Cf. supr. p
voyage de Judée sont très vagues comme récit, et de valeur historique incertaine ; elles ont été recueillies ou arrangées pour le symbolisme . La menace d'Hérode a chance d'être un écho de la tradition historique, mais la signification de l'incident est complètement perdue dans la rédaclion de l’évangéliste ?. L’anecdote des dix lépreux * est un cas analogue aux deux histoires sabbatiques dont il vient d'être question, et l'on peut en dire autant de Zachée ‘, bien que le héros de l’histoire soit nommé. La comparution devant Hérode semble être dépourvue de toute réalité ; en soi, c'est une fiction parallèle à l’épisode de Barabbas; mais quoi qu'en pensent plusieurs critiques, Luc ne semble pas avoir inventé l’une plus que l’autre *. Les récits de la résurrection matérialisent et transforment les données primitives, et même les légendes antérieures, à un point tel que l'historien n'en peut rien retenir comme matière de fait. Luc a voulu prouver la réalité physique de la résurrection et l'institulion formelle du christianisme par le Christ lui-même.
Le caractère fictif des récits de l'enfance est moins apparent dans le troisième Évangile que dans le premier, parce que ces récits sont beaucoup mieux construits comme légende et ne ressemblent pas à un midrash sur les prophéties messianiques ÿ. Le merveilleux en est moins banal et moins enfantin. Ils tiennent plus de compte des vraisemblances historiques. Il paraït cependant impossible de leur reconnaitre une plus grande valeur de fond. Les imitations de l'Ancien Testament sont flagrantes. L'annonciation et la naissance de Jean-Baptiste sont un produit de l'imagination légendaire, et les noms même de ses parents pourraient bien n'appartenir pas plus à l'histoire que le personnage de l’ange Gabriel. L'annonciation du Sauveur et sa naissance à Bethléem n'offrent pas plus de garanties. Le moyen presque mécanique dont le narrateur s’est servi pour faire naïtre le Christ dans la patrie de David se fonde sur un anachronisme des plus fâcheux, le recensement de Quirinius étant postérieur d'une dizaine d'années à la mort d'Hérode le Grand. Il est douteux que l'’anecdote de Jésus à douze ans repose sur un souvenir authentique. Les deux premiers chapitres de Luc intéressent l’histoire des croyances chrétiennes, non l'histoire du Christ. Sa généalogie du Sauveur nest pas plus à considérer que celle de Matthieu.
Mais l'incompatibilité des deux Évangiles sur les circonstances qui ont
Cf. supr. pp. 155-156.
Cf. supr. p. 156.
Cf. supr. p. 158.
Cf. supr. p. 159.
Cf. supr. p. 162.