Cf. AP. x11, 1-9; xx
Cf. Dan. vrr:
5 Dan.xir, 2 Cl: Norz, 129-133.
6. « Le royaume des cieux », ñ factAeix ty odpav&y, dans Matthieu, « le royaume de Dieu », % Basthetx rod Üeod, dans Marc et dans Luc (Jean, Actes, Paul), est proprement le règne ou la royauté de Dieu, l'ère messianique. La formule « royaume des cieux » ne signifie pas que le règne de Dieu aura son accomplissement au ciel, ni même qu'il viendra du ciel, si l’on entend par là qu’il y serait préexistant et qu'il n'aurait qu'à descendre tout formé sur la terre. Le règne de Dieu vient du ciel en tant qu'il est l’ordre divin des choses s’in-
ne or, DER il à st femme DR ÉICERES qui lui demandait a
miracle. Parole involontairement dure et méprisante, que le plus fana-
tique des pharisiens n'eûl pas désavouée, et que la glose de Matthieu
atténue en l'interprétant : « Je ne suis envoyé qu'aux brebis perdues de. la maison d'Israël ? ». Il est sous-entendu que d’autres seront envoyés
plus tard aux Gentils *. Mais l'évangélisation ultérieure du monde païen est une idée étrangère à la prédication de Jésus: dans les années qui
suivirent sa mort, les apôtres élaient encore persuadés que la fin vien-
drait avant qu'on eût seulement porté l'Évangile dans toutes les villes de Palestine *. Pour ce qui est de sa destination, le royaume des cieux reste ce qu'il était dans l'enseignement des prophètes. Les promesses faites à
la postérité d'Abraham, d’Isaac et de Jacob se réaliseront d'abord pour
elle; les païens ne sont pas censés y être appelés au même litre que les entants d'Israël, et c'est pourquoi Jésus ne songe pas à les convertir comme les Juifs, ni à les prévenir de la venue prochaine du royaume céleste. Il ne sont pas pourtant exclus du royañme, dont l'avènement, à ce qu'il semble, leur servira de prédication el d'avertissement. C'est alors que « beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident pour se mettre à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux », tandis que « les héritiers du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures * ». Les élus des Gentils prendront la place des
troduisant dans le monde ; mais il semble que, dans l'usage du temps, comme plus tard dans la littérature talmudique, le mot Cieux ait été employé comme synonyme de Dieu pour éviter de prononcer le nom divin (cf. Darman, Die .Worte Jesu, 1, 76-77). L'échange des deux noms dans les Synoptiques confirme cette hypothèse. On peut croire, bien que l'opinion contraire ait des défenseurs très autorisés, que la formule « règne des Cieux » est primitive, et qu’elle a été employée par le Sauveur, sans doute aussi avant lui par Jean-Baptiste.
Marc et Luc auront mis « Dieu » à la place de « Cieux », pour éviter un idio-
tisme hébreu qui aurait déconcerté leurs lecteurs. L’emploi absolu du mot Baorhcta (Mr. 1v, 23; vant, 12 ; 1x, 35 ; xun, 19, 38 ;.xxiv, 14; xxv, 34; La-xrr, 32] appartient au style des évangélistes. Les passages où il est parlé du règne de Jésus (Mr. xvi, 28 ; xx, 21 ; Le. 1, 33: xx, 29-30 : xxur, #2) ne sont pas non plus de tradition primitive.