‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 206 sur 807 · Mr. x1, 20-24 (Le. x · texte numérisé non relu

Mr. x1, 20-24 (Le. x

2 Mr. xr 4410{1:G:.xr, 932)

élle a la Se E der au fond Re corriger. On a pu dire avec raison que Jésus rejoint les prophètes en passant par dessus la Loi !, si l’on entend par Loi le légalisme qui s'introduit en Israël avec la canonisation du Pentateuque, et si l'on observe d’ailleurs que l'esprit des prophètes n'avait pas disparu tout entier avec les prophètes, la piété de la plupart des psalmistes suffisant à montrer que le sentiment intérieur de la religion n'a jamais été tout à fait éclipsé par le souci de la réglementation extérieure. Mais Jésus ne s autorise même pas des prophètes, et il n'a pas eu l'intention de les imiter dans son attitude à l'égard de la Loi: il suit impulsion de sa propre nature et de l'esprit qui est en lui ; il oppose la voix de sa conscience à la tradition des scribes. Là est

précisé ément l'originalité de son enseignement, qui, si on le prenait pièce

à pièce, pourrail se retrouver épars dans les écrits bibliques ou dans les dits des rabbins. Comme tout homme qui parle à des hommes, Jésus prend ses idées dans le trésor commun de son milieu et de son temps; mais, pour le parti qu'il en tire, il ne procède de personne. Cette indépendance résulte probablement à la fois de son caractère et des circonslances de son éducation. Toujours est-il qu'elle s'affirme nettement, et l'on peut dire aussi presque inconsciemment, Jésus ne doutant pas que sa façon d'interpréter et de transformer la Loi ne soit conforme à l'esprit et aux intentions de Dieu, auteur de la Loi. Quand il s'agit de défendre sa manière de voir sur des points particuliers où 1l change l'état de la législation, il en appelle à des passages de l'Écriture qui lui fournissent un témoignage de la pensée divine ; c'est ce qui arrive, par exemple, pour le divorce ?. Jésus n'a pas la prétention de se mettre au-dessus de la Loi, ni même d'opposer son autorité à celle de Moïse *, mais il se dégage spontanément des entraves de la lettre, et il ne parait si sûr de lui-même que parce quil est sûr de Dieu.

Le règne de Dieu sera un règne de justice : il faut ètre Juste pour y avoir part ; la sainteté que réclame l'Évangile est déjà, sauf les différences que produira le changement de l'économie naturelle de l'univers, la sainteté qui fera l'ordre du royaume céleste. Elle se résume en un seul précepte, celui de l'amour ‘. Dieu est bon, il aime les hommes ses enfants, bons et mauvais, sans exception. La preuve en est qu'il ne met aucune

"Cf Hocrzmsnx, NT. |, 115.

2. Voir le commentaire de Mec. x, 2-12, 3. Sur les passages tels que les formules antithétiques employées dans Mr. , 21-48, ou que Mc. 11, 28, dont on pourrait tirer une conclusion différente, voir supr. pp. 88, 123. et le commentaire.

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