Mc. xv
6. C£. supr. p.103, et voir le commentaire de Mc. xv, 1-4, 15 b, et parallèles.
qu'il n'en RAM à M vie d’un homme et à la vie d'un juif, ne dev
pas hésiter à rendre son arrêt. Il le rendit sans scrupule, et surtout sans … se douter qu'il venait d'assurer pour les siècles des siècles une place à
son nom dans le symbole officiel d’une religion qui devait triompher de l'empire et lui survivre.
L'aveu de Jésus n’était pas une bravade, c'était un acte de courage et de sincérité, un dernier acte de foi. Il ne pouvait pas nier, et le silence sur ce point capital aurait été l'équivalent d'une rétractation. Il parla, toujours confiant dans Celui qui l’avait envoyé. Peut-être sont-ce les derniers mots qu'il ait prononcés avant de mourir. Sans doute il attendit jus-
qu'à son dernier instant le secours que la mort seule devait lui apporter.
Aussitôt après la sentence et la flagellation préliminaire à l'exécution, les soldats chargés de celle-ci l'emmenèrent dans leur corps de garde et y organisèrent une scène de dérision qui était peut-être en rapport avec quelque usage païen : Jésus fut traité en roi de comédie !, puis on l’emmena au lieu du supplice. Comme il ne pouvait porter la croix sur laquelle il devait mourir, les soldats réquisitionnèrent à cet elfet un certain Simon, juif de Cyrène, qui rentrait dans la ville au moment où le triste cortège se disposait à en sortir. Deux autres condamnés, voleurs de profession, devaient être aussi crucifiés ce jour-là. On se rend à l’endroit appelé Golgotha. Bientôt les croix y sont dressées, portant les corps entièrement nus des suppliciés. Il n’était pas encore midi. De longues heures s'écoulèrent. Les soldats gardaient les croix, en attendant la fin; des curieux stationnaient, ricanant sans pitié devant le gibet du « roi des Juifs ». On raconte que les deux voleurs l'insullaient aussi. C’est que la mort des crucifiés pouvait être lente à venir. Celle de Jésus ne tarda pas. Par suite de quelque complication intérieure, il expira subitement, vers trois heures de l'après-midi, après avoir poussé un cri qui étonna les assistants À. Ainsi finit le rêve de l'Evangile ; la réalité du règne de Dieu allait commencer.
On ne saurait dire s'il restait un seul apôtre à Jérusalem le soir de la passion. Quelques-uns peut-être n'avaient pas attendu la mort de leur Maïtre pour prendre le chemin de la Galilée. Les moins timides perdirent toute espérance quand ils virent que le Ciel n'avait pas secouru celui qu'ils avaient salué comme le Messie. Il était de tradition parmi les disciples des apôtres que, le pasteur ayant été frappé, les brebis s'étaient dispersées, qu'il y avait eu grand scandale parmi les croyants, que leur foi à
4. Mc. xv, 16-20. Sur l'incident de Barabbas (Mc. xv, 5-15 a), voir supr. p.403, et le commentaire.