Renan, Zahn, Jülicher, ete
7. Cf. Le. 1, 3. àxpiB@s aûeëñ<... ypabar. L'ordre de Luc est, pour les parties communes, à peu près le même que celui de Marc.
8. Cf. B. Weiss, Einleitung in das N. T.? 514 (où la référence est supposée concerner le livre hébreu de Matthieu); et Assorr. EB. II, 1817.
LA TRADITION ECCLÉSIASTIQUE Lt
et ce Marc, qui était censé avoir été compagnon de Paul, on tenait surtout à ce qu'il fût regardé comme compagnon de Pierre, dont l'autorité pouvait sembler préférable à celle de Paul pour la garantie des souvenir évangéliques, à moins que le nom de Paul ne servit déjà de recommandation à Luc, et qu'on n'ait été ainsi amené à utiliser de préférence pour Marc le prestige de Pierre. S'il y a au fond du second Évangile une relation qui représente la tradition de Pierre, et si cette relation a été écrite par un disciple de l’apôtre, qui avait nom Marc, ce sont deux hypothèses qui pourraient aider à concevoir le travail légendaire d'où est sortie la notice qu'Eusèbe a trouvée dans Papias, mais qui ne sont pas à démontrer par cette notice même, dont elles ne pourraient être qu'une interprétation arbitraire et fausse.
A peine est-il besoin de prouver que la notice de Matthieu se présente dans les mêmes conditions. On admet maintenant que, dans la pensée de Papias ! et même de ses répondants?, elle concerne notre premier Évangile. Or ce livre n’est pas plus que Luc une traduction de l'hébreu ou de l’araméen. Sur ce point, le parallélisme des deux notices est significatif : de même que Marc a traduit les catéchèses de Pierre, on a traduit l'Évangile de Matthieu. Il est supposé que Matthieu ne pouvait pas plus écrire, que Pierre n'aurait pu prêcher en grec. [ci encore la question de savoir s'il a existé un écrit araméen de Matthieu qui serait entré, une fois traduit, dans le premier Évangile, n'entre pas en Considération tant qu'il s'agit de déterminer le sens du témoignage. Ni Jean l'Ancien, ni Papias, ni ceux qui ont redit après eux que le premier Évangile avait été écrit en hébreu, n'ont pensé qu'une partie seulement du livre avait été écrite en cette langue, et que l'apôtre Matthieu n'était pas l'unique auteur de l'ouvrage qui porte son nom. Que la formule : « Sentences du Seigneur », désigne expressément les discours de Jésus à l'exclusion des récits évangéliques, c'est une hypothèse moderne dont la critique, après en avoir perçu le peu de fondement, semble retenir la conséquence. On parle des Logia de Matthieu, d’après Jean l'Ancien et Papias, comme si ces deux autorités avaient connu un écrit portant ce titre ou correspondant à la lettre de ce signalement. Dans la réalité, Jean et Papias, ainsi que Polycarpe et bien d’autres anciens, qui voyaient surtout dans l'Évangile une discipline morale et une promesse d'immortalité, regardaient l’enseignement du Christ comme l'essentiel des souvenirs apostoliques. Les paroles du Sauveur étaient pour eux l'Évangile proprement dit, et, en disant que Matthieu, dont le livre consiste en dis-