‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 589 sur 672 · Jn, ni, 1. Cf QE · texte numérisé non relu

Jn, ni, 1. Cf QE

8. Bouheutrs (supr. p. 701, n. 3). L'emploi d'un mot nouveau n'est pas étonnant, si le récit de la sépulture appartient à la rédaction finale de l'Évangile, et s’il ne procède pas de la même tradition ou de la même main que les récits du jugement. Le lecteur de Marc n’est pas obligé de penser que la Bouki dont fait partie Joseph soit le suvédetoy de x1v, 55; l’épithète sdoytuu serait presque de nature à l'orienter dans un autre sens, car elle vise plutôt la qualité que le mérite de la personne (cf. Acr. xur, 50 ; xvnr, 12, et mème I Cor. vur, 35, x, 23-24, que B. Weiss, Mk. 240, allègue en sens contraire).

coutume d'employer quand il parle du sanhédrin. Luc dit la même chose, mais pour écarter entièrement l’objection, il observe que ce conseiller ne s'était pas associé aux mesures que les autres avaient prises contre Jésus. Les termes dont il se sert feraient supposer que Joseph assistait aux délibérations, et s'était abstenu d'émettre un suffrage défavorable au Sauveur. Mais Luc connaissait-1l les détails de ce qui s'était passé dans les réunions du grand conseil? Ce qu'il paraît savoir, il le déduit de ce qu'il voit faire à Joseph : le membre du sanhédrin qui a enseveli Jésus n’était pas un ennemi de Jésus. Le rédacteur du premier Évangile a supprimé radicalement la difficulté, en transformant le conseiller en « homme riche ». Il a pu s'aider, pour cette substitution, d'un passage d'Isaïe ! où il est dit que le Serviteur de [ahvé sera enterré « avec le riche » ; et c'est probablement encore d’après ce texte qu'il fait donner par Joseph son propre tombeau, circonstance omise dans les autres Évangiles canoniques, et soigneusement relevée dans l'Évangile de Pierre ?.

En fait, Joseph d’Arimathée aurait pu ne pas être de la réunion qui eut lieu chez Caïphe, et n'avoir connu que par la rumeur publique l'arrestation et la condamnation de Jésus. Le silence que l’histoire apostolique a gardé sur ce personnage ne prouverait pas qu'il n'ait pas été membre du sanhédrin, et qu'il n'ait pas habité

1. zur, 9, hébreu (car le grec a une autre signification) : « Et il (Dieu ?) a mis avec les méchants son tombeau, et avec les riches son sépulcre. » Branpr, 309, observe d’ailleurs avec raison que ce n'est pas ce passage qui a pu suggérer le fond même du récit.

2. V. 23. « Et les Juifs se réjouirent (cf. supr. p. 679, n. 1), et ils donnèrent son corps à Joseph, pour qu'il l’ensevelit, puisqu'il avait vu tout ce que (Jésus) avait fait de bien. 24. Prenant donc le Seigneur, il le lava et l'enveloppa d’un suaire, et il l’'emporta dans son propre tombeau (sic tôtoy tépov), qu'on appelait le jardin (xñxov; cf. JN. x1x, #1) de Joseph. » Dans l’apocryphe, la demande de Joseph se place entre le lavement des mains de Pilate et la scène de dérision : V. 3. « Et Joseph, ami de Pilate et du Seigneur (noter qu'on ne dit rien de sa situation officielle), vint là, et, sachant qu'ils devaient le crucifier, il alla trouver Pilate et lui demanda le corps du Seigneur pour l’ensevelir. 4. Et Pilate envoya vers Hérode lui demander le corps. 5. Et Hérode répondit : « Frère Pilate, quand même personne ne l'aurait demandé, nous l’aurions enterré, — car le sabbat approche, et il est écrit dans la Loi que le soleil ne doit pas se coucher sur un homme mis à mort, — avant le premier des Azymes, leur fête. » Cf. Jx. xix, 42 (QÉË. 898), et Deur. xxr, 23, supr. cil., p. 101, n. 1.

Jérusalem. Arimathée était son lieu d'origine. L'acte de pieux res-

pect qu'il est dit avoir accompli envers Jésus n'aurait pas eu d'autres

suites, ou bien Joseph, s'il a survécu longtemps au Sauveur, aurait conservé, à l'égard de l'Église naissante, la disposition qu'il avait eue à l'égard de Jésus, une sympathie qui n'allait pas jusqu’à ladhésion complète et au sacrifice de sa position sociale !. Les évangélistes ne s'intéressent à lui qu'à raison du rôle qu'ils lui attribuent dans l’ensevelissement du Christ.

Joseph, à qui sa qualité donnait accès près du procurateur, aurait donc eu le courage ? d'aller trouver Pilate pour lui demander le corps. D'après Marc, Pilate, étonné que Jésus soit déjà mort, fait appeler le centurion et s'informe depuis combien de temps la chose est arrivée; s'étant assuré de la mort, il fait donner gratuitement le corps à Joseph. Ces détails attestent chez le narrateur la préoccupation de montrer que la mort du Christ, qui avait été un fait public, avait été de plus dûment constatée par Pilate lui-même, sur le rapport du centurion qui en avait été le témoin officiel. Le rédacteur du premier Évangile a passé sous silence l’enquête de Pilate #. Luc en a fait autant, et il va même jusqu'à sousentendre le consentement du procurateur. Serait-ce que ces évangélistes n'auraient pas trouvé dans Marc tout ce qu'on y lit maintenant 5? Il est plutôt à croire qu'ils n’ont pas vu l'intérêt de ces

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