‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 265 sur 807 · LS · texte numérisé non relu

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. «et elle dit », pour servir d'introduction, « et Marie resta. auprès d'elle trois mois » !, pour servir de céncle L'introduction +

donne à entendre que la personne qui va parler est la même que celle à qui appartient le discours précédent ?: elle indique seulement le début du cantique, et représente une sorte de pause, pour que le cantique ne soit pas confondu avec le discours. La conclu-

sion, où Marie est rappelée directement à la pensée du lecteur,

tandis qu'Élisabeth lui est toujours censée présente, montre que la personne qui vient de parler n’est pas Marie, mais Élisabeth. Si l’évangéliste avait attribué le cantique à Marie, il n'aurait pas dû se contenter de la nommer, ce que pourtant il n'a probablement pas:

fait, mais il aurait dû rappeler en termes exprès le mouvement qui lui suggéra le cantique. Avec la formule : « et elle dit », on n’est

pas averti que Marie va parler, et l'on est invité à croire que c’est

Élisabeth, dont l'inspiration a été signalée. Avec la formule : « et

Marie dit », on est tout étonné de trouver, au lieu d'une réponse aux paroles d'Élisabeth, un cantique inspiré que rien n'a fait prévoir. Quand :il s’agit d'introduire le Benedictus, l'inspiration de Zacharie est mise en relief par une formule solennelle ?.

Si le Magnificat est prononcé par Élisabeth, il y a un parallélisme exact entre les deux situations. L'évangéliste, en disant qu'elle fut remplie d'Esprit saint et parla à voix haute », n'aura pas eu en vue que les paroles de la salutation adressée à Marie, mais encore le cantique d'action de grâces qui vient ensuite. Les deux

* vieillards prophétisent l'un après l’autre, comme le font plus tard

Siméon et Anne. Marie garde cette réserve qu'elle a partout ailleurs dans le récit de Luc, et qui donne à son rôle un caractère si particulier. Élisabeth et Zacharie prophétisent comme les saints d'autrefois, en vue du Messie qui vient. Pourquoi Marie, qui porte le Sauveur, prophétiserait-elle ? N'est-elle pas dans la réalité des prophéties, et non dans l'attente? Pour le lecteur moderne, le Magnificat est une effusion de reconnaissance; mais, au point de

1. V. 46. zai'etrev.……., V. 56. Euervev è Maprau 74. Cf. l'introduction du can-

tique d'Anne (I Sam. 1,1, LXX) : uai eimev' 2orepeuün ñ xap0ta mou év zupit.

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