S'il y avait Fer de personnes, on aurait sizev Ô. SAUT
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vue de l'évangéliste, c'est un vrai psaume, inspiré comme le Benedictus, comme le cantique d'Anne, mère de Samuel, comme Îles psaumes davidiques ; c'est une pièce de poésie sacrée, une prophétie ; et il n’est pas vraisemblable que Luc ait voulu donner à Marie la qualité de prophétesse.
Le contenu même du cantique n’a rien qui soit personnel à |
Marie. La tradition a mis dans les paroles : « désormais toutes les nations m'appelleront bienheureuse », une plénitude de sens qu’elles n’ont pas nécessairement ; le lyrisme des psaumes, imité dans la pièce, autorise un tel mouvement, qui, dans la pensée de l’évangéliste, n'est même pas une hyperbole ; Élisabeth a pu se proclamer bienheureuse devant toutes les générations à venir, et déclarer que le Tout-Puissant avait fait pour elle un grand miracle. Elle seule à pu dire, en faisant allusion à sa stérilité, que le Seigneur avait regardé l’humiliation de sa servante ; ces paroles qui assimilent celle qui les prononce à Anne, mère de Samuel, devenue mère après une longue stérilité, ne ‘conviennent qu’à Élisabeth : pour les trouver bien placées dans la bouche de Marie, il faut les détourner de leur sens. naturel. C’est, comme on l’a vu, la seule allusion qui soit faite à la situation particulière d'Élisabeth, tout le reste du cantique ayant une signification générale et vague. Dans l’ensemble, et sauf le passage qui vient d’être cité, le Magnificat n'est qu'un décalque du cantique d'Anne, et c’est la situation d'Élisabeth, non celle de Marie, qui est analogue à celle de la mère de Samuel. Le rédacteur du Magnificat et du Benedictus n'aurait pas eu besoin de recourir au cantique d'Anne pour exprimer les sentiments de Marie: mais, pour traduire ceux d'Élisabeth, il se trouvait au dépourvu, parce qu'il réservait les prévisions concernant l'avenir de Jean-Baptiste pour le cantique de Zacharie. Le cantique d'Anne s'offrait de lui-même comme un modèle à suivre; et comme il ne contient rien qui soit en rapport direct avec la circonstance à laquelle on l’a rattaché!, le cantique d'Élisabeth, si l'on excepte l’allusion du début, empruntée aussi à l’histoire d'Anne, a pris la même forme impersonnelle. Le silence de Marie n’a pas lieu de surprendre, car la scène qui se passe entre les deux mères prélude à celle où figureront plus tard les deux fils : Jésus se taira