RE CIATIONS
joutée dans un récit où il n'était pas parlé de conception virginale. On a déjà vu que d'autres indices corroborent cette hypothèse. De même que la question de Marie vient inopinément, l’allocution de l'ange paraît se continuer suivant la ligne indiquée par le premier discours, sans tenir compte de la réponse qui vient d’être faite. Pour confirmer la vérité de sa promesse, Gabriel va donner à Marie un signe, et ce signe n’est pas autre que la grossesse d'Élisabeth. Les paroles : « Voici que ta parente Élisabeth a concu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse ! », ne sont pas amenées naturellement par ce qui précède. Un signe est-il nécessaire avec ou après le miracle de la conception virginale? Un plus grand prodige a-t-il besom d’être garanti par un moindre? La comparaison de ces deux conceptions ne devient-elle pas forcée, presque choquante, si l’une des deux ressemble si peu à l’autre? Celui qui a écrit : « Élisabeth, elle aussi, a conçu », voit-il une autre différence que celle qui est rappelée par « la vieillesse » d'Élisabeth ? A-t-il pu dire, pour faire ressortir le miracle dont celle-ci a été l’objet : « parce que rien n'est impossible à Dieu ? » en oubliant qu'il vient de signaler
kanonischen Evangelien, IL, 1, 180, retranchent seulement, comme glose 2x! 2ydoa où y:vw52w, ce qui supprime une difficulté, sans expliquer la constitution du récit. Selon Harnack, les vv. 34-35 auraient été insérés après coup dans l'Évangile. Ses arguments semblent décisifs contre l'unité du récit, mais non pour l’interpolation postérieure à la rédaction définitive du livre. Les incohérences de la rédaction ne sont pas plus fortes que celles qui se rencontrent dans le corps de l'ouvrage, et les indices tirés du vocabulaire sont assez faibles. Merx (op. cit. 196) observe que le ms. lat. b, amenant le v. 38 a à la place du v. 34 donne une meilleure suite; mais c’est à condition qu'on omette le v. 35. Ce témoignage pourrait être allégué en faveur de l'hypothèse de Harnack. L'évangéliste aurait écrit, après le v. 33, 38 a : « Et Marie dit : Je suis la servante du Seigneur, qu'il m'arrive selon ta parole » 35a. Et l'ange, répondant, lui dit : 36. « Voici que ta cousine Élisabeth, etc.-37. 38 b. Et l’ange la quitta. »
4. V.36. zai 1905 "Elder ñ ouyyevis où za ati cuvelAnoev viov êv yrpet aÿrie. L'existence d'une tradition sur l'origine lévitique et davidique de Jésus est attestée par un fragment d’Irénée (fragm. xvir, éd. Stieren, ap. Rescx, XindheitsEvangelium., 96), par Origène (Select. ‘in Num. xxxvi, 6; cbid. 97), et le Testament des douze patriarches (ibid.) en plusieurs endroits, notamment Siméon, 7 : avasrrioe yàp xvptoc x 705 Au &c apyrepéa, ai èx toù ’Ioÿda Ge BaorAia. deôv zat avbowzov. Paul, l'Épitre aux Hébreux (vi, 14), l’'Apocalypse (v, 5) ne connaissen! que la filiation davidique.
2. Citation de Gex. xvint, 14, pour assimiler le cas d’Élisabeth à celui de Sara.
tante, comme le vieux prêtre, devant la promesse divine. Il n'en
un miracle bien plus important? On essaie, il est vrai, ces paroles à la conception du Sauveur! : mais le texte violence qu'on lui veut faire. : F4
Tout s’enchaïîne parfaitement si l’on fait abstraction des deux ver sets qui contiennent l’objection de la vierge et la réponse de l'ange. Après avoir annoncé à Marie la naissance de Jésus, et déclaré que celui-ci sera le Messie qui doit régner sur la maison de Jacob, Gabriel donnerait à Marie, sans qu'elle le demande, un signe dont elle a besoin, parce que le fait de la conception ne lui garantit pas que son enfant sera le Messie promis. Ce signe existe dans la grossesse miraculeuse d’ Élisabeth, que Marie ne connaît pas encore. Ainsi la conception extraordinaire du Précurseur, devient, conformément à son rôle, un signe avant-coureur et indiscutable de la qualité de Christ qui appartiendra au fils de Marie. La remarque | de l’ange sur le rapport des deux conceptions n'a plus rien qui . doive surprendre : ce qu'il dit sur le cas d’Elisabeth ne sert plus qu'à faire valoir l'importance du signe donné; le rappel de la 3 parenté qui unit Marie et Elisabeth cesse d’être une allusion sans objet, car on comprend que le Messie théocratique, s’il doit se rattacher à la race de David par Joseph, doive se rattacher par à Marie à la lignée d'Aaron; il aura tous les pouvoirs et tous les : titres de légitimité, à la différence des rois-pontifes de la famille « hasmonéenne, qui étaient issus d'une simple famille sacerdotale et n'appartenaient pas à la postérité de David.
L’adhésion de Marie à la parole de l'ange, bien qu'elle n'eût pas ÿ encore vérifié le dire de Gabriel en ce qui concerne Elisabeth, est dans la dignité de son rôle; l’ange l'a traitée avec plus de | respect que Zacharie, et elle ne se montre pas non plus hési- |
est pas moins vrai qu’elle ne tarde pas à se rendre auprès d'Élisabeth pour constater la réalité de ce qu’elle a cru. Cette démarche, dont le motif est effacé au point que les exégètes sont obligés
Il est possible que Luc ait entendu £äua au sens de « parole », ordinaire dans le Nouveau Testament, et non de « chose », el qu'on doive traduire : « De Ia part de Dieu, aucune parole n’est ineflicace. » B. Weiss, E£. 284. !
L. Hofmann ap. J. Weiss, 304. Marponar Il, 50 : « Probat angelus hypothesim ex thesi, potuisse Deum efficere et ut ante sterilis, et ut nunce virgo concipiat, quia non erit impossibile apud Deum omne verbum. »
maintenant de le chercher, s’expliquait d'elle-même dans le récit primitif. Aussitôt qu'elle était devenue enceinte, Marie allait voir sa parente, pour vérifier le signe après avoir éprouvé la vérité de la ‘promesse.
Telle parait avoir été l'ordonnance du récit que le rédacteur du troisième Évangile a eu à sa disposition, et qu'il n’a sans doute modifié que très légèrement. Ce récit marque une étape dans le travail dela pensée chrétienne sur les origines du Christ. La rédaction de Luce en marque une autre, notablement plus avancée ; on verra que, sur l'échelle de ce développement, le récit de Matthieu se place entre les deux. Dans la perspective actuelle de la narration, la conception du Sauveur s’accomplit aussitôt après l'adhésion de Marie à la parole de l’ange ! ; l’évangéliste n’a pas cru qu'il fût nécessaire de le dire ; mais l’omission est encore plus facile à comprendre s'il s’est contenté de supprimer la transition qui devait exister dans la source entre le récit de l’annonciation et celui de la visite à Zacharie. La source ne devait pas négliger de dire que Marie devint enceinte, puisqu'elle a eu soin de l’observer pour Élisabeth.
Luc, 1, 39. Et Marie s'étant mise en route, en ces Jours-là, s’en alla promptement dans la montagne, à une ville de Juda ?. 40. et elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. 41. Et quand Élisabeth entendit le salut de Marie, l'enfant tressaillit dans son sein, et Élisabeth fut remplie d'Esprit saint, 42. et elle parla à voix haute et dit : « Bénie (sois) tu parmi les femmes, et béni (soit) le fruit de ton sein ! 43. Et d'où me vient que la mère de mon Seigneur entre chez moi ? Car dès que {a parole de salutation est arrivée à mes oreilles, l'enfant a tressailli d’allégresse dans mon sein. 45. Heureuse celle qui a cru qu'il y aurait accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! »