VO À
sa mort !, c'est ce qui n'est aucunement évident. L'incident du tombeau vide n'était pas nécessaire pour fixer la date de la résurrection. Peut-être convient-il de rappeler que la date du vendredi pour la passion est indiquée seulement dans le récit de la sépulture, et que le choix de ce jour pourrait appartenir au rédacteur qui a conçu ou du moins systématisé toute cette histoire de l’ensevelissement et du tombeau vide. Il paraît bien qu'on n'y est pas arrivé sans quelque tâätonnement. Rien ne prouve que Paul ?, en affirmant que Jésus était ressuscité le troisième jour, ait entendu déjà par ce jour le surlendemain de la mort, le dimanche d’après le vendredi saint. Il pouvait entendre le troisième jour au sens propre, en plaçant trois jours d'intervalle entre la mort et la résurrection. En tout cas, il ne fonde pas cette date sur un fait d'expérience, mais sur « les Écritures ». Le rédacteur des prophéties de la passion, qu'on lit dans Marc, dit que Jésus devait ressusciter « après trois jours »; cela peut s'entendre du troisième jour, mais cette indication pourrait être en rapport avec l'interprétation du signe de Jonas dans Matthieu, et là les trois Jours sont des jours pleins “. Le chiffre « trois » est primitif en ce sens qu'il a dû être admis à peu près en même temps que l'idée de la résurrection : nombre sacré, qui s'imposait presque pour des motifs non réfléchis ; placer la résurrection plus tôt aurait semblé supprimer la mort : la placer plus tard était inconcevable, parce que ce n'aurait plus été la résurrection d'un homme ou d'un corps, mais d'une pourriture. Les rapprochements bibliques * ont aidé à la fixation du chiffre. Il n'est pas téméraire de penser que l’adoption du « troisième Jour », entendu au sens traditionnel 6, est en rapport avec l'identification
1, J. Wriss, AE, 348.