‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 204 sur 807 · Mr. var, 11-12 (Lc. xrnr · texte numérisé non relu

Mr. var, 11-12 (Lc. xrnr

Juifs qui seront réprouvés. Le royaume des cieux n'en est pas moins comme un royaume d'Israël en forme céleste: les Gentils y sont agrégés à Israël, et l'on ne peut pas dire que l'humanité ÿ soit accueillie sans aucune distinction près de Dieu, ou bien il faut reconnaître que, dans la perspective, Israël est presque toute l'humanité.

Cependant l’idée nationaliste du royaume est corrigée en deux points essentiels, à savoir le caractère de sa réalisation et les conditions d’admissibilité. Le règne de Dieu n'est pas une institution politique, et il n'en faut pas chercher l'établissement par les moyens qui servent à fonder les monarchies, à créer, à garantir et à défendre l'indépendance des nations. Les joies du royaume céleste appartiennent essentiellement à l’ordre moral ; sa loi est la justice ; Dieu qui le veut le fera ; les hommes qui y aspirent contribuent à son avènement par la simplicité de leur foi et la pureté de leur vie; essayer de l’amener par la force des armes serait en méconnaitre le caractère el faire injure à Dieu. Par ce côté, l'œuvre du Christ n’a rien de commun avec celle d’un Judas Machabée. Sans doute les élus du royaume ne dépendront d'aucune puissance humaine, la servitude que les nations font peser sur Israël sera détruite, il ne restera aucune place pour l'autorité de César dans la cité de Dieu ; mais Dieu lui-même fera la substitution de sa royauté à celle des hommes. Le respect de Jésus pour les autorités constituées est ainsi tout négatif. Dans sa réponse à la question du tribut, il n'entendait aucunement consacrer le droit de César comme un principe de la société à venir !. Il est impossible que César n'appartienne pas à l’économie providentielle des choses de ce monde; il y appartient comme Sennachérib et Nabuchodonosor ?; il n'appartient pas à l'économie définitive du règne de Dieu, el son pouvoir tombera, comme il convient, avec celui de Satan, dont il est, à certains égards, le représentant ?. En attendant qu'il plaise à Dieu de briser le joug de son peuple, celui-ci doit courber la tête, comme Îsaïe déjà le conseillait au temps des Assyriens ‘, Jérémie au temps de l'empire chaldéen *, La notion purement spirituelle que Jésus se forme du royaume céleste, et la façon dont il veut en préparer l'avènement le dispensent de tout souci à l'endroit des pouvoirs temporels, qu'il ne

#. Voir le commentaire de Mec. xr1, 1-17.

2 Cf. Is. x, 5-19; JÉR. xxv, 1-11.

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