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boles est prise de ce qui arrive, non de ce qui n'arrive pas différences de fond résulte une différence de ton, celui at élant toujours grave sans cesser d'être naturel, et ne S'égayant pas j qu'au pur comique, ce que la fable ne s'interdit pas. |
La fable étant un moyen approprié à l'instruction des enfants, des ignorants et des simples, Jésus s'en est servi parce que ce moyen convenait à son auditoire et lui agréait à lui-même. Il en a usé dès le commencement. Si Mare et Matthieu semblent dire qu'il ne l'a employé qu'à partir d'une certaine époque", c'est à raison de l'idée qu'ils se sont faite de sa destination : le Christ parlerait en paraboles depuis le moment où, ayant groupé ses disciples, il s'appliquerait à réaliser le décret de réprobation porté contre les Juifs. Mais cette perspective est purement con- x à ventionnelle ?. Le Sauveur a dû employer la parabole dès les premiers temps de sa prédication, et se trouver encouragé par le succès à en dire | de nouvelles jusqu'à la fin de son ministère. Au lieu qu'il les ait cherchées pour aveugler, elles lui sont venues comme d’elles-même pour éclairer, +! parce que tout ce qu'il voyait lui devenait moyen de saisir et de faire j entendre par comparaison quelque chose de plus grand *. Son âme était comme un miroir sans tache où la nature et le monde se reflétaient dans la lumière intime de sa conscience. Les analogies se présentaient naturel- A lement à son esprit, et, sans étude ni préméditation, mi calcul, avec À à l'assurance de parler comme il fallait, il donnait à sa pensée le vêtement de la parabole, conduisant ses naïfs auditeurs du connu à l'inconnu, du monde sensible au monde spirituel, à l'économie et aux lois, nullement mystérieuses, du royaume céleste. Ce n'est même pas pour aider la mémoire où pour piquer l'attention qu'il recourait à ces petits contes : c'était, avant tout, pour traduire sa pensée avec plus de clarté et de force persuasive. Il semait la parole et les paraboles, persuadé que, nonobstant | le déchet qui se produit sur toute semence, il y aurait une moisson.
Le royaume céleste est la joie des biens à venir, la félicité promise aux
1. Les données des Évangiles sur ce point sont assez confuses. Mc. 1v, 10-43, fait supposer que les disciples n’ont jamais entendu de paraboles avant le Semeur; cependant le Christ parle déjà « en paraboles » dans Mc. 11, 23, et il fait une triple parabole dans Mc. 11, 19-22. Matthieu supprime la difliculté en u'employant pas le mot « parabole » avant x, 3, bien qu'il ait reproduit auparavant plusieurs morceaux qui ont droit au nom de paraboles et qui le portent dans Marc. Luc parle plusieurs fois {1v, 23; v, 36; vi, 39) de paraboles avant vit, 9; mais il a eu soin de ne faire demander en ce dernier endroit que l’explication du Semeur, non la raison générale des paraboles.
2. Sur la façon dont la tradition a compris le but des paraboles, voir le commentaire de Mc. rv, 11-12, et parallèles.
Jücremer, |, 145.
amis de Dieu. Jésus le compare à un grand festin !, parce qu'il ne le conçoit pas comme quelque chose de purement subjectif et d'individuel, mais comme l’état d’une société où le bonheur de tous fait celui de chacun, et le bonheur de chacun celui de tous. L'Évangile est relativement au royaume ce qu'est l'invitation relativement au festin, une action préliminaire et préparatoire, qui ne fait qu'un avec le royaume en tant qu'elle en est la condition préalable et nécessaire, mais qui n'est pas plus le royaume total que l'invitation n'est proprement le festin?. La parabole du Filet * caractérise de la même façon le rapport de l'Évangile au royaume : de même que la pêche est une opération préliminaire et coordonnée au triage et à l'emploi des poissons, la prédication évangélique rassemble en quelque façon ceux qui l’entendent et qui la reçoivent, pour les offrir au jugement par lequel s'ouvrira le règne de Dieu. Et de même que ceux-là seuls auront part au royaume qui auront accepté l'invitation de l'Évangile, ceux-là aussi seulement trouveront un juge favorable, qui ne se seront pas contentés d'entendre la parole, mais qui l’auront reçue et pratiquée.
Mais le royaume n'est pas seulement à venir, il est prochain et il arrivera imopinément. Si le propriétaire dont la maison doit être pillée par un voleur savait quand celui-ci viendra, il prendrait ses précautions : le royaume des cieux viendra comme un voleur, et l’on doit être toujours en état de faire face aux exigences de ce terrible avènement. [Imaginez un maître absent qui a confié à son intendant le soin de sa maison ; si le serviteur est fidèle et gouverne sagement, il sera récompensé quand le maître arrivera ; mais s'il est malhonnète, violent et débauché, le retour du maiïtre le surprendra, et il sera sévèrement châtié * : ainsi en est-il du royaume des cieux ; on ne sait exactement quand il viendra, mais, si le juste n'a rien à craindre, quelle déception pour celui qui ne sera pas repenti à temps ! Il n’est jamais trop tôt de se mettre en règle; dans les affaires temporelles, une transaction amiable vaut mieux qu'un procès : mieux vaut aussi se réconcilier maintenant et tout de suite avec Dieu, parce que devant son tribunal, il ne sera plus question que de châtiment
4. Mr. xxui, 1-14; Le. xiv, 16-24. Cf. Le. xiv, 45. Le royaume est présent directement comme un festin dans Mec. xiv, 25 (Mr. xxvi, 29; Lc. xx, 16-18, 30); Mr. var, 11 (Lc. xx, 29). Cf. supr. p. 238.
PCM ESS HU (LC.<,19):