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psaume XXII par les chrétiens, bien qu'on ait déjà pu dire avee
ironie sur le Calvaire : « Élie va venir. Elie ne viendra pas. » Quant au vinaigre, il fait double emploi avec le vin aromatisé dont.
Marc a parlé plus haut. Le vinaigre n'est pas la posca, quoique
beaucoup de critiques modernes l’admettent volontiers !, Le vinaigre
fait pendant au fiel que le rédacteur du premier Evangile a déjà à
mis dans le vin des suppliciés; il vient du psaume LXIX ?, où il n'a jamais été question de posca. Dès le début, Luc ? met le vinaigre à la place du vin, ne pouvant garder que le simple trait de la présentation du vinaigre, puisqu'il abandonnait délibérément tout ce qui concerne Elie. Marc a mentionné d'abord le vin aromatisé, d'après une tradition spéciale: il mentionne ensuite le vinaigre, d’après la tradition commune. La présentation du vinaigre paraît impliquer dans Marc un certain degré de compassion; maisil semble que, dans tes deux premiers Evangiles, aussi bien que dans le troisième, le trait dominant de cet acte soit la dérision et le mépris, presque la haine, tout comme dans le psaume, et l’on peut bien dire à cause du psaume ‘. C’est pour cela que les Synoptiques ne disent pas que Jésus ait bu ce vinaigre. On n'a pas dit d’abord qui le lui a présenté ?. Une telle indécision confirme le jugement qui vient d'être porté sur le caractère symbolique de ce détail. Jean 6, il est vrai, affirme que Jésus a bu du vinaigre, et même qu'il avait demandé à boire; mais le Christ, aussitôt après, dit : « Tout est consommé », l'évangéliste signifiant par là qu'il a eu l'intention de marquer dans le trait précédent l’accomplissement d'une prophétie. La lettre du psaume lui a suggéré ce complément de la narration synoptique. Le détail de l'éponge et du roseau, que Jean, pour son symbolisme, remplace par l'hysope 7, ne suffisent pas à écarter les pré-
1. Parex. Renan, supr. p. 683, n. 2. Sur ce point, cf. Branor, 238-239.
2. V. 22, supr. cit., p. 663, n. 5, facile à combiner avec Ps. xx1r, 16, où l'on trouvait la soif.