‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 95 sur 672 · xx, 14 (xx, 16 b · texte numérisé non relu

xx, 14 (xx, 16 b

3. Noter oktyot dans Mr. vu, 14 b. I, 654-635. Ss. lit, dans Lc. 23-24 : « Jésus lui dit : « Efforce-{oi d'entrer », etc.

+. Cf. B. Weiss, Lk. 510.

Dans le texte abrégé du troisième Évangile, Jésus ne expressément que peu de gens pourront passer par la porte étroi c'est-à-dire seront sauvés, mais il le donne à entendre en disa que beaucoup ne pourront pas entrer. Il semble toutefois qu'on n'a pas voulu attirer l'attention sur ce petit nombre, mais sur ceux . seront exclus du royaume, à savoir les Juifs incrédules, et sur ES Gentils qui y seront admis à leur place. Telle est l'impression qui. Ë résulte du discours pris dans son ensemble, et tel a été le point de vue de l’auteur : un petit nombre de Juifs entreront dans le royaume; la plupart se seront voués eux-mêmes à la géhenne:; mais Dieu recrutera de nombreux élus parmi les nations. La métaphore de la « porte étroite », et la comparaison des retardataires, dans leur sens primitif, ne concernent pas la conversion des Gentils : la première insiste sur les difficultés à vaincre pour être sauvé, la seconde sur la nécessité d’être prêt pour l'avènement du royaume. La porte étroite est la repentance, condition indispensable pour avoir part au royaume des cieux, quoique le plus grand nombre ne veuille pas s’y soumettre. De la simple exhortation contenue dans le premier Évangile, le troisième fait un pressant appel, motivé sur ce que le royaume est près de venir, et qu'il ne sera … bientôt plus temps de faire pénitence pour y entrer. Grâce à cette modification, la comparaison de la porte étroite a pu servir d'introduction à la parabole qui suit.

La parabole n'a pas non plus son développement complet. Elle n'est pas annoncée comme parabole, et ressemble plutôt à une description allégorique. On dirait qu’elle a été rattachée à la comparaison !, parce qu'il y est aussi question d’une porte à laquelle on vient frapper. Mais la signification de la porte n’est pas la même

1. La liaison est artificielle et ne va pas sans difficulté, car on ne voit pas d’abord si le v. 25, &” où äv éyeoôÿ xt, se rattache grammaticalement à ce . qui précède (cf. v. 7), ou constitue une phrase indépendante. Et dans la dernière hypothèse, on peut encore se demander si le v. 25 tout entier forme une phrase antécédente, subordonnée au v. 26, ou bien si la phrase antécédente s'arrête à : « Seigneur ouvre-nous », la suite : «répondant, il vous dira : « Je ne sais pas d’où vous êtes », formant la proposition conséquente. Le v. 25 pourrait être une intercalation de Luc résumant la parabole des Vierges ; les vw. 26-27 feraient une suite naturelle au v. 24, et le rapport avec Mr. vu, 13-14, 21-23, donnerait à penser que la leçon de la porte étroite et l'avertissement à 4 ceux qui avaient bu et mangé avec le Sauveur voisinaient dans la source com- 2 mune de Matthieu et de Luc (cf. B. Weiss, loc. cit.).

dans les deux cas : la première porte est la pénitence qui donne accès au royaume de Dieu; la seconde est l'obstacle insurmontable

qui s'oppose à l'entrée des impénitents dans le royaume une fois

venu. La parabole met en scène un maître de maison qui, donnant

un festin, et ayant reçu ses invités à l’heure dite, se lève pour aller fermer sa porte, puis s’abandonne à la joie avec ses amis: il ne se P 1 , dérange pas pour ceux qui arrivent en retard, et les traite comme D ; des étrangers inconnus.

Ce tableau paraît être un raccourci de la parabole des Dix vierges !. L'influence de cette parabole est surtout sensible dans le dialogue ? qui se tient à travers la’ porte fermée : « Seigneur, ouvre-nous. — Je ne vous connais pas. » La forme parabolique n'en est pas moins abandonnée en certains endroits, puisque Jésus s'adresse à ses auditeurs : « Vous vous mettrez, étant restés dehors, à frapper à la porte », et plus loin : « Vous vous mettrez à dire. » En plaçant ces mots : « Tu as enseigné sur nos places », dans la bouche de ceux qui sont exclus du festin, il semble se désigner luimême comme le maître de la maison, ou plutôt comme chef du royaume des cieux. « Retirez-vous de moi tous, ouvriers d'iniquité » n'est pas la réponse d’un père de famille qui ferme sa porte à des importuns, c'est la sentence du Juge qui livre les réprouvés au chätiment éternel. Ces ouvriers d’iniquité sont les Juifs qui n'ont pas voulu écouter Jésus. Tout le passage offre donc un mélange de données paraboliques avec une instruction, d’ailleurs bien conservée, que Matthieu a exploitée à la fin du discours sur la montagne ? : il ne suffit pas d’avoir connu Jésus pour entrer dans le royaume des cieux, si l’on n'a pas fait la volonté de son Père.

La parabole ayant tourné en allégorie, et les conviés qu'on chasse étant les Juifs incrédules et impénitents, qui seront, au jour du grand jugement, condamnés à la géhenne, on n'est pas étonné de trouver dans la conclusion la menace des supplices infernaux : « Là », c'està-dire dans le lieu où seront envoyés les réprouvés, « 1l y aura les

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