Jüzrcner
3. Les Adyta zvptaxx sont proprement les « oracles du Seigneur ». Cf. ABBOTT, EB. 11, 1810, n. 3.
cours bien plus qu'en récits, a écrit en hébreu « les sentences du Seigneur», on a voulu signifier simplement que l’apôtre, auteur du premier Évangile, LS avait composé dans sa langue maternelle son livre tout entier. Supposé | que ce livre ne soit pas de Matthieu, qu'il soit une compilation faite d'a- i près Marc et une autre source, l'assertion de Papias tombe comme rensei-
gnement traditionnel sur l'origine du premier Évangile. L'idée d'un recueil de sentences qui aurait été rédigé d'abord en hébreu ou en araméen par
l'apôtre Matthieu, et qui, une fois traduit en grec, serait entré, avec des
modifications plus où moins importantes, dans la rédaction de l'Évangile,
n'est qu'une hypothèse critique, avantageuse pour la solution du pro-
blème synoplique, mais qui ne devrait pas s’'autoriser de Jean l'Ancien
et de Papias. Elle peut néanmoins servir à expliquer comment Von a pu
recommander d'abord le premier Évangile du nom de Matthieu, puis
parler de rédaction originale en hébreu, bien que l'attribution soit fictive,
et que l'existence d'une première rédaction sémitique pour les discours
du Christ ne soit pas autrement garantie !.
Ainsi le premier témoignage explicite concernant deux Évangiles du canon à un caractère tendancieux et apologétique ; pris tel quel, on ne peut dire qu'il soit réellement historique et purement traditionnel. H s'est formé en quelque sorte lui-même, dans le temps et le milieu où s’est déterminé le choix des Évangiles ecclésiastiques. Si Papias a écrit vers 140-150 ?, il a pu entendre vers 110-120 les « anciens » qui étaient censés garder les traditions de Jean et des hommes apostoliques.
Hermas * parait imiter les paraboles du Semeur, du Sénevé, de l'Ivraie,
1. Cf. Jüricner, 259-264. Qu'une certaine défaveur soil jetée sur les traductions grecques de Matthieu, au profit d’un autre évangile de tradition apostolique, inaltérée, c'est ce qui ne résulte pas nécessairement du texte. L’hébreu appelle la traduction, et comme on ne pouvait désigner le traducteur, comme il existait peut-être des recensions plus ou moins différentes l’une de l’autre, on a pu parler des interprètes et de leurs divergences, sans autre préoccupa= tion que de rendre compte des faits actuels, à moins encore, et plus probablement, que, l’apôtre Matthieu étant mort depuis longtemps, et l'évangile étant relativement récent, on n'ait voulu parler d'interprétations orales (cf. B. Wetss, 493; Zaux, Il, 256-257 ; Sranrow, 55. Papias, en effet, dit qu'on traduisait, non le livre, mais les sentences, et 6$ nv duvaros Exaoroç convient mieux à la prédication orale ; on n'a guère pu affirmer ainsi la multiplication indéfinie des versions écrites), pour garantir l'authenticité du livre en indiquant les circonstances de sa conservation avant qu'il existät réellement en grec.
2. Harnack indique 445-160 ; Stanton, 440-150; Abbott, 115-130 ; Zahn, 125. Ces dernières dates ne peuvent convenir qu'au temps où Papias prenait ses informations. Cf. Harnacx, I, 357.
3. La date du Pasteur est incertaine : Stanton, 110-125; Zahn, vers 100; Harnack, vers 140 (mais en admettant que certaines parties peuvent remonter jusqu'à 115-120); cette dernière date est plus communément admise.
des Vignerons, du Figuier, des Mines; il s'inspire des paroles du Christ sur les enfants, sur le divorce, sur le riche; il présente çà et là des réminiscences du langage évangélique!. Marc et Matthieu devaient lui être familiers. Les traces de Luce sont beaucoup moins sensibles. Vu le caractère du livre, on n'a pas à s'étonner de n'y trouver aucune citation expresse.
Des citations se rencontrent dans l’ancienne homélie dite seconde Épitre de Clément; mais ces citations ne viennent pas toutes de sources canoniques, et l’auteur allègue le tout comme Évangile ou comme Écriture, ou même comme parole de Dieu. Son témoignage n'en est pas moins significatif et instructif pour ce qui est de l'usage chrétien vers 130-150 ?.
A. Vis. 11, 6, 5. odroi eo RUE pèy riotuw, Éyoytes DE zat TAOÙTOY TOÙ œiGivos
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toutou" Ütav yévnra BAïdic,.… drapvobvrar Tov xüpuoy abr@v. Sim. 1x, 20, 1.
zo{Bolot eiou oi rhoÿaror, ai Dè AxavÜar où èv tais 7 dore Tais TOuxiAQIS EUTEPUPUE- DE ï
VOL... 2... GTOTN\AVOVTAL THfÉREVOr Üxo ty sosie aut@v. 21. 1... tà DÈ rooc tais GlCats Enpa, ruès dE ai àxo toù flou € A 3. Woreo yap aûr@y at Poravar fhuoy (0o0oa EEnoavünoav.… Cf. Mc. rv, 6-7, 18-19; Mr. xrrr, 6-7, 21-22. Sim. vurr,
3, 2. ro dévocoy sobro 70 péya T0 oxenatov redla.…. vouos Deoÿ éctiv..…. oi ÔÈ Üxo tv oxérnv Aaot Ovres..… Cf. Mn. xx, 31-32; Mc. 1v, 30-32 (Lc. xxx, 19). Süm. v, 5, 1. EruAUS& oo tv rapaBonnv Toù àyp05.... 2. 6 dyp0s 6 x0owos ovrôs éortv. CF. Mr. xx, 36, 38. Sem. v, 2, 2. eye ris àypov zat doÿous mood x uépos tt ToÙ aypob Épureu-
cey aurek@va zai ExAefauevos Doÿhdv tiva rioTOv....." Âdffe toy aureAGv& ToÙtov, Ov
Épüreuca xal yaparwooy aÿtov, Éws Épyouar..…. EEnAe DE 6 deorürns où doudou sis =v arodnutav… 4... Ecxade roy àurehGva.... 6. roocxaesduevos oùy tôv viôv aûroù roy &yarntov, Ov eiye xAncovouoy. Cf. Mc. x, 1, 5-7; Mr. xxx, 33. 38; Lc. xx, 9, 13- 4%; xin, 6,8; x1x, 13, 17. Sim. 1x, 29, 1. de vdria Bpépn sioiv, oïs oVdeuiæ axiæ avafBaiver ënt nv xmo0lav.... 2. où rotoürot oùy ddtordatws xaTouroousiy Èv Fi PAU toù Oo... 3... ravra yap ta Bpcon ÉvdoËx éott rapà 70 0e@ xai rota map’ adt®. Cf. Mc. x, 14; Mr. xvrur, 3, 10. Mand. 1v, À, 5. éav dE... un uetavonon 1 yuvn, &À1’ ErtuéVn TŸ ropveiz adths..….…. 6... drohvodtw... adthv xai 0 àvne 0’ Éaut@ pevétu Eàv de aro0oas znv yuvaixa Etépav yaunon, «at aûtos moryäta. Cf. Mc. x, 11; Mr. v, 32; xix, 9; Le. xvr, 18. Sim. 1x, 20, 2. ot dè robouou... OuoxoÂws eioehsSoovrat ets tv Baorketay toù cod. 3. Gore yao ëv retBphote youvoïs most neptrateiv OUox0ÀOY EGTty, oÙTuw zai TOis TouoUTots DUSLOÀOV ÉoTiv ets Tv Baothelav zoù Üeod eiseAfeiv. Cf. Mc. x, 23-24. Mand. xx, #, 4. où Dè ét soie yetheouy Éyovtes tov xbprov, tv È xaodiav at FR xai uarpav ôvres no où xugiov. Cf. Mc. vi, 52; vir, 6; vin, 17. Sim. VIII V2, 9e haGovra Tà baBôia radra izuada. Cf. Le. virr, 6. Sim. 1x, 25, 1. x Oè rod Gpous roù oyÔdou, où nav ai ro rnyai ai râca h atiois T0 zupiou ÉrotiLero x TOV Rny@V, oi TuoTeusavtes touodro( slot. 2. &rootokot xai Diddoxahot où 2npUEVTES sis OÀOV
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TOV 40ou.0v xat of DLDdEavTEs GEuvOs Kai yvGs TOY ÀdYOY Toù zupiou.…., dAÂdX TAVTOTE Èv dtxauosuvn xai &Anbetx ropeulevrec, xa0ws ai rapékaBoy To rvedua to &ytov. Cf. Mr. xxvnt, 49-20 ; Mc. xvr, 15, 20; Acr. 1, # (Jx. xx, 22). Le rapport avec la finale de Marc est assez frappant et ne doit pas être fortuit.
Stanton, vers 140; Harnack, vers 170 ; Zahn, avant 130.
Plusieurs paroles évangéliques ont dû être empruntées à Matthieu ou à Luc !. I] pourrait y avoir doute pour quelques-unes, dont le texte s'écarte plus ou moins de nos Évangiles, et qui sont peut-être empruntées à la source ou aux sources apocryphes où l’auteur a certainement puisé. Voici un passage que l'on sait avoir existé dans l'Évangile des Égyptiens 2 : « Le Seigneur, interrogé par quelqu'un sur le temps où viendrait son règne, dit : Quand deux seront un, et ce qui est dehors comme ce qui est dedans, et le mâle avec la femelle, n'étant ni mâle ni femelle... Quand vous ferez cela, dit-il, le royaume de mon Père viendra. » Ce doit être d'un document analogue, sinon du même, que provient la parole suivante % : « Le Seigneur dit : « Vous serez comme des agneaux au milieu des loups »; et Pierre lui répondit : « Qu'arrivera-tl si les loups dévorent les agneaux ? » Jésus dit à Pierre : « Après leur mort, les agneaux n'ont plus à craindre les loups. Ne craignez donc pas ceux qui vous tuent et
1. II Clém. 2, 4. vai Etipa de Yoan Aéyer, Ott oÙx nAfov xakéoat Gtaaious, aAX& apapræhoÿs. CfMoe: 1, 47: Mr.ux, 43 (Lc:v;32).38, 2: Xéyet DE nai adros (Xprotde) rôv Ouokoyfoavra ue Évoirioy Tüv avÜzurwv, bpohoyieu adTOv ÉVO10v TOÙ AaTEÉs LOU. CFMr. x, 32 (Lo.xir, (8): 4,2: Le yée’ où räs 0 Aéywv pot” x0pte x0pte, cwÜraetat, &AX” 6 nov tiv dueatosdvmv. Cf. Mr. vir, 21 (vi, 1). 6, 1. Aéyet Oè © xhpuos oùdele oixétns duvarat duai zuoiots douheberv. sav ques DéAwuey zai De@ DouAebery xai LaUwva, asbuponov quiv éstiv. 2. ti yap To Opehos, Edv Tu TOv xdauov Okov xepôran, rnv O> Yuyrv Enuw6. Cf. Le. xvr, 43 (Mr. vr, 24); Mr. xvr, 26 (Mc. vr, 36; Lc:1x, 25) 9/44:
N e , , AU yes . 5 = za ao Einey 0 xbp10s" adeAgOi Lou oÙzot stat oi en +0 Béknua roù rarpds pou. Cf. Lc. vx, 243 Mr. xx, 50 (Mc. ur, 35). 43, et 0 Oeds” où pis duiv, et àyaräte
e RE »
tods AYaTOVTas duts, aAÀX apte SE A4 AYATATE Tods €
Cf. Le. vi, 32, 35 (Mr. v, 44, 46).
2. II Clém. 12, 2. érepescrifele yèe aûtos 6 xôguos 0x0 Twos, rÔôtE Néer aürob n Bast-
Opoïs zat tobs poodvras dus.
Xela, einev' Otav Eotar ta Duo Év, al T0 Eu &s T0 Écw, xai T0 &poev uerà tie Onhelae, oÙte aogsv oÙte Oghu..….. 6. tabra duiy rorovrwv, onaiv, Éketoetar n Basrhsia toÙ rarode uov. Passage cité par Clément d'Alexandrie comme appartenant à l'Évangile des Égyptiens. HarnacKk, I, 615, reconstitue le contexte d'après divers passages de Clément : 75 Zakun ruvüavouévn (cf. Mr. xx, 20), uéyo: rôte favaros loydoet, Eire 0 20p105"
u av Ouetc ai yuvaixes tiatete. TA0OV Yap zarahDoar ra Épya rie OnAcias. nai n Eau
zaXGs oùv éroinox un Tex0Dou; 06 de xÿp10 nuetbaro dE rixpiav Eyousay un oxync. ruvÜavouesvns dE TH
$ un Egn avr” Âéywv" räcav qéye foravnv, Tnv La 12 € “ . ” LA ‘ - Zahkwuns, rote l'O Tà nepl Ov Host, Éon 0 x0pt0s" Otay oùv T0 tijs aloyUVns Évdvux rarhonte, xai Ütav yévnrar Ta duo Ëv, za TO aupev Meta This ÜnAcias, oÙte àpoev oùte nav.
SL re D, 2. Aéyer ya 6 xôpros” Eseole ds àovia èv méow Adzwv (ef. Le. x, 3; Mr. x . 3. anrorouieis dè 6 Ilércos aùro Àëyer” Eav oùv diacracdEuwaiv oi Àÿxor ta , F T Û 20 r »
&pVia ; A inev O0 ’Inooëe <@ Iérew- pà gofeiolwgav +à äpvia Tobs ÀAüxous LeTà 50 anobaveïy adtd” xai dueïs un popeiofe Tods aroxtévvovras bu&c ai undèv duty Üvvauevous noueiv, AM gofisiahe roy uetà to arolaveïiv Quas Éyovra ÉEousiav duyñs xai ouiwaros +0 Bañeïv is yéevvav rupde (cf. Mr. x, 28; Lc. xur, 4).
après cela ne peuvent plus rien faire; mais craignez celui qui, après votre mort, a pouvoir sur l'âme et sur le corps pour les jeter au feu de la géhenne. » De même ! : « Le Seigneur dit : Quand même vous seriez avec moi, réunis dans mon sein, si vous n’accomplissez pas mes préceptes, je vous rejetterai et je vous dirai : Éloignez-vous de moi, Je ne sais d'où vous êtes, artisans d’iniquité. » De même encore ? : « Le Seigneur dit dans l'Évangile : Si vous n'observez le petit, qui vous donnera le grand? Car je vous dis que celui (qui est) fidèle en très petit est fidèle aussi en beaucoup. » L'auteur de ces citations attribue à l'Évangile une autorité; mais il le prend partout où il le trouve, sans préférence pour tel ou tel écrit évangélique. On peut regretter que la provenance de cette homélie ne soit pas mieux connue. Les critiques se partagent entre Rome * et Corinthe * : pourquoi n'ont-ils pas songé plutôt à Alexandrie ?
L'apologiste Aristide Ÿ, résumant l'histoire du Christ, « Fils de Dieu descendu du ciel en esprit saint pour prendre chair dans une vierge juive » 7, renvoie son lecteur à l'Évangile qui se prêche depuis quelque temps, et l'invite à le lire “; il attribue aux Juifs la mort de Jésus, parle de la résurrection « après trois jours », et semble faire coïncider l’ascension avec la résurrection °; il renvoie l’empereur aux «livres » des chrétiens !?, mais on ne saurait dire de quels livres évangéliques lui-même
1. II Clém. 4, 5. cire 6 xôpuos" dàav nte uet” Eu00 ouvnyuévor y 5G x6A7w Lou zai otre tac évrohds Uou, àrofañc budc ai èp@ uiv’ bréyere àr” Euob, 004 oida iuäs, TOûey Éote, Épyérar avoutas (cf. Le. xur, 27 ; Mr. var, 23; xvur, 20).