‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 93 sur 672 · LE SABBAT · texte numérisé non relu

LE SABBAT

venir près de lui. Il lui annonce qu'elle est guérie, et en même temps il lui impose les mains ! : elle est guérie en effet, car elle se redresse et bénit Dieu pour la grâce qu'elle vient de recevoir. Cependant, le président de la synagogue ?, c'était certainement un pharisien, se scandalise de cette guérison opérée le jour du sabbat ; n'osant pas s'attaquer directement à Jésus, il s’en prend à la foule, qui, dit-il, fait travailler celui qui la guérit, et devrait au moins ne se faire soigner que dans les jours ouvrables.

Jésus a déjà réfuté cette argumentation de casuiste, en disant qu’on a le droit et même le devoir de faire du bien à son prochain le jour du sabbat. C'est ce qu'il dit encore ici sous une autre forme : les plus scrupuleux observateurs de la Loi mènent à l'abreuvoir leur bœuf et leur âne le jour du sabbat; s'ils se croient permis de rendre ce service, intéressé d'ailleurs, à des animaux sans raison, sera-t-il défendu de porter secours à une fille d'Abraham 3, affligée depuis si longtemps ! Comme le chef de la synagogue ne s’est pas adressé à Jésus, le Sauveur ne lui répond pas non plus directement. Il s'adresse au groupe dont le président s'est fait l'interprète, à ceux qui pensent comme lui, et il les appelle hypocrites 4. Cette épithète, ordinairement appliquée aux pharisiens, convient d’autant mieux à la circonstance, que ce grand zèle pour le sabbat dissimule un désir plus ardent encore d'entraver l’action de Jésus.

La conclusion : « Et quand il disait cela, tous ses adversaires étaient confondus », paraît être une réminiscence d'Isaïe 5. Ce qui suit : « Toute la foule se réjouissait de tous les prodiges qui se faisaient par lui », a de quoi surprendre après un miracle isolé ; mais le récit a pu être rédigé d’abord pour terminer une série, et ces formules ne doivent pas être interprétées avec rigueur 6, ou plutôt celle-ci est en rapport avec le sens mystérieux que l'évangéliste a trouvé à cette anecdote.

1. Cf. Mc. vu, 32. Parole et geste sont simultanés ; les deux opèrent la guérison, et, vu le caractère du récit, il n’est pas à supposer (avec J, Weuss, 504) que l'imposition des mains aurait été ajoutée par l’évangéliste.

2, Cf. I, 814.

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