‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 164 sur 807 · I Cor. xv · texte numérisé non relu

I Cor. xv

pouvait être effectuée que par la foi, qui seule pouvait la trouver évidente, et conséquemmeut aussi nécessaire que légitime.

Toutefois le thème de la résurrection ne prêtait pas à de longs développements, et la tradition a tiré assez peu de choses des textes. On n'y trouva que des assertions vagues, non des traits faciles à accorder avec les souvenirs primitifs, et propres à les compléter. Mais ce résultat tient peut-être autant à l'imprécision des souvenirs qu'à l'insuffisance des prophéties anciennes. La circonstance du troisième jour, la seule que Paul allègue pour déterminer le fait, ne provient sans doute pas de la Bible, mais de l'idée populaire d’après laquelle le corps et l'âme du défunt étaient définitivement séparés l’un de l’autre au bout de trois jours !. Après ce temps, la résurrection aurail été inconcevable ; plus tôt, c'est la mort qui aurait pu sembler douteuse. La foi à la résurrection ne prit consistance qu'un certain temps après la mort de Jésus, et il est probable que pas un de ses disciples n'en avait encore seulement l'idée trois jours après la passion ; mais il est aisé de concevoir que le premier besoin de la croyance au Ressuscité fut de préciser le temps où Jésus avait cessé d'être mort pour devenir immortel. Le chiffre de trois Jours s'imposa ; mais la tradition parait avoir hésité quelque temps sur le mode d’application. Était-ce « après trois jours ? de mort », ou bien « le troisième Jour ÿ » après sa mort, que Jésus était revenu à la vie? Selon la première hypothèse, l'aventure de Jonas dans le gros poisson pouvait être présentée comme un exemple typologiquement prophétique de ce que Dieu voulait faire pour le Christ‘. Dans le second cas, un passage d'Osée * offrait une base à l'argumentation. La détermination du dimanche, surlendemain de la mort, comme jour de la résurrection, ne parait pas avoir son origine dans un souvenir traditionnel ni dans l'influence d’un texte biblique, mais dans l'usage, qui, de très bonne heure, fit du premier jour de Ja semaine le jour de la réunion chrétienne et le jour du Christ. L'usage lui-même ne résulte peut-être pas seulement de ce que les premiers fidèles de l'Évangile ont été amenés à prendre pour leurs assemblées le premier jour libre après le sabbat, mais de ce que le jour du soleil devint comme naturellement le jour du Sauveur chez les chrétiens arrivés du paganisme *. Ainsi se comprendrait l’anomalie singulière de

1. Le recours au chiffre apocalyptique 3 1/2, proposé par GunkeL, Zum religionsgeschichtlichen Verständnis des N. T. 79-82, ne paraît pas justifié.

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