‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 615 sur 672 · CG · texte numérisé non relu

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il présente sa liste d’apparitions comme celle qui était à admise 86! Ë son temps dans l'Église de Jérusalem et par les premiers témoins de la résurrection. Le défaut d'indications chronologiques ne résulte probablement pas de ce qu'il les aurait passées sous silence, maïs plutôt de ce que la tradition n’en fournissait que d'assez vagues: Personne n'avait pensé à compter les jours écoulés entre chaque apparition ; quant au fait même de la résurrection, l'on peut voir que Paul le date, non d’après la découverte du tombeau, ou la pre= mière apparition du Ressuscité, mais d’après les Ecritures !, bien qu'il. ne cite pas les textes qu'il a en vue; on peut dire même quil entend le prouver par les Ecritures avant de le prouver par les … apparitions. Inutile d'observer que la preuve de la résurrection par l'Ancien Testament n'apprend rien à l'historien, si ce n’est que, dès les premiers temps, la foi a cherché à s'appuyer sur les prophéties. Le témoignage de Paul aide ainsi à comprendré le discours du Christ aux pèlerins d'Emmaüs.

Le mot dont Paul se sert pour caractériser les manifestations de Christ : « Il est apparu », mot à mot : «il a été vu », ne prouve pas que la tradition primitive ne connût que de simples visions, des apparitions dans lesquelles le Christ n'aurait point parlé, car, dans celle qu’il connaît le mieux, celle qui l’a converti, Paul a entendu le Sauveur et ne l’a point vu°?. Les apparitions qu'il mentionne peuvent donc être identifiées avec celles qu'on trouve dans les récits évangéliques, dès qu'un accord suffisant existe eu égard aux personnes à qui Jésus s'est montré, pourvu d'ailleurs que l'on tienne compte de la transformation que les données primitives ont pu subir, soit dans la tradition chrétienne, soit dans la rédaction des Évangiles. Ce que dit Paul ne permet pas de se faire une idée pré= cise des apparitions dont il parle. Si l'on en juge par la vision de Damas, elles n'auraient eu de pleine signification que pour la foi: Paul a cru à l'objectivité de sa vision, à une intervention personnelle et directe du Christ immortel: il ne l’a point vérifiée. Au témoignage des Actes, ceux qui l'accompagnaient sur le chemin entendirent quelque chose, mais ils ne virent rien’: qu ‘auraient-1ls eu

2, La référence aux Écritures porte en effet spécialement sur le troisième jour, Paul visant sans doute Os. vr, 2. :

e Textes cités supr. p. 738, n. 3. # . Acr. 1x, 7; dans xxu1, 9 (cf. xxvi, 43), on lit, au citee qu ‘ils virent la

raconter ? Sans le travail de conscience qui s'est opéré en lui, Paul lui-même n'aurait-il pas cru que l'éblouissement dont il avait été frappé, la voix qu'il avait cru entendre n'étaient qu'accident naturel et hallucination de son esprit ?

Selon Paul, le Christs'est montré d'abord à Pierre. Était-ce en Galilée ou à Jérusalem, à Pierre seul ou accompagné d’autres disciples ? Il est fort probable que l'Apôtre a en vue l'apparition annoncée dans Marc, racontée dans le dernier chapitre de Jean et dans l'Évangile de Pierre. L'apparition « aux Douze » pourrait être l'apparition galiléenne racontée par Matthieu, si toutefois celle-ci devait être prise pour un fait déterminé, non pour un résumé ou une interprétation générale de toutes les autres. Elle correspond sans doute aux apparitions que Luc et Jean placent à Jérusalem le soir même de la résurrection. On ne saurait dire si l'apparition aux cinq cents frères est un fait galiléen ou hiérosolymitain : mais est-il probable quil y ait eu cinq cents fidèles groupés autour des apôtres, avant qu'ils fussent revenus à Jérusalem prêcher le Christ ressuscité? Cette apparition se serait donc produite à Jérusalem, dans quelque occasion extraordinaire, par exemple dans une réunion sur le mont des Oliviers, plutôt qu'en Galilée dans quelqu'un des endroits où Jésus avait autrefois prèché. On ne peut songer à l'identifier avec l'ascension, dont saint Paul ne parle pas, et qui, d'après Luc luimême, n'a pas eu pour témoins un si grand nombre de personnes. On ne pourrait l'identifier à la Pentecôte ! qu'en admettant, ce qui d’ailleurs n'aurait rien de contraire à la vraisemblance, que le fait visé par Paul aurait été antidaté et plus ou moins transformé dans les Actes ?. La vision de Jacques pourrait avoir eu lieu en Galilée, et même à Nazareth ?, si elle a déterminé le « frère du Seigneur » à se joindre aux apôtres, ou bien à Jérusalem, si Jacques a été gagné à la foi avant cette apparition. Le témoignage de l'Évangile des Hébreux ‘ est loin d'être décisif en faveur de la seconde hypothèse.

lumière, mais qu'ils n'entendirent pas la voix. Ce qui est certain c’est que les compagnons de Paul n’eurent pas comme lui la vision du Christ ressuscité. Le trait ne manque pas de signification.

1. Vox Dosscaürz, Probleme des Apost. Zeitalters (1904), 21 ; JüzicHer, dans Die christliche Religion (1905), 70.

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