Mc. xu, 28-34 (Mr. xxrr, 34-40 : Lc. x
Dieu ; il faut aimer les méchants comme les bons; il faut subir le mal, comme Dieu en réalité le supporte ; il faut pardonner aussi promptement
et aussi généreusement que Dieu pardonne ?. Dieu ne peut pas être, il n'est pas miséricordieux pour qui n'a pas de miséricorde.
Partant de ce PHAQEES Jésus formule certaines règles pratiques *? dont on ne doit pas dire qu'elles sont paradoxales, mais qu'elles concernent la perfection de l'individu, candidat au royaume des cieux, sans égard aux conditions normales de la société humaine, laquelle est d'autant moins imparfaite que l'égalité réciproque des droits et des devoirs y est plus largement reconnue et effectuée, en même temps que des précautions suffisantes sont prises pour protéger l’ordre et la paix contre ceux qui voudraient les troubler. Supprimer le serment parce que la sincérité est un devoir, que la parole d’un honnête homme n’a pas besoin d'autre garantie, et qu'il est plus respectueux pour le nom divin de ne pas l’invoquer, même à l'appui d'une asserlion vraie, était d’une telle hardiesse que les chrétiens, malgré le Christ, ont retenu et retiennent encore l'usage que Jésus a prohibé. Tendre la joue gauche quand on reçoit un soufllet sur la droite, laisser prendre sa tunique à qui à déjà pris le manteau, sont des actes de patience qui peuvent être fort méritoires pour un particuher ; mais un pays où tous les honnêtes gens se conformeraient à ces maximes, au lieu de ressembler au royaume des cieux, serait le paradis des voleurs et des scélérats. Envisageant la fin imminente d’un ordre social qu'il n y avait pas lieu de vouloir sauver ni même améliorer, Jésus recommandait aux siens d’en subir Lous les inconvénients possibles, en esprit de charité, et dans l'attente de la félicité promise. L'invitation à tout saerifier pour le royaume ‘ présente le mème caractère d'exigence enthousiaste, et l'on ‘peut en dire autant de la façon d'entendre l'aumône *. S'affranchir de tout lien terrestre, se soustraire aux inconvénients moraux que peut avoir el aux embarras que crée le soin des intérèts matériels, n'avoir pas même souci des nécessités naturelles, le vêtement, le boire et le manger, s'en remettre à Dieu pour tout, après avoir tout abandonné, vivre aussi librement que les oiseaux du ciel f, avec l’amour de Dieu et des hommes, la