‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 194 sur 807 · Mc. xrv, 3 a. Cf. supr. p · texte numérisé non relu

Mc. xrv, 3 a. Cf. supr. p

vin, mais il ne dissimula pas à ses fidèles que c'était la dernière fois : « Je vous dis en vérité que je ne boirai plus de ce produit de la vigne avant qu'arrive le règne de Dieu !. » Ces paroles ne donnent aucunement à entendre qu'un long lemps s’'écoulera entre le jour présent et l'avènement du royaume ; elles ne signifient pas davantage que la mort du Christ doit se placer entre les deux. Elles signifient qu’on est à la veille d’un changement radical, et que l’on ne peut répondre du lendemain : demain, ce sera peut-être le royaume espéré; mais ce peut être aussi une crise terrible, en attendant qu'’arrive le royaume qui ne saurait tarder. Les jours paisibles de la prédication galiléenne sont bien passés : alors on pouvait aller sans bourse, ni besace, ni chaussures, et ne manquer de rien ; maintenant il faut se pourvoir, et la provision à faire est celle d'une épée. « Nous en avons deux », répondent les disciples. Et toute la troupe se rend, comme les jours précédents, sur la montagne des Oliviers pour y passer la nuit ?.

Cependant Judas, l’un des Douze, s'était abouché avec les ennemis de son Maître ?. Lui seul a connu les motifs qui ont pu le déterminer à cette trahison. Le principal dut être la désillusion. Peut-être voyait-il mieux que les autres les dangers que courait non seulement leur espérance, mais leur existence personnelle. Il n'était sans doute pas homme à senür la beauté morale d’une tentative sans espoir humain. Il ne voyait pas du tout s'approcher le royaume, et il voyait venir la mort. Quelles qu'aient été les circonstances particulières de ses pourparlers avec les chefs du temple, un fait est certain, c'est qu'un coup de main fut concerté dont il était l'agent principal. Sachant où l’on pouvait trouver Jésus cette nuitlà, 11 se chargea d'y conduire une troupe armée que les prêtres avaient aisément recrutée parmi les gardes du temple et les gens de service; la troupe s’emparerait de Jésus, et, le lendemain matin, les prêtres le livreraient à Pilate, qui était venu, suivant l'usage, de Césarée à Jérusalem pour veiller au maintien de l’ordre pendant les solennités de la Pâque.

Jésus était en un lieu appelé Gethsémani. L'’impression qu'il avait manifestée pendant le repas régnait encore dans son âme. Il sentait que le moment de la grande épreuve, de la suprême « tentation », était venu. En arrivant à l'endroit où il se proposait de passer la nuit, 1l avait invité ses disciples à prier pour que le danger prévu l’épargnât; lui-même s'avança un peu et, prosterné contre terre, il pria pour que « si c'était possible, cette heure s’écartât de lui ». Son âme se rasséréna dans la prière, il s’affermit dans la confiance en son Père céleste, et. au bout d’un

4. Mc. xiv, 22 a, 23, 25; Lc. xxx, 44-18. Cf, supr. pp. 100, 160. 2. Lo. xx11, 35-39.

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