‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 185 sur 807 · Cf. Mc. vi, 3; Mr. xux · texte numérisé non relu

Cf. Mc. vi, 3; Mr. xux

GMGNC 207:

JM 2 etre te

pour ce règne de justice dont le Baptiste prédisait la venne imminente. Il se fit baptiser et resta ensuite quelque temps au désert.

On ne saurait dire s'il eut avec Jean des relations suivies: Il parait plus probable que non'. Il n’est pas certain davantage que l'instant même de son baptême lui ait apporté la révélation subite de sa vocalion messianique. Ce rapport n'a rien d'impossible, mais il a pu aussi être établi ou du moins précisé par la tradition. Ce qui parait le plus vraisemblable est que Jésus, de plus en plus dominé par la préoccupation du royaume céleste, a passé quelque temps dans la solitude; là il fut poursuivi par la conscience de plus en plus nette de sa propre vocation ; un événement dont il ne pouvait manquer d’être frappé, la captivité de Jean-Baptiste, lui fit prendre un parti définitif ? : puisque le prophète du royaume était condamné au silence, il allait prendre sa place, et à un tre d'autant meilleur qu'il se sentait prédestiné lui-même au rôle d'agent principal dans le royaume, à la fonction de Messie.

La Galilée, son pays d'origine, lui parut un terrain préférable, parce que plus sûr, à celui où Jean avait exercé son activité. Il y revint donc, mais non dans la région de Nazareth. Il commença à prêcher au bord du lac de Tibériade, à Capharnaüm et dans la banlieue. Ses premiers disciples furent recrutés parmi les pêcheurs du lac. Sa prédication ne différait pas sensiblement de celle du Baptiste; lui aussi annonçait le prochain avènement du royaume ; mais on dut sentir, dès le début, qu'il s'attribuait dans cet avènement une place considérable que Jean ne se réservait pas. En tout cas, son action personnelle fut plus puissante sur l'imagination populaire que celle de Jean, et ce n’est pas seulement sa parole qui impressionna d’abord les masses : Jésus enseignait et 1l faisait des miracles.

Il en faisait presque malgré lui. Dès son premier séjour à Capharnaüm *, on lui amène des malades à guérir. Sa propre popularité l'effraie ; il craint que le thaumaturge ne fasse tort en lui au prédicateur du royaume, et 1l s'éloigne de Capharnaüm ‘. Vaine précaution. L'élan une fois donné, le mouvement ne s'arrête pas; Jésus veut prêcher et converür, 1l faut qu'il guérisse. Pourrait-il se refuser au soulagement que Dieu opère par ses mains ? Il agit avec une efficacité particulière sur la catégorie de malades que l’on regardait comme spécialement possédés du démon, les malheureux atteints d’affections nerveuses et de troubles céré-

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