‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 66 sur 672 · EP · texte numérisé non relu

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que le coupable a donné satisfaction, ou bien, si la satisfaction a été refusée, ils se Joindront à celui qui a d'abord connu le péché, pour dénoncer le pécheur à la communauté.

Le jugement de celle-ci est la dernière instance. Si le pécheur, cité devant elle, ne consent pas à s'amender, il devra être traité comme un étranger, « comme un païen et un publicain ! », c’està-dire comme un homme sans foi et sans moralité. Pour être judaïsante, la comparaison n'en convient pas mieux à Jésus, que l'on ne s'attend pas à voir autoriser implicitement le mépris à l'égard des publicains. L'emploi du mot « église » suppose aussi l’existence des communautés constituées en dehors du judaïsme, et formant des groupes autonomes qui exercent sur eux-mêmes une sorte de police. L'ordre d'éviter le pécheur impénitent n'est pas en contradiction avec le précepte du pardon indéfini, car la contradiction n'existerait que si l'un et l’autre devaient être attribués réellement à Jésus, et se rapportaient au même objet: ils correspondent à des situations toutes différentes, et n'ont pas le même caractère. L’obligation de ne plus regarder comme frère celui que la communauté ne peut ni ne veut plus compter parmi les siens est dictée par l’intérêt de la moralité sociale dans une communauté organisée ; elle ne dispense pas le chrétien du pardon à l'égard de quiconque s'est rendu coupable d'un tort personnel envers lui; tandis que l’obligation évangélique du pardon ne concernait que des individus appelés au royaume des cieux, et qu'on ne voyait pas formant une société particulière. Dans l'Évangile de Jésus, le péché se présente comme un fait individuel, qui ne fait tort qu'à des individus; comme Dieu le pardonne, l’homme aussi, en tant que le péché lui a porté préjudice, doit le pardonner; dans la communauté que vise l'évangéliste, le péché n’est pas seulement injurieux à Dieu et susceptible de causer dommage aux hommes, il est un attentat contre la société des saints, et il doit disparaitre, soit par le repentir immédiat, soit par l'élimination du pécheur.

La situation est encore très simple ?, et un régime de pénitence n'est pas encore indispensable entre le péché, même désavoué, et l’absolution. Il est question de la communauté sans que l'on

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