‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 287 sur 807 · Cf. Evsise, loc. cit · texte numérisé non relu

Cf. Evsise, loc. cit

er, On a cru que Jésus descendait de Davi devait descendre de ce roi; on n'aurait pu en historique; mais le contraire n'était pas non pl parce que tout le monde ignorait le passé de l'ob Nazareth où naquit le Sauveur.

(arr. 1. 18-25).

Les récits de Matthieu sont moins détaullés et moins bien équilibrés que ceux de Luc: ils sont visiblement subordonnés aux prophéties qui leur servent de couronnement, et les prophéties ellesmêmes servent à justifier des données messianiques fournies par la tradition ou par la vie de Jésus. Le Christ est fils de Dieu, car il est né d’une vierge : Isaïe l'avait prédit, et tout s'est passé comme l'avait dit Isaïe. Le Christ est fils de David et roi : ainsi que Michée l'avait annoncé, 1l a reçu le jour dans la patrie de son ancètre, et conformément à d'autres prophéties, il a reçu les hommages des princes d'Orient. Mais le Christ a vécu à Nazareth : cela aussi était prédit, et si sa fanulle a quitté Bethléem, c'est à cause d'Hérode qui voulait tuer le vrai roi des Juifs dans son berceau; les parents de Jésus se sont retirés en Égypte, et ils sont revenus après la mort d'Hérode, ce qui accomplit une prophétie d'Osée. Cette construction théologique est tournée en histoire, mais la description est plus que sobre; elle manque de vie et de couleur. On ne perçoit aucune trace de combinaison rédactionnelle : le dernierrédacteur de l',,vangile a dû composer luimème, d'après les opinions quiavaient cours en son milieu, et les procédés admis par l'exégèse de ce temps, c'està-dire dans l'esprit des commentaires haggadiques de l'Ancien Testament, une relation de la naissance du Christ où le sentiment de la réalité historique est beaucoup plus effacé que dans la narration exploitée par Luc.

Marra. 1, 18. Or la naissance du Christ Jésus arriva ainsi : sa mère ayant élé fiancée à Joseph, avant qu'ils eussent habité ensemble elle se trou va enceinte par l'Esprit saint. 19. Joseph son époux, étant un homme Juste, et ne voulant pas la diffamer, songeait à la répudier sans bruit : 20. mais, pendant qu'il projetait cela. un ange du Seigneur lui apparut en songe, disant : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre (chez toi) Marie La femme. car ce qu'elle a conçu est d'Espril saint: 21. elle

enfantera un fils, et Lu lui donneras le nom de Jésus, car il peuple de leurs péchés » — 22. Et Lout cela arriva pour que fû pli ce que le Seigneur avail annoncé par le prophète qui dit : 23 « Voi que la vierge sera enceinte et enfantera un fils, et on l'appellera du nom

. d'Emmanuel », ce qui signifie : « Dieu avec nous ». — 24, Et Joseph, s'étant

éveillé de (son) sommeil, fit comme l'ange du Seigneur lui avait ordonné, el il prit (chez lui) sa femme : 25. et il ne la connut pas avant qu'elle mit au monde un fils, et il donna à celui-ci le nom de Jésus.

Une formule exempte de prétention littéraire rattache le commencement du premier récit à la généalogie que l’évangéliste a recueillie en tête de son livre!. Marie et Joseph, étant connus par cette généalogie, n'ont pas besoin d’être présentés au lecteur. On apprend, sans autre préambule, que Marie, n'étant encore que fiancée à Joseph, s'est trouvée enceinte par une influence miraculeuse de l'Esprit divin ?. L'idée d'une génération naturelle est exelue

4. V. 18. <0ù de Xp10709 ‘Inooù ñ yéveors odtme Ty. Le génitif, au commencement de la proposition, se réfère à la généalogie, v. 1 et v. 16. NC et le plus grand nombre des témoins ont ’Insoÿ Xg16708, mais cette formule ne s'emploie pas avec l’article. B a Xptotoù ‘Insod. Ss. Sc. et les anciens témoins occidentaux ont simplementXpto7où, qui a chance d’être la leçon primitive ; dans ce cas, le v. 18 se rattacherait plus directement au v. 16 qu’au v. 1. NBC et d’autres témoins anciens lisent yévesi : la leçon des témoins latins, generatio, suppose cette lecture (ef. Le. 1, 14, nativitas). La leçon yivmsts est moins autorisée.

2, uvnoteuleions t%< untoûs aûtoù Maptac r@ ’Twsro, zoiv À suveAleïy adrobs cbcéôn iv yaotoi épousa 24 rvebuatos aytov. La suile montre que suveisiy vise directement la cohabitation sous le même toit, et non l'usage du mariage : mais l’un n’en est pas moins censé la conséquence naturelle de l’autre, et l'esprit de ce

récit n’est pas du tout celui de Lc. r, 34: il est sous-entendu que la cohabita-

tion ruinerait la preuve de la conception virginale, et c’est pour cela même que la conception est placée avant la cohabitation. L'auteur s’'abstient de dire comment la grossesse fut constatée : et Maldonat (I, 31) a raison de trouver peu respectueux le propos de S. Jérôme, àn h. loc. : « À Joseph inventam esse dieunt, qui pene. licentia maritali futurae uxoris omnia noveral », attendu que cette découverte ne suppose pas de recherche, « nec significatur ab eo potius quam ab alio inventam luisse, sed vis verbi :52é0 est eam subito et inopinato ita tumido apparuisse utero, ul quivis qui modo oculos adjiceret, videre posset eam fuissé gravidam. » L'esprit est dit «saint » en tant que divin, non pour une raison spéciale d'ordre religieux et moral: la préposition x indique la cause de la génération, mais l'idée même de cause génératrice oblige à entendre que la vie de l'être engendré par l'Esprit est quelque chose de cet esprit même. IL est question d'une généralion, non d'une création miraculeuse.

par un argument négatif: les futurs époux n’habitaient pas encore ensemble quand la conception se produisit ; et par une explication positive : cette conception était un effet de la puissance divine. Mais l'explication n'avait pas été donnée à Joseph, qui ne connait ainsi que la circonstance par laquelle est exclue sa paternité. Si le narrateur s’est préoccupé de la manière dont le fait avait pu être envisagé par Marie elle-même, on peut croire qu'il ne la suppose pas autrement instruite des motifs de ce que Dieu a fait en elle : si elle eût été avertie la première, comme dans Luc, et qu elleeüt été bien fixée sur les desseins de la Providence, on n’admettrait pas qu'elle ait pu laisser Joseph dans une perplexité offensante pour lui et dangereuse pour elle-même. La situation est tout autre que dans Luc, où l’évangéliste ne prend même pas la peine de dire que Marie a communiqué à Joseph le message de Gabriel, parce que cette communication allait de soi, et aussi parce que, dans la source, elle n'était pas indispensable. Ici Marie n’a reçu aucun message céleste ; ce n’est pas à elle que le nom de l'enfant va être révélé: ce n'est pas elle qui lui donnera ce nom; son personnage, nonobstant la conception miraculeuse, a moins de relief que dans la source du troisième Évangile, et Joseph, dont le rôle est tout à fait secondaire chez Luc, reste ici au premier plan.

Joseph s'aperçoit de l’état où est sa fiancée ; le narrateur l'appelle déjà mari!, et plus loin l’ange appellera Marie sa femme, par une sorte d'anticipation, et parce que la situation légale des fiancés était à peu près la même que celle des époux. C'était un homme juste ? : par conséquent il n'était pas indifférent à une faute que l'on regardait comme un adultère; il ne pouvait être disposé à donner suite aux fiançailles quil avait contractées. D'autre part, il ne voulait pas diffamer sa fiancée, en publiant l'infidélité dont lui-même était victime. IL se résolut donc à la renvoyer secrètement. Bien qu'on ne doive pas trop insister sur la portée des termes employés par l’évangéliste, ce renvoi ne peut guère être qu'un

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