans Matthieu et dans Luc, Jésus s’abstient d'embrasser les enfants (ef. Mr. xix, 15 ; Le. xviu, 15-17, et Mc. x, 16).

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