Voir l'analyse de Mc. x1v, 43-50, supr. p
3. Voir l'analyse de Mc. xiv, 53-54, 66-72, supr. p. 102. 4. Cf. Scnürer, II, 208-210.
reth prétendait évidemment à la dignité messianique, par conséquent à la royauté d'Israël, d'où l’on pouvait conclure qu'il méditait le renversement de la domination romaine. D'autre part, il n'avait commis aucun acte de révolte contre cette domination; non seulement 1l n'avait pas fait appel aux armes, mais il n'avait pas dit un seul mot qui püt exciter ses compatriotes à la rébellion. On à pu voir comment il avait tourné un problème scabreux, celui du tribut. Sa conduite démentait en quelque façon la prétention qu’on lui attribuait, et qu'il avait réellement. Il est à croire que les arguments des prêtres étaient, pour la plupart, des paroles mal comprises, des inductions fausses ou de pures calomnies. Le silence de Jésus faisait la partie belle aux accusateurs; mais, quand même il aurait parlé, le fond de la question n'aurait pas été plus intelligible pour Pilate. Jésus aurait pu se disculper sur les détails, il n'aurait pu nier sa propre mission, et cette nussion, telle qu'il la voyait encore à cette heure ernilique, ce n'était pas l'institution d’une société spirituelle, compatible avec tous les pouvoirs humains, c'était l'instauration complète du règne de Dieu, à la place de la tyrannie des hommes. Si donc Jésus se tait, ce n'est pas uniquement par dédain pour des adversaires passionnés, ou par suspicion à l'égard du juge, c’est parce qu'il n’y a pas d'explication possible, c'est parce que la situation est sans issue.
L'avenir seul et la force des choses pouvaient suggérer les distinctions opportunes. La parole du Christ johannique : « Mon royaume n'est pas de ce monde ! », n'aurait jamais pu être dite par le Christ de l’histoire. Ce que celui-ci a réellement dit signifierait plutôt le contraire. Car Jésus a parlé enfin devant Pilate. Il a pu se taire quand on a répété la parole qu'il avait prononcée au sujet du temple ?, ou bien même quand on a prétendu qu'il empêchait de payer le tribut à César *, supposé que ce grief ait été formulé, Quand Pilate lui a posé l'interrogation : « Es-tu le roi des Juifs ? » il a répondu affirmativement ‘. Cet aveu a été, pour ainsi dire, enregistré officiellement dans la sentence de mort et sur l’écriteau de la croix *. Les évangélisies ne se trompent pas tout à fait en laissant entendre que le procurateur ne pouvait se dispenser de la condamnation $. En l’état de la cause, et vu l'impossibilité où 1l était de discerner dans le mouvement évangélique autre chose qu'une agitation dont le résultat nécessaire el prévu, sinon le but avoué, était le renversement de