LE CARACTÈRE ET LE DÉVELOPPEMENT DE LA TRADITION ÉVANGÉLIQUE
L'Évangile de Jésus n'était pas un livre, mais l'annonce du salut, du prochain avènement de ce règne divin qu'israël attendait. Jésus ne préchait pas pour laisser à la postérité un document de sa doctrine, mais pour attirer les âmes à l’espérance dont :l était lui-même embrasé. Les apôtres qu'il avait recrutés ne se souciaient pas davantage d’amasser des souvenirs pour l'histoire. Maitre et disciples, absorbés dans leur œuvre, persuadés que le royaume céleste allait ètre immédiatement réalisé, ne songeaient pas à fonder leur religion sur un livre, ni même à fonder une religion. L'Évangile continuant à être prêché sans que l'avènement glorieux du Christ et du royaume se produisit, le christianisme naquit. On eut le temps, et l’on eut besoin de se souvenir de ce que Jésus avait dit et
. de ce qu'il avait fait; mais on s’en souvint, s'il est permis de s'exprimer
ainsi, dans la mesure et dans la forme que réclamait l'intérêt de l'œuvre évangélique, devenue bientôt, par la force des choses, l'édification de l'Église chrétienne. Pour prêcher l'Évangile après Jésus, on dut répéter ce que Jésus avait enseigné, raconter Jésus lui-même, son ministère, sa mort et sa résurrection; mais on ne pouvait pas se borner à raconter, il fallait prouver le Christ et interpréter le royaume ; la tradition apostolique ne pouvait pas vivre que de souvenirs; ce fut une élaboration constante et progressive des impressions reçues et des souvenirs gardés. Avec le temps, pour l'avantage et l’on peut dire le besoin de la propagande chrétienne. celte élaboration se cristallisa dans des écrits qui étaient des instruments d’apostolat. La tradition évangélique est la prédication chrétienne des premiers temps, et l'histoire de la littérature évangélique n'est pas, à proprement parler, une histoire littéraire, la simple évolution d'un travail et d’un mouvement intellectuels, mais elle nest qu'une face de l’activité missionnaire du christianisme naissant. La considérer en elle-même, abstraction faite de cette activité, serait déjà la méconnaitre et s'empêcher d'en entendre la signification, d'en saisir le caractère.
Ce que les apôtres commencèrent à prêcher, ce n'était pas l'histoire du Chnist, ce n'était pas davantage un thème d'enseignement fixé par lui, ni l'annonce du rovaume céleste telle que Jésus lui-mème l'avait for-
mulée jusqu'à son dernier jour !. La mort inattendue, terrifiante, du prédicateur avait dérangé l'équilibre de la cette foi retrouva une assiette ferme dans la croyance à la 1 elle avait fait déjà un grand pas en dehors des limites où s'étai mée la prédication de Jésus. Maintenant, pour se répandre, cette n'avait pas à traiter immédiatement du royaume, mais du Christ, dont il fallait que la manifestation FR acquise, bien qu'elle fût retardée. pr
sur + croix, ne Fur pas d'être le Chill PR était la tâche qui s'imposait à ses disciples. Pour la remplir, il ne leur suffisait pas de se rappe-” ler, ils avaient besoin de trouver des arguments à l'appui de leur foi. Ils en trouvèrent. Si la pensée de Paul tourne en quelque sorte autour À de la passion et de la résurrection pour en faire la base de la théolopiE 4% chrétienne, c'est que ce point formait déjà le centre de la prédication apostolique. Pour les apôtres galiléens, aux premiers jours de leur ministère, il ne s'agissait pas encore de construire sur ce thème une théorie de la rédemption; mais 1l fallait montrer comment la mort et la résurrection de Jésus, que l’on disait Christ, rentraient dans l’économie des desseins providentiels sur le Messie et le salut du monde. L'argument des Ecritures était l'unique ressource, et l'on ne pouvait s'en passer. Une importance particulière ne s’attacha pas d’abord aux souffrances de la passion, et l’on semble, pour commencer, avoir moins envisagé la mort en elle même que comme condition préliminaire, indispensable et prédite, de la résurrection. Quant à celle-ci, il est très remarquable qu'on ait été moins préoccupé de la démontrer comme fait humainement inexplicable, comme le miracle des miracles, à la façon des apologistes modernes, que comme une volonté indiscutable de Dieu sur son Christ. On prêcha la résurrechüon de Jésus, on allégua les apparitions du Sauveur ressuscité; mais, aülant qu'il est permis d'en juger, ceux-là mêmes qui en avaient été favorisés n'insistaient pas sur leurs expériences indépendamment de la nécessité providentielle qui résultait du témoignage scripturaire. Il est de toute invraisemblance que les textes de l'Ancien Testament aient suggéré aux disciples de Jésus la résurrection de leur Maître ; mais ce qui paraît certain, c'est que cette idée, aussitôt que née, chercha som appui, sa défense, sa preuve, dans les Écritures, et qu'elle les y trouva.
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« Le Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures », dit Paul ?; a 2: dr ; E va MA : ARS EURE « il a été enseveli et il est ressuscité le troisième jour selon les Eeri- * . = : Ne. -
tures ». Les textes sont tels que leur application au sort de Jésus ne