‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 222 sur 807 · Cf. I Cor. nr · texte numérisé non relu

Cf. I Cor. nr

Mc. 1v, 3-8: Mr. xx, 3-8; Lc. vins, 5-8.

Mr. xxu, 14 (xx, 16).

Mc. 1v, 24-22; Le. var, 16-17 (Mr. v, 15).

Jücicner, I, 584.

z 1 S Ce

horat.

lion d'un règne de justice, à l'avènement de Dieu sur la terre, et qui,

Dieu sur le prochain avenir, et ne on RAR.

essence en partant de l'histoire, on 'ne trouve pas autre cl du royaume, qui est de soi un bien futur, quoique ce bien futur ne doi > être, en quelque façon, que la consécration de la justice acquise dans le présent. Cette consécration définitive de la justice dans le bonheur est précisément ce qu'annonce l'Évangile; d'où il suit que l’objet propre de 1 l'Évangile est une espérance, l'espérance messianique, dégagée de l'esprit national, devenue purement humaine et universelle au fond, en devenant purement religieuse et morale. La foi au Dieu père, la rémission des péchés sont les conditions de cette espérance; elles appartiennent par cela même à l'essence de l'Évangile, mais elles ne sauraient la constituer à elles seules. Les paraboles ne nous apprennent pas non plus que la conscience messianique de Jésus se fonde sur la connaissance de Dieu comme père de l'humanité. Quel qu'ait été le mystère de sa conscience person= nelle, le Sauveur se présente comme l'agent du royaume, le prédicateur de la grande espérance, le semeur qui sera moissonneur. Il n'est pas le révélateur d'une seule et unique vérité qui, perçue par la conscience de. chaque individu, lui donnerait la plénitude du royaume céleste, mais il est l'interprète de tout ce qui est contenu dans l'espérance du royaume, l'ordonnateur de la société des croyants, qui doit devenir bientôt la société des élus. Sa fonction est sociale et universelle, comme l'espérance du royaume est collective; son action ne doit pas être purement intérieure, mais elle s’exercera dans la réalité objective du royaume; et c'est dans l'avenir qu'apparaitra sa qualité de Messie fils de Dieu, conformément à la nature eschatologique du royaume céleste.

La carrière el l’enseignement de Jésus ont été le grain de sénevé qui devient un arbre, la parcelle de levain qui fait fermenter toute une masse de pâte. Rien de plus insignifiant en apparence : un ouvrier de village, naïf et enthousiaste, qui croit à la prochaine fin du monde, à l'instaura-

fort de cette première illusion, s’attribue le rôle principal dans l’organisation de l'irréalisable cité; qui se met à prophétiser, invitant tous ses compatriotes à se repentir de leurs péchés, afin de se concilier le grand Juge dont la venue est imminente et sera subite comme celle d'un voleur: qui recrute un petit nombre d’adhérents illettrés, n'en pouvant guère trouver d’autres, et provoque une agitation, d’ailleurs peu profonde, dans les milieux populaires : qui devait être arrêté promptement, et qui le fut, par les pouvoirs constitués; qui ne pouvait échapper à une mort violente, et qui la rencontra.

Son rêve était fragile et étroit comme est notre science ; il nous paraît absurde, comme nos plus chères idées le paraïtront à nos arrière-neveux. Mais il contenait aussi les germes les plus précieux de la vérité

que 4 valeur de l’homme est dans le Strient qui anime sa CORTE que la vraie religion est celle du cœur ; que cette religion consiste essen- = Fi tiellement dans ‘’amour, amour du prochain en Dieu, ou de Dieu dans Je prochain; que ce prochain est tous les membres de l'humanité ; que

Dieu, c'est-à-dire la loi vivante de l'univers, est bonté ; que l’abné- F4

gation de chacun est nécessaire au bien de tous; qu'il faut savoir, au e

besoin, tout risquer dans l’ordre des biens matériels et de la vie tempo- "4 ÿ relle, pour tout gagner dans l'ordre des biens spirituels et de la vie de

' l'âme ; que le sacrifice est ainsi la racine de la vraie félicité; enfin que notre existence éphémère flotte sur un océan de vie où elle se replonge pour durer toujours, à partir de l'instant même où elle semble cesser d'être. Si le dernier mot de toutes choses n'est pas le néant, et ce ne peut être le néant, l'Évangile n’a eu que l'apparence d’une chimère, Jésus a incarné dans l’homme la sagesse de Dieu, et sa mort ne pouvait être qu'un passage à l’immortalité.

sr ST

PARU TRE Cor

Page 1