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L'ENSEIGNEMENT DE JÉSUS 3 249 ment il accueille le pécheur, mais il se réjouit de son retour, à l'instar de ce berger de cent brebis, qui en avait perdu une, et qui la retrouva ‘; ou de cette femme riche de dix drachmes, et qui, en ayant égaré une, eut aussi la chance de la retrouver ?; ou de ce père qui avait deux fils, et qui, après avoir été abandonné par l'un deux dans les plus tristes conditions, eut enfin la joie de le voir revenir à lui*.
Ce n'est point d’après leur passé qu'il faut juger les pénitents, mais d’après leurs sentiments actuels, el ces sentiments peuvent témoigner d’une charité plus grande que celle de gens envers qui Dieu ne semble pas avoir eu lieu de montrer autant d'indulgence : de deux débiteurs imsolvables à qui leur créancier a remis leur dette, le plus reconnaissant n'est-il pas celui qui devait la plus forte somme {? On aurait tort d’ailleurs
. de se croire Juste parce que l’on garde la régularité extérieure de la vie.
et que l’on observe les pratiques de la religion. La vraie religion est dans la pureté du cœur et la soumission à la volonté de Dieu. Il en va du juste pharisien et du publicain pécheur comme de ces deux fils que leur père voulait envoyer à sa vigne, dont l'un dit fort respectueusement qu'il irait, et n'y alla point, l'autre dit qu'il n'irait pas, et, changeant d'avis, y alla”.
Le royaume est pour ceux à qui Dieu pardonne, et Dieu pardonne à quiconque se confie en sa miséricorde ; il cesse d’être indulgent seulement envers ceux qui ne sont pas indulgents comme lui. Tous les jours le disciple de l'Évangile lui demande son pardon, parce qu'il en à besoin, et constamment aussi il doit pardonner à son prochain$. Dieu est sans pitié pour qui n'est pas miséricordieux : tel ce maître qui avait pardonné à son intendant prévaricateur, et qui le châtia cruellement ensuite, parce quil avait été impitoyable envers un autre serviteur qui lui devait une somme insignifiante 7. A la charité passive, qui se manifeste dans le pardon, doit s'ajouter la charité active, universelle aussi comme la bonté de Dieu. Un samaritain compatissant vaut mieux qu'un prêtre et qu'un lévite sans entrailles : la preuve en est dans l’histoire de l’homme que les voleurs avaient laissé à demi-mort sur le chemin de Jérusalem à Jéricho®.