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parole, ce qui ne laisse pas d'être fort extraordinaire !, et ils sont uniquement préoccupés d'empêcher la vérité de se répandre. Ils tiennent conseil avec les anciens, car l'évangéliste ne ménage pas les séances du sanhédrin. Il est bien superflu de chercher si la séance dont il s'agit avait où non un caractère officiel. Il n’y a pas lieu non plus de se demander pourquoi les soldats romains vont faire un rapport aux prêtres, sans avertir leurs supérieurs hiérarchiques, ni pourquoi ils sont supposés compromis vis-à-vis de Pilate à raison d'un accident qui n'est désagréable que pour les prêtres. Les membres du sanhédrin prennent le parti d'acheter le silence des soldats. Ceux-ci raconteront dans la ville que les disciples ont enlevé le corps de leur Maître, pendant que la garde dormait ?.

Ces sentinelles qui déclarent avoir dormi, et qui savent ce qui s'est …

passé durant leur sommeil, ont un rôle quelque peu ridicule. Mais l'évangéliste n'a pas prétendu leur en donner un sérieux, et l’on peut dire aussi qu'il n'a pas eu grand souci de la vraisemblance. Seulement, comme tout le monde sait que les soldats romains ne . montent pas la garde en dormant, la fausseté du discours éclate aux yeux du lecteur, et cela suffit.

Les prêtres se font forts d'apaiser Pilate si le gouverneur vient à connaître la négligence dont les soldats s’avoueront coupables. Est-ce de cette négligence ou de ses suites que le gouverneur sera fâché ? S'il s'agit des suites, comme tout porte à le croire, puisque la négligence en elle-même n'est pas un cas très grave, il faut supposer que Pilate aurait été capable de prévoir, dès le premier moment, la fondation du christianisme et le mouvement religieux dont la résurrection du Sauveur a été le point de départ. Les soldats prennent l'argent et colportent le mensonge qu'on leur a suggéré. De là vient, observe l'évangéliste, que ce mensonge court encore aujourd’hui parmi les Juifs ?.

4. Cf. Braxpr, 331. « La légende chrétienne prête aux autorités juives la croyance chrétienne, tout en leur laissant l'incrédulité juive. Les Juifs croient, dans leur for intérieur, que Jésus est ressuscité miraculeusement; mais, au lieu de reconnaître le Messie, ils continuent à combattre sa cause.» SrrAuss, 11, 385. : ; ”

2. V. 13. <iraxe Oct oi maÜnrai aûrod vuxzos 2Âôvres Exheday adtoy fuGv zommwué= vuy. Ce discours est coordonné, dans la pensée de l'évangéliste, à celui de xxvIr, 64.

3. Le mensonge des gardes est expliqué autrement dans l'Év. de Pierre : w.

LE SÉPULCRE JÉY!

Cette histoire des gardes au tombeau parait conçue tout entière en vue de la situation où l'apologétique chrétienne se trouvait à l'égard des Juifs après la mort des apôtres et de la génération qu avait vu la mort de Jésus, puis la fondation de l'Église chrétienne à Jérusalem. Dans les premiers temps du christianisme, comme les premières apparitions du Sauveur avaient eu lieu en Galilée, et que sans doute aussi les apôtres alléguaient les apparitions, non - Ja circonstance du tombeau vide, comme preuve de la résurrection, personne ne les accuse d’avoir pris le corps de leur Maître pour faire croire qu'il était ressuscité. C'est seulement plus tard, pour faire obstacle à la prédication de disciples qui prouvaient la résurrection par le témoignage d'autrui, et après qu'on eut fait valoir le récit du tombeau trouvé vide, que les Juifs imaginèrent la fable de l’enlèvement. Si cette fable n'a pas été inventée à Jérusalem, on la présenta néanmoins comme un fait connu d'abord dans cette ville. L’évangéliste l'a rencontrée dans le milieu où il vivait; il y a opposé la réponse qu'on vient de voir, et que d'autres peut-être avaient déjà ébauchée avant lui. La calomnie se répandit naturellement dans tous les endroits où la propagande chrétienne se trouvait en contact avec le judaïsme f.

45. « Ayant vu ces choses (ce qui a été raconté vv. 35-44, supr. p. 134, n. 2), ceux qui étaient avec le centurion s'en allèrent promptement trouver Pilate pendant la nuit, laissant le tombeau qu'ils gardaient, et ils racontèrent ce qu'ils avaient vu, très tourmentés, et disant : « C'était vraiment le Fils de Dieu » (cf. Mc. xv, 39. On sait que, dans l'Év. de Pierre, ce ne sont pas les soldats romains qui président au crucifiement ; c'est peut-ètre ce qui explique pourquoi la confession du centurion a été transportée en cet endroit). 46. Pilate leur répondit en disant : « Je suis innocent du sang du Fils de Dieu; c’est vous qui avez voulu cela » (cf. Mr. xxvir, 24). 47. Venant ensuite le trouver tous, ils lui demandèrent et le prièrent de commander au centurion et aux soldats de ne pas dire ce qu'ils avaient vu : 48. « Car il vaut mieux, disaientils, encourir devant Dieu la responsabilité de cette grande faute que de tomber aux mains du peuple des Juifs et d'être lapidés. » 49. Pilate ordonna donc au centurion et aux soldats de ne rien dire, » Il semblerait que l’on veut expliquer pourquoi Pilate n’a point protesté contre la calomnie des Juifs:

1. Cf. Jusnn, Dial. 17, 108 ; I, 37. Sur le parti que certains critiques modernes ont cru pouvoir en tirer, cf. supr. p.720, n.2..

A. Lorsx. — Les Évangiles synoptiques, Il. 4

LXXX VII 5 LE RESSUSCITÉ je

5 QE Marra. xxvint, 16-20. Luc, xxiv, 13-53.

Les récits évangéliques où sont racontées les apparitions du Christ ressuscité ne sont pas le plus ancien témoignage Nouveau Testament sur le sujet. Saint Paul, voulant prouver q la résurrection des morts sera une réalité physique et une xé résurrection des corps, écrivait aux Corinthiens !, bien avant seul de nos Évangiles canoniques fût Med 2: «Je vous ai.

< et quelques-uns sont re ensuite, il est apparu à Jacques, P à tous les apôtres ; après D les autres, comme à l’avorton il m'est À apparu aussi. Car je suis le moindre des apôtres... Mais soit moi, 4 LE soit eux, voilà ce que nous prêchons, et voilà ce que vous avez … ass cru. » | L'intention, que montre l’Apôtre, d'énoncer dans l’ordre ch nologique les apparitions principales du Christ ressuscité, dor - à son témoignage une signification particulière. Mais la mention du miracle qui l'a converti est doublement instructive. Paul n'a pas … vu le Sauveur sur le chemin de Damas, il n’a fait que l'entendre 3 2

ï re. |

1. On admet communément que les Épîtres aux Corinthiens ont été écrites | en l'an 57. Harnack les place en 52-53. 2 5 SR 2. I Cor. xv, 3. raptômxa yap buiv ëv rpwtowx, 0 ai rapshafov, 6: Nororôs ärdave a ürèo tov auapriGv Nuv xaTàx Tus yoapas, xai tt tapn, xai Ott ÉVNYEPTAL TA UP Th toitn natà zas yoapds, 5. xai Ov: GpÜn Knp&, ira roïs dudexa" 6. Ére:xa GEÜn ÉTavw revtaroiots adehpois igdraë, 2 @v oi rhstoves uévouaty Éws &ott, TivÈs DE ÉxotNONSaV" r* 3 Ereta &oôn ’Iarwifu, sita vois aroscéhots rüotv' 8. Ésyaroy DÈ révruwy Garspei r&

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3. Cf. Acr. 1x, 1-49 ; xxur, 1-24 ; xx vr, 9-48 ; Gaz. 1, 15-17 ; I Con. 1x, 4:

entendre une voix, après avoir été ébloui par une lumière. Néanmoins il compte ce phénomène pour une apparition, pour une vision, de même nature et de même portée que celles dont Pierre et les premiers fidèles du Christ ont été favorisés. Il se représente ces apparitions comme des incidents passagers; il n’a pas l’idée d'un séjour continu du Ressusscité auprès des siens, des quarante jours de vie commune dont parle l'auteur des Actes !. On peut ajouter qu’il n'a pas non plus l'idée de scènes analogues à celles que Luc décrit dans son dernier chapitre. De plus, la conversion de Paul n’a eu lieu qu'assez longtemps, plusieurs années peut-être après la résurrection du Christ; le miracle qui l'a provoquée ne laisse pas d’être rangé dans la série des manifestations par lesquelles Jésus lui-même a prouvé à l'Église naissante qu'il était ressuscité. Il est vrai que la vision de Paul vient la dernière, et rien n'empêche d'admettre un intervalle notable entre cette vision et l'apparition « à tous les apôtres », qui est mentionnée aupara- vant; mais on irait contre toutes les vraisemblances en isolant: complètement les cinq premières apparitions de la sixième, et en: plaçant toutes celles-là le même jour, ou dans une courte suite dejours, à égale distance de la dernière.

Bien que Paul n'indique ni le lieu ni le temps des apparitions, il donne suffisamment à entendre qu'elles se sont produites en des endroits différents et à des intervalles plus ou moins inégaux et éloignés. On peut dire aussi que l'Apôtre ne connaissait pas d'autre apparition importante que celles dont 1l a parlé. Ou bien il a ignoré, comme Mare et Luc, l'apparition du Sauveur aux femmes, ou bien il l’a jugée accessoire, Mais il ne paraît pas même soupçonner l'histoire de la découverte du tombeau vide : il serait puéril de supposer qu'il n’en dit rien pour ne pas alléguer un témoignage de femmes ?. L'histoire des disciples d'Emmaüs lui était inconnue : il y aurait plus que de la subtilité à soutenir que Paul l’a omise parcequ'il ne parle que des témoins officiels de la résurrection #, comme si les « cinq cents frères » étaient des témoins plus ofliciels que ces. deux disciples.

En observant que les apôtres enseignent la même chose que lui,

1, 4-5, . AgBotT, EB. II, 1787, et plusieurs autres.

MSanpar, DB,11, 639.

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