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gée. Le mot de Galilée noire dans le troisième Évangile, comm un témoin de la substitution ?. Une telle liberté à l'égard des textes + et des traditions montre suffisamment que les évangélistes ont toujours subordonné l'exactitude en matière de fait à l'idée qu'ils vo laient inculquer. à
La substitution de Jérusalem à la Galilée, comme théâtre des appa= ritions, n'a pu résulter que d’un travail de la tradition chrétienne À la donnée primitive. Le point de départ des deux représentations | est visiblement identique, et il est clair pareillement qu’elles ne son pas indépendantes l’une de l’autre. Mais ce n'est pas la forme galiléenne qui dépend de la forme hiérosolymitaine : au point de é è vue de la critique littéraire, il paraît certain que ni Mare ni Matthieu . ne dépendent de Luc, et que Luc dépend de Marc ; au point de vue historique, il est tee que la forme Latiléesel soit poil rieure à la forme hiérosolymitaine. Dans les rédactions évangéliques, les deux sont dôminées par la préoccupation d'assurer au fait de Ja ke résurrection le maximum de garanties qu'il peut comporter. Or on % n'imagine pas que, si les apôtres ont affirmé dès l’abord que les. apparitions avaient eu lieu à Jérusalem le surlendemain de la pas= sion, l’on ait eu ensuite l’idée d'éliminer cette donnée capitale, en racontant que les premières apparitions n'avaient eu lieu qu'en
1. Cf. Le Camus, IT, 423, où l'on fait un seul discours avec les paroles angé-= liques de Marc, de Matthieu et de Lue, et Scnawz, Lk. 555, qui explique fort bien Lc. 6, par les intentions de l'évangéliste, mais en s'abstenant de dire que la ae de celui-ci exclut celle de Marc- Rai ‘ 14%
. Cf. Wenxie, 36. |
Galilée, après le retour des apôtres dans leur pays. Autant la tradition galiléenne est vraisemblable, en elle-même et par la priorité de son attestation, autant elle est inintelligible comme interprétation corrigée de la tradition hiérosolymitaine. S'il y a une tradition qui tienne de l’histoire, c'est la tradition galiléenne ; s'il y a une tradition profondément influencée par une intention apologétique, c’est la tradition hiérosolymitaine de Luc, développée par Jean. En prenant les textes à la rigueur, on aboutirait à une contradiction absolue, parce que Luc ne veut rien connaître des apparitions galiléennes. Marc n'exclut pas de la même façon les apparitions hiérosolymitaines ; 1l donne seulement à entendre que la foi à la résurrection s'est constituée en Galilée ; s'il y a eu des apparitions à Jérusalem, elles sont venues plus tard et n'ont pas eu la même importance pour l'avenir du christianisme. Marc peut donc s’accorder avec Paul !, qui ne met certainement pas toutes les apparitions à Jérusalem, et qui probablement n'y met pas les premières. On n’en peut dire autant de Luc, dont la perspective, très limitée, d’apparitions hiérosolymitaines, ne peut s'adapter aux indications de l'Épitre aux Corinthiens. Luc partage seulement avec Paul le souci de Joindre la preuve scripturaire au témoignage apostolique.
Ainsi l’on peut voir déjà quelle précaution s'impose à l'historien dans l'interprétation du troisième Évangile. Une transposition s'est faite qui rétrécit, quant au temps et quant au lieu, le cadre de la tradition primitive. Les contours de celle-ci n'étaient pas très nets ; mais la précision de Luc ne vient pas d'informations spéciales et plus sûres ; elle résulte de l'avantage qu’on a trouvé, pour la catéchèse et l'apologétique, à rapprocher le plus possible de la passion et de la résurrection les apparitions du Ressuscité. Ce parti pris aura eu pour conséquence inévitable une transformation et une adaptation des récits antérieurs. Il est infiniment probable, sinon certain, que Luc a connu Marc sans aucun récit d'apparition, comme paraît l’avoir connu Matthieu ? ; mais 1l n’a pu manquer de connaître quelque relation écrite ou orale concernant les apparitions galiléennes. Vu ses procédés ordinaires de composition et la façon dont il traite la partie de son récit où on peut le contrôler par Marc, on