‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 526 sur 672 · Cf. Mazponar, I, 600 ; Scan, ME · texte numérisé non relu

Cf. Mazponar, I, 600 ; Scan, ME

4. Le « champ du sang » ne devait pas être un simple cimetière pour les étrangers, comme le dit Matthieu, mais le nom même inviterait plutôt à y

t # rt 628 LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES

relief la 5 malheureuse de celui qui avait livré Jésus. Le re du premier Évangile, qui avait pensé reconnaître dans « le champ: du sang » le « champ du potier », qu’il trouvait dans Jérémie !, et" qu'il combinait avec les trente deniers et le potier de Zacharie ?,. fait valoir la même hypothèse au point de vue de l’accomplissement” des prophéties. Que la combinaison du texte prophétique avec læ tradition relative à la mort de Judas ait été faite par l'évangéliste… lui-même, ou qu'il l’ait prise toute formée dans le milieu particulier où il vivait, il paraît incontestable que le texte prophétique, ou plutôt l'interprétation qu'on en donnait, a exercé une influence con sidérable sur la forme du récit. Mais cette influence a été réciproque, en ce sens que, le rapport du texte avec la donnée légendaire étant. une fois établi, le texte même a été adapté à la légende. 4 L'évangéliste présente comme une prédiction rigoureuse, for mulée par Jérémie, un texte qui ne se trouve, et cela d'une façon. approximative, que dans Zacharie, avec un sens tout différent de l'application qu'il en fait ici. D'après Matthieu #, Jérémie a dit: « Et”

voir l'endroit où l'on jetait les cadavres des suppliciés. Ne serait-ce pas là que, d'après les Juifs, le corps de Jésus aurait été abandonné ? L'histoire de Joseph d'Arimathée et du tombeau vide répondrait à cette assertion, et la légende chrétienne pourrait bien avoir, longtemps après la passion, et loin de Jérusalem, disposé de Hakeldama pour Judas. Noter que la tradition met Hakeldama aw sud de la vallée de Hinnom. FE.

A. xvur, 2-3: xxxir, 6-9. +7 2. x1, 12-13.

3. V. 9. zôre érAnpuln 50 en0èv duà ‘Te es Toù rpuiron Xéyovros nai EhaBov ræ Toidrovta aoyÜpia, Tv Tiunv Toÿ reriumuévou Ov éttumoavro 4x0 viGv ’Ioparà, 10. xai

Eduwnay aûta els Ov ayeov Toù repauéws, xaTa GuvéraËév ot xüp105. Ss. mss. lat. (a b, et témoignage de s. AuGusrin, De cons. ev. IT, 29 : « non omnes codices evangeliorum habere quod per Jeremiam dictum sit, sed tantummodo per prophetam. Possemus ergo dicere his potius codicibus esse credendum... Sed utatur istæ defensione cui placet : mihi autem eur non placeat haec causa est, quia et plures codices habent Jeremiae nomen, et qui diligentius in graecis exemplaribus evangelium consideraverunt, in antiquis graecis ita se perhibent invenisse ; et nulla fuit causa eur adderetur hoc nomen, ut mendositas fieret ; cur autem de nonnullis codicibus tolleretur, fuit utique causa ut hoc audax imperitia faceret, cum turbaretur quaestione quod hoc testimonium apud Jeremiam non inveniretur. ») et quelques autres témoins omettent le nom de Jérémie ; min. 22 lit Zayagsiov; lat. l, Esaiam. Ss. itunséunv. N, Ss. Sc. £dwxz. La conclu-

ils prirent les trente pièces d'argent, la valeur de celui qui a été mis à prix, selon l'estimation des enfants d'Israël, et ils les ont données pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'a commandé. » Le passage de l'Ancien Testament auquel cette citation ressemble le plus, et dont elle procède au moins indirectement, se trouve dans Zacharie : « Et je leur dis : « Si cela vous plait, donnez-moi mon salaire ; sinon abstenez-vous. » Et 1ls fixèrent! mon salaire à trente (sicles) d'argent. Et le Seigneur me dit : « Jette-le dans le trésor, ce beau prix auquel tu as été estimé par eux. » Et je pris les trente sicles d'argent, et je les jetai dans la maison du Seigneur, au trésor. » Le prophète se considère comme un berger chargé de conduire Israël ; il veut se faire régler son compte, et il reçoit un salaire insuffisant; sur l’ordre du Seigneur, il le jette comme une aumône dans le trésor du temple. Il n’est question ni de potier ni de champ. Cependant, par suite d’une très ancienne faute de copiste, le mot « trésor ? » a été remplacé dans le texte hébreu par un mot qui signifie « artisan » ou « fabricant », et qui s'emploie aussi dans le sens de « potier » ou de « statuaire ». L'ancien interprète grec, déconcerté par cette lecture, a traduit le passage conJecturalement ‘ : « Jette-les à la fonderie, pour que je voie si c’est de bon argent... » Et je pris les trente (sicles) d'argent, et je les jetai dans la maison du Seigneur, à la fonderie. » On voit par là que la citation évangélique ne dépend pas de la version grecque, mais qu'elle se rattache au texte hébreu, soit directement, soit par un autre intermédiaire

sion du v. 10 serait, en effet plus naturelle si les trois verbes de l'énumération précédente se lisaient à la première personne, comme dans Ss. : « J’ai pris,.… j'ai été évalué, j'ai donné.., comme le Seigneur me l'a commandé. » La construction : =ny ruuny +. +. Ov ë. &. =. v. ’Iocaà, est des plus singulières. Ne seraient-ce pas les recenseurs qui auraient ainsi fait l'application directe de la prophétie aux princes des prêtres, et l'évangéliste n’aurait-il pas plutôt songé à une disposition providentielle des trente deniers par la volonté de Dieu et du Christ immortel ?

1. Littéralement : « Ils pesèrent » ; cf. supr. Mr. xxvr, 15, p. 503, n. 5.

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