Mec. 23 ; Mr. 34; supr. p
8, Posca.
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Les soldats disent à Jésus : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même », paroles qui n'ont guère de sens dans la bouche d’étrangers, pour qui le titre de roi des Juifs ne signifie pas la même chose que « Messie » ou « Fils de Dieu ». Luc aurait-il voulu insinuer que ces soldats n'étaient pas des Romains, et pensait-il aux soldats d’'Hérode ? Ce serait encore un trait d'affinité entre la source qu'il a suivie et l'Évangile de Pierre. La perspective est plutôt indécise avec intention : les soldats romains, dont on n'a point parlé à propos du crucifiement, apparaissent ici comme surveillants, dans un rôle accessoire, et pour faire droit à la donnée de Marc touchant le vinaigre, où Luc entend bien montrer, comme les autres évangélistes, l'’accomplissement d'une prophétie.
Luc considère comme dérisoire le titre de « roi des Juifs » dans l'inscription de la croix, et il coordonne l'objet de cette inscription aux dérisions des soldats !. L'Évangile de Pierre dit que ceux-ci, après avoir dressé la croix, écrivirent dessus : « Celui-ci est le roi d'Israël ? », formule qui ressemble plus à celle de Luc qu'à celles des autres évangélistes. Vu la place assignée à ce trait dans le troisième Évangile, on pourrait croire que Luc a conçu les choses de la même manière. La scène de dérision, que Marc et Matthieu ont placée dans le prétoire, se trouve ainsi dédoublée dans le troisième Évangile, et partagée entre la demeure d'Hérode et le Calvaire.
D’après le troisième Évangile, un des malfaiteurs crucifiés avec Jésus l’insultait, disant que le Christ devrait pouvoir se soustraire à la mort, et sauver avec lui ses compagnons de supplice 3. Les injures de cet homme remplacent aussi celles du peuple, et la formule en est empruntée à Marc ‘. Mais ici l’autre voleur le reprend avec force. Était-ce le moment d'offenser Dieu par une injustice ? Les trois crucifiés vont mourir, mais deux seulement l'ont mérité; Jésus n'a rien fait de mal *. Le bon larron, persuadé que Jésus est